Jusque-là, rares étaient les critiques qui s’abattaient sur le casque de Maverick Viñales. Espoir du MotoGP à 21 ans, il était surtout un pilote Suzuki, soit un outsider. Mais depuis qu’il a signé pour les deux prochaines années chez Yamaha, ses faits et gestes font l’objet d’une attention particulière. Comme si les traditionnels favoris alignaient leur mire sur celui qui sera immanquablement un adversaire direct.

Le signal avait été donné au Mugello par un Jorge Lorenzo qui révélait sa certitude qu’il travaillait de concert avec son équipier et rival Valentino Rossi pour les qualifications. A Barcelone, deux semaines après, il n’a pas eu de répits. Il faut dire que son meilleur temps signé le vendredi, avant le changement de la configuration de la piste pour les dramatiques raisons que l’on sait, l’avait maintenu sous les projecteurs. Puis il y a eu la course.

Une épreuve dont l’entame a été marquée par des assauts incessants sur Dani Pedrosa, dernier verrou avant de rejoindre le trio de tête. Une détermination qui n’a pas plu à tout le monde. Notamment dans le camp Honda : « j’avais choisi l’option d’un pneu tendre arrière et je devais donc le ménager au départ pour le reste du Grand Prix. Cela n’a pas été facile parce que Maverick n’a pas cessé de m’attaquer. Mais il a essayé de me dépasser à des endroits impossibles et nous avons perdu du temps. Nous avons aussi perdu le contact avec les leaders ».

Un regret partagé par Livio Suppo, l’homme du bord de piste du HRC : « Dani a été mis en difficulté en début de course par Maverick. Certaines attaques de celui-ci étaient un peu trop agressives. Ce qui n’a pas permis de garder le rythme et de rester au contact du groupe de tête ».

Pour sa défense, l’officiel Suzuki évoque sa propre stratégie : « j’ai essayé de dépasser Dani plus lent pour rejoindre au plus vite le sillage de Rossi et de Marc Márquez, mais malheureusement, mes pneus ne me donnaient pas assez de grip alors que la vitesse de pointe de la Honda était supérieure ». On notera aussi que Viñales est l’ombre de Pedrosa au classement général, les deux hommes n’étant séparés de dix points pour le gain de la quatrième place.

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