Loris Reggiani est né à Forli, comme Andrea Dovizioso. Il a disputé son premier Grand Prix en 125 cm3 en 1980 et le dernier en 500 en 1995. En 158 Grands Prix, il a remporté huit victoires et est monté sur 41 podiums. Il resta célèbre pour avoir couru en 500 sur l’Aprilia bicylindre, machine agile et légère, mais moins puissante que la concurrence.

Loris a toujours été un garçon discret, peu exubérant même s’il fut en Italie un commentateur très apprécié. Il a donné son point de vue à Serena Zunino pour Insella.it, dans une longue interview dont voici quelques extraits.

Comment Marquez d’après vous a-t-il dépassé Rossi ?

« Il n’y a pas de malice dans la manœuvre de Marquez, il ne voulait pas jeter Rossi à terre. Ce qui est certain, c’est que toute la course de Marquez en Argentine a été exagérée. Marquez le fait souvent. En Argentine, malheureusement pour lui, il y avait aussi des problèmes liés au circuit, c’est-à-dire que si vous poussiez un pilote hors de la trajectoire et qu’il se retrouvait sur le mouillé, il perdait trop de temps. Je pense cependant que Marquez dimanche était complètement hors de contrôle. Je ne pense pas que tout ait été calculé. »

D’autre part, « Je donnerais une grosse pénalité à la Direction de Course, pour avoir laissé partir un pilote qui ne se soucie pas de la réglementation et un commissaire essayant de le sortir de la grille. Marquez s’est aligné et la course a commencé, puis ils ont attendu 3 tours avant de lui donner un ride through… Une attitude qui l’a rendu encore plus nerveux.”

« De mon point de vue, Marquez se permet continuellement de faire certains types de dépassements simplement parce qu’ils l’ont toujours laissé faire. Non seulement maintenant, mais aussi dans le passé, comme en 2015 quand – selon moi – il a délibérément fait perdre le mondial à Rossi et que personne n’a jamais rien dit. De plus, il a la chance qu’à chaque fois qu’il tombe, il ne se fait rien, et cela s’ajoute à tout le reste. »

Quelle devrait être la conduite de la Direction de Course dans ce cas d’après vous ?

« Après un tel comportement, vous devriez lui donner une pénalité exemplaire, comme ne pas lui faire courir la prochaine course ou les deux prochaines, comme c’est le cas en Formule 1 et au football. Une belle et lourde disqualification qui le fait revenir un peu dans les rangs. »

Marquez a dit qu’il avait perdu l’avant sur un endroit mouillé.

« C’est ce qu’il a dit, mais il allait à un rythme très rapide… Il l’a probablement perdu dans presque toutes les courbes avec ce rythme. Ce sont des contacts de course qui peuvent se produire, mais un dans une course, pas quatre, cinq ou six, sinon cela signifie que vous êtes hors limite, que vous ne vous contrôlez pas. »

Alors, en guise de conclusion, en un mot, la course d’Argentine ?

« Ça a été une course ridicule. On aurait dit un film de John Landis. D’un certain point de vue, c’était drôle, à commencer par l’incapacité de la Direction de Course à prendre une décision ferme quand il le fallait, jusqu’à voir Uccio renvoyer Marquez. »

Pourquoi y a-t-il tant d’agressivité dans le monde du MotoGP actuel ?

« Le niveau d’agressivité s’est un peu élevé depuis que les pilotes qui participent au Championnat du Monde viennent de la Minimoto. Si vous allez voir ces courses, les enfants donnent continuellement des coups, ils doublent toujours de cette façon, alors ils apprennent à courir ainsi.

« Puis, avec l’augmentation des cylindrées et des poids, les choses deviennent plus dangereuses, ce n’est plus la même chose de tomber ou d’avoir un contact. Mais maintenant le pilote a appris à courir d’une certaine manière et a moins peur du contact, évidemment comparé à un pilote de ma génération. »

Photos © Joitv et Aprilia

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