Jules a impressionné ses adversaires à Donington dès le premier jour en réalisant le meilleur temps. Il était le seul pilote en 1’30, avec la meilleure vitesse de pointe. Il manquait la pole de peu le samedi et s’imposait magistralement le dimanche.

Jules, dès le vendredi, tout le monde a été impressionné par ta vitesse. Après cinq courses consécutives qui n’ont pas été faciles, on a eu soudain l’impression d’un retour au sommet. Tu as alors parlé d’un réglage de suspension arrière, mais était-ce la seule raison du ton meilleur temps du vendredi ?

« Principalement oui, mais c’est plein de petits détails. L’équipe avait des idées et ils ont réussi à tout mettre bout à bout avant Donington. Je ne peux pas parler de tout, mais ça n’a pas été que la suspension. Maintenant, la suspension a été principalement le gros changement qui m‘a donné une moto saine. J’ai pris du plaisir avec dès les premiers tours en fait ».

Dans son interview, Christophe Guyot parle également de l’électronique. Qu’est-ce que ça a amené comme progrès sur la moto ? Plutôt la traction, la facilité, l’usure du pneu ?

« Ça a donné une moto beaucoup mieux balancée, beaucoup plus stable entre l’avant et l’arrière. Et un peu plus de grip en général. Donc une moto plus saine, tout simplement, et plus facile. L’endurance du pneu et tout ça, c’est aidé automatiquement quand tu as une moto plus facile, surtout en fin de course, mais ce n’est pas mon problème en général ».

« Krummenacher et Caricasulo attaquaient à chaque fois en fin de course, à un moment où nous on semblait avoir des difficultés. Mais c’est juste que eux avaient de la retenue, de la marge ».

Samedi, lors de la Superpole, la pluie est venue perturber ta tentative. Tu réalisais le 4e temps, mais espérais mieux. Que s’est-il passé avec cette météo très britannique ?

« Ce qui s’est passé c’est que ça nous a donné une journée très frustrante, surtout au moment de la Superpole. On a fait quelques tours sur une piste séchante le matin. Ensuite on a testé certaines choses parce qu’on voulait encore améliorer la moto ».

« Lors de la Superpole, j’ai voulu partir comme d’habitude derrière tout le monde, mais je me suis fait piéger car je n’ai pu faire que deux tours au lieu de trois en raison du temps qui restait avant le drapeau à damier ».

« Et je me suis retrouvé quatrième parce que je n’ai pas pu faire un tour en plus. Donc ça a été dommage parce que deux tours sur le sec sur l’ensemble d’une journée, c’est très frustrant ».

En course, lors de ta lutte contre Lucas Mahias et Federico Caricasulo, on avait l’impression que tu les contrôlais, sans mener. Tu as pris la tête au 13e tour (sur 20) et au 15e tu avais déjà 0.7 d’avance sur Mahias. Tu avais bien calculé ta stratégie ?

« Dans ma tête, j’étais comme toujours très concentré. J’ai voulu prendre le meilleur départ possible et bien me placer. J’aime bien être deuxième parce que ça me permet d’analyser et de bien organiser ma course ».

« Sur la fin de course j’ai dû faire très attention car j’ai compris que Krummenacher remontait. Je savais les chronos qu’il pouvait faire et je m’en méfiais ».

« Donc quand j’en ai eu l’occasion je me suis rapproché de Lucas et je l’ai doublé. Ma stratégie a été d’adopter alors un rythme supérieur en raison de l’écart qui se réduisait avec Krummenacher, parce que je savais que tôt ou tard il allait rentrer. Mais je savais aussi qu’il avait Caricasulo et Mahias à doubler, et que ça ne serait pas facile pour lui. C’est ce qui m’a permis de finir en tête ».

Tu as été particulièrement satisfait de remporter une victoire à Donington pour la première fois. Pourquoi sur ce circuit en particulier ?

« Parce que ça faisait plusieurs courses qu’on avait des difficultés, tout simplement. Je n’étais pas loin à chaque fois, j’ai fait de belles courses, mais il y avait fréquemment un petit manque de performance. On n’était pas prêt à gagner la course, il nous manquait des choses techniques pour espérer nous battre, face aux motos de Krummenacher et Caricasulo en particulier ».

« Je suis super satisfait et je tiens à remercier une nouvelle fois le GMT94 et Yamaha parce qu’ils ont très bien travaillé avant qu’on arrive à Donington.  J’avais pour cette course une moto pour pouvoir gagner et je ne voulais pas regretter. Je veux les remercier pour ça ».

« Cette fois-ci, gagner à Donington m’a fait très plaisir car je n’y avais jamais gagné. C’est de bon augure pour la fin du Championnat ».

Il reste 4 courses au Championnat et tu es à 41 points du leader Krummenacher. Comment vois-tu la fin de la saison ?

« J’espère prendre du plaisir comme j’en ai pris ce week-end, dès le vendredi matin, ce qui veut dire qu’on a une bonne moto. La base est saine et j’en suis super satisfait ».

« Après Portimao, qui n’est pas très rapide, on va arriver sur des circuits comme Magny-Cours, Argentine et Qatar qui sont des circuits très rapides. Donc il nous faudra un peu de chevaux et le team a deux mois pour travailler. Je leur fais confiance car on est tous hyper motivés ».

« J’espère gagner des courses. Maintenant, le Championnat, je n’y pense même pas une seconde. L’objectif, c’est de gagner des courses, et on verra alors ce qui se passe ».

 

© Photos Mateusz Jagielski, Yamaha Racing, worldsbk.com, GMT94 Yamaha

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