Tracé permanent au cœur du légendaire circuit des 24 Heures du Mans, le Circuit Bugatti est devenu la maison du MotoGP en France, pour le Grand Prix qui enregistre année après année la plus forte affluence de public.
Mais pour savoir pourquoi son nom rend hommage à Ettore Bugatti, mythique personnage de l’histoire de l’automobile, il faut remonter un peu dans le passé…
Les 24 Heures du Mans sont nées en 1923, en utilisant un tracé comprenant la ligne droite des Hunaudières, au sud de la ville, déjà utilisée pour des compétitions depuis 1884.
L’épreuve connaît un succès retentissant et se développe intentionnellement jusqu’au 11 juin 1955, jour du drame où la Mercedes-Benz 300 SLR de Pierre Levegh quitte le sol en percutant l’arrière de l’Austin-Healey de Lance Macklin, passe au-dessus du talus de protection, explose en retombant sur un muret de protection, alors que des éléments lourds du véhicule disloqué sont projetés dans la foule dense qui se presse de l’autre côté, provoquant 79 morts et des centaines de blessés.

Cet accident aura de très lourdes
conséquences, d’annulations d’épreuves à l’interdiction de la
compétition automobile en Suisse, en passant par le retrait de
Mercedes-Benz des courses pour les décennies suivantes.
Et bien sûr par de nombreuses mesures sécuritaires au Mans, comme
la refonte des stands (bien qu’il ait fallu attendre 1971 pour
qu’une rangée de deux rails sépare la piste de la voie des box) et
l’éloignement des tribunes.
Car face à l’opprobre
internationale (La course n’est pas arrêtée pour éviter un
mouvement de foule massif et potentiellement encore plus dangereux,
une décision fortement controversée), Le Mans plie mais ne
rompt pas, l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) étant alors présidée
par Jean-Marie Lelièvre depuis 1951.
L’homme n’était pas un communicant spectaculaire, mais plutôt un
gestionnaire pragmatique, orienté vers des solutions concrètes,
convaincu que Le Mans devait évoluer pour survivre.
Pour cela, au fil des années, parallèlement à l’aménagement du tracé de 13 kilomètres déjà existant, se développe l’idée d’un circuit permanent, seule solution offrant le maximum de sécurité possible.
L’étude du tracé est alors confiée à Charles Deutsch, créateur avec René Bonnet de la marque DB, qui s’inspire simplement de sa main gauche, vue de profil, le pouce en bas !

Le circuit voit le jour en 1966, et pour Jean-Marie Lelièvre, ancien directeur de la Mutuelle Générale Française qui assurait bon nombre de Bugatti, ce qui lui valut d’entretenir des relations amicales avec Jean Bugatti, et lui-même possesseur d’une Type 13 Sport puis d’une Type 57, le choix du nom était évident : il proposa au comité directeur de l’ACO de l’appeler « Circuit Bugatti », une demande accueillie favorablement par Jacques Finance, alors président de la Commission sportive de l’ACO, ancien pilote ayant couru justement au volant de plusieurs Bugatti.
L’inauguration eut lieu les 17 et 18 septembre 1966, en présence de deux invités d’exception, Pierre Veyron, vainqueur en tant que pilote avec une Bugatti des 24 Heures du Mans en 1939, et L’ébé, fille d’Ettore Bugatti.
Paradoxalement, à notre connaissance aucune Bugatti n’a jamais réellement couru sur le circuit Bugatti…

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