Une semaine avant le MotoGP, le WSBK va reprendre ses hostilités dans une saison qui s’annonce tout aussi intéressante qu’en Grand Prix. On rappellera en effet que le championnat de la classe majeure n’est pas pour une fois mené par un Jonathan Rea que l’on a vu plier à Donington sous la pression de son challenger Toprak Razgatlioglu. Ce dernier est donc aux commandes pendant qu’en WSS nous avons toujours un Français du nom de Jules Cluzel qui participe à l‘embellie tricolore marquée par Quartararo et Zarco en MotoGP. Après avoir rechargé ses batteries, son patron Christophe Guyot nous donne ses derniers sentiments avant de se lancer à nouveau dans la mêlée…

  • Christophe, comment se sont passées ces vacances ?

De mon côté, il n’y a pas de vacances. Nous sommes en pleine saison. Je dois également préparer la prochaine J. En revanche, chaque mécanicien a pu bénéficier d’une semaine de repos. Et tous ont apprécié !

  • La dernière partie du championnat va être lancée. As-tu changé quelque chose dans ton approche, ta stratégie, à l’expérience de ton début de saison ?

Il n’y a eu que 6 courses pour le moment. Il en reste 18. Nous n’avons pas d’autre stratégie que de tout tenter pour être sur le podium. Jules y est allé à trois reprises malgré deux scénarios défavorables à Aragon qui lui font perdre 2 victoires promises. Nos Yamaha R6 sont compétitives et nous pouvons jouer devant.

  • La Yamaha R6 aux couleurs de Bardahl semble toujours aussi insaisissable en ligne droite. Une idée sur son secret ?

Il nous arrive fréquemment de détenir les meilleures vitesses de pointe. Elles sont inscrites sur les feuilles officielles qui restent accessibles à tous. Ce n’est pas en ligne droite que la Bardahl a peut-être un avantage. Il est en effet surprenant de constater que des pilotes qui n’étaient pas sur le devant de la scène, gagnent avec leur moto. Ou encore que les pilotes qui ont gagné chez Bardahl sont moins performants ailleurs. Mais je ne pense pas que ce soit à moi qu’il faille poser la question. Je respecte le team Bardahl et n’ai aucunement l’intention d’instaurer des relations compliquées alors que je n’ai aucun élément pour juger. Ils sont peut-être meilleurs que tout le monde. A nous de travailler pour l’être. Il existe des instances sportives qui auront la réponse bien mieux que moi. Cela dit, nous avons conscience avec Jules, que notre plus redoutable concurrent n’est pas sur une Bardahl. Que la machine de Ten Kate pilotée par Domique Aegarter n’a aucun avantage par rapport à notre moto. Ils sont en tête du championnat avec une moto qui rendait la dernière vitesse de pointe à Misano.

Guyot Cluzel

Christophe Guyot : “Toprak a préféré rester en WSBK pour jouer le titre plutôt que d’aller en MotoGP sans aucune certitude d’en être capable”

  • Une nouvelle étape à Most est inscrite au calendrier. Qu’en penses-tu ? Certains ont mis le doigt sur des secteurs délicats en termes de sécurité.  

Je n’ai pas à commenter ce qui concerne la commission de sécurité FIM. Mais je peux vous assurer qu’elle est compétente et responsable.

Je préfère féliciter le promoteur DORNA et la FIM pour l’énergie qu’ils mettent à faire exister le championnat dans les conditions que nous vivons depuis plus d’un an. Nous devons réaliser la chance que nous avons de courir quand le sport, les spectacles, la musique, sont arrêtés.

  • Les circonstances ont poussé le MotoGP par le biais de Yamaha à reconsidérer le WSBK comme un possible vivier avec Razgatlioglu et Gerloff. Que penses-tu de ce regain d’intérêt ?

Le WSBK a toujours été un vivier pour le MotoGP. L’inverse est également vrai. Nous retrouvons parfois des top pilotes WSBK en MOTOGP ( Colin Edwards / Troy Bayliss / Cal Crutchlow / Danilo Petrucci / etc..) . De même, des pilotes MotoGP se sont retrouvés champions du monde SBK ( Raymond Roche / John Kocinski / Max Biaggi / Carlos Checa / Sylvain Guintoli ).

Selon les années, les pilotes changent et la tendance est plus dans une direction que dans une autre. Un pilote comme Toprak a préféré rester en WSBK pour jouer le titre plutôt que d’aller en MotoGP sans aucune certitude d’en être capable.

C’est un choix qui démontre que le WSBK représente un challenge de valeur aux yeux des pilotes qui prennent beaucoup de plaisir dans une discipline accessible, accueillante pour le public, et conviviale.

Guyot Cluzel



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