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A l’issue de la deuxième journée du Grand Prix d’Espagne MotoGP à Jerez, Johann Zarco a effectué son débriefing devant quelques journalistes en français.

Auteur d’une superbe Q1 lui permettant de passer et briller en Q2, le pilote LCR s’est élancé dans le Sprint depuis la 2e place sur la grille.

Comme à notre habitude, nous reportons ses propos sans aucune mise en forme.


Johann Zarco : « La pole, ça aurait été beau, et franchement elle était là la pole, sans cette glissade dans le dernier virage. Qui ne tente rien n’a rien !
Et sur la course, bon départ, mais sur le sec je ne peux pas avoir le rythme de Marc, d’Alex, même Diggia, j’ai voulu le redoubler pour peut-être casser un peu son rythme et voir si je pouvais rester avec lui. Pas moyen. Et peut-être avec Acosta il y avait moyen d’y rester, parce que lui ne m’a pas réattaqué.
Sur le sec, les conditions, ce qu’on avait un peu vu vendredi, la cinquième place peut être jouable, et là ça pouvait être à peu près cette situation. Et ensuite ces gouttes de pluie, drapeau blanc : on sait qu’on peut rentrer mais il n’y a que le virage 6 où ça commence à être mouillé, le reste semble aller. Du coup, j’ai hésité à rentrer le tour où il aurait fallu rentrer. Et comme je vois encore là, il y a à peu près 6 ou 7 pilotes devant moi et que je ne les vois pas rentrer, j’ai eu cette hésitation et j’ai dit « Non, je reste ».
C’est le Tour où Marc tombe. Si j’avais su, j’aurais coupé la piste et je serais revenu dans les stands (rire). En fait, au moment où je rentre dans ce dernier virage, il fallait rentrer : je vois Blinder, et je me dis « il va gagner la course ».
Ils m’ont dit qu’il était en tête et qu’il a chuté. Ramener la moto, ça n’a pas été facile sur le tour d’après parce qu’il y avait beaucoup d’eau, et d’ailleurs quand Alex Marquez tombe, je sors aussi de la piste, et le temps de revenir, c’est ça qui m’a fait perdre beaucoup de positions.
Passage aux stands, reparti, et là les pneus ils ne sont pas accrochés tout de suite : ça glissait beaucoup et il y avait aussi beaucoup plus d’eau que pendant la qualif.
Content quand même de m’être battu, d’avoir gagné des places, fait des beaux dépassements.
Et voilà, cette hésitation de « je rentre au stand ou pas », elle coûte un podium, elle coûte sûr un podium, peut-être même la victoire. Donc sur le coup ça met les boules mais il faut vraiment que je me dise (inaudible). »

🎤 Tu avais quel pneu ?
« Medium arrière. »

🎤 Tu penses que le soft ça aurait été mieux ?
« Le soft arrière aurait été un peu plus safe. Après il n’aurait pas pu gagner beaucoup plus de places, parce que quand il te reste deux tours, tu peux pas non plus espérer une grande remontée, et tu te retrouves pour passer trois pilotes, ça a déjà été pas mal.
Mais voilà, pour demain, conditions sèches, medium arrière. »

🎤 C’est mieux ?
« Je pense que je n’aurais pas le rythme de Marc ou d’Alex. J’aimerais bien rester avec eux. J’étais bien derrière Marc sur le premier tour, mais le deuxième tour il a augmenté le rythme et je vois que ce que je peux perdre dans les virages rapides, je ne peux pas le rattraper dans un petit virage : ça peut être le risque, tu gagnes du temps au frein mais tu rates le virage, et là tu perds encore plus de temps. Mais c’est agréable de partir devant quand même. »
 

🎤 Tu penses que sur le double de la distance tu peux être dans le rythme des KTM ?
« Je crois, oui. Je crois. Et du coup, à voir, pareil, il y a souvent un changement de rythme sur le début de course quand on a le double d’essence, ça peut jouer. Moi, ma mise en rythme est souvent bonne. Partir devant, franchement, rien que sur les trois premiers tours, je crois que je dois gagner au moins trois, quatre, cinq secondes par rapport au groupe dans lequel je me situe habituellement. C’est pour ça que ça reste toujours un avantage. Et demain, moyen de faire encore de bonnes choses. » 

🎤 Tu l’as vécu comment toi, cette bagarre avec les trois KTM ? Acosta disait que c’était un peu à la limite par moments. Tu l’as vécu comment, devant ?
« C’est vrai qu’on me passait, je tentais de repasser parce que je sens qu’il y a un rythme à prendre, qui n’est pas facile à avoir, et je ne veux pas non plus perdre trop de temps. Et là, par exemple derrière Alex Marquez, il n’y avait pas moyen de le rattaquer, mais je me dis avec Diggia, si j’essaie juste de me caler derrière et de rester avec lui, il va partir. Donc je joue ma place. Et avec les KTM, il y avait aussi Bastianini, et Bastianini ce n’est pas un tendre, il est souvent aussi dans des embrouilles. Donc moi, j’ai tenté de jouer ma place. C’était le coup. Ils m’ont doublé tous les deux sur le tour où on aurait dû rentrer, dans le 6 là. Et c’est vrai qu’après, c’était un peu délicat. » 

🎤 Tu estimais, sauf erreur, que Marquez aurait dû être pénalisé ? Qu’est-ce qui t’est arrivé toi au Japon en 2023 ? Parce que c’est des circonstances un peu similaires en 2023. 
« C’est là où je trouve que ce n’est vraiment pas juste ! Les explications sont… Il peut y avoir une logique dans les explications. Mais oui, pour moi, le fait déjà que quand tu passes les stands, il chute dans le dernier virage donc il n’a pas encore terminé son tour, mais il avait pris la décision de ne pas rentrer. Et du coup, tu prends la décision de ne pas rentrer, tu ne peux pas revenir en arrière. En pratique, il n’est pas vraiment revenu en arrière. En fait, je pense qu’il a vraiment la chance du champion.
Moi, ce qui m’est arrivé au Japon, je chute devant les stands, dans le virage de cette cassure là, je relève la moto, je la pousse pour rentrer par les stands, pour dire que finalement je rentre au stand par la voie normale. Mais parce que je ne suis pas passé dans le portillon du 60 km/h, ils m’ont dit que ce n’était pas valide. J’étais passé juste à l’extérieur de ça. Et ça, ça te met les boules, parce qu’en termes de distance, tout ça…
J’avais pensé à tout ça au moment où je roulais. Ce n’est pas comme si je coupais le paddock et je rentrais directement. J’ai fait tout le tour ! Je termine à pied en poussant la moto, et qu’on me dise « non mais toi tu n’es pas passé dans le portillon », ça ce n’est pas juste. Lui en tout cas il est passé dans le portillon. »
 

🎤 En coupant dans l’herbe…
« Oui. Après la chute, tu peux y penser, mais moi en fait quand je n’ai pas pris la sortie des stands et que je rentre dans le dernier virage, et que là il commence à y avoir beaucoup de pluie, là je me dis « merde, erreur ! »
En fait, presque il faudrait là déjà tout de suite repensé à dire « attends, je coupe ? »
Non, ce n’est même pas concevable. Après la chute, ça s’entend, mais c’est pas juste sa décision. Il aurait été dans la même difficulté que son frère. Son frère n’est pas rentré parce qu’ils se suivent tous les deux et son frère tombe vite. Il y en a un autre qui tombe au 5, je ne sais pas qui c’est. Non, la chance du champion, c’est beaucoup de chance. Ce n’est pas une connaissance de règlement, c’est juste beaucoup de chance. Parce que moi qui cherchais à suivre le règlement en disant je fais le même nombre de kilomètres, je pousse la moto, il y a le drapeau rouge, mais je peux ramener la moto. Enfin, j’étais tout dans les règles et on me dit « non, mais t’es pas passé au-dessus de la ligne », alors que je suis passé à côté. C’est normal, ils vont pas mettre le transpondeur dans les graviers, en fait. »
 

🎤 Ce matin, avec Marquez, tu es le seul dans ces cas-là à être à ce niveau-là…
 » Oui, mais déjà c’est l’an dernier que j’ai eu ce petit moment de fierté en Allemagne, parce que c’est lui qui est venu me voir et me dire après un warm up. Il m’avait dit « Mais tu étais où ? », parce que j’ai fait le tour mais j’ai glissé, et c’est pour ça que je n’avais pas de chrono. Parce qu’il me dit « Je sais que tu es le seul à jouer avec moi dans ces conditions, du coup je t’attendais. »
Et là c’était pareil. Il a amélioré, moi j’ai ralenti, j’améliore aussi et la glisse du dernier virage fait que ça rate. Mais ça c’est sympa, et lui il est fort dans toutes les conditions. C’est là où c’est cette différence du très très  fort. On va dire que je suis fort, lui il est très très fort. Mais en même temps, il y a la chance qui va avec à certains moments, ou plus souvent que d’autres, on va dire. »

Résultats du Sprint du Grand Prix d’Espagne 2026 :

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