Moto GP
Publié le 6 août 2026 • 15:00 par Marc Seriau

MotoGP Silverstone J0, débriefing Cal Crutchlow : « Je connais très, très bien le centre médical, c’est certain », etc. (Intégralité)

Cal Crutchlow a bien tenu son rôle lors de la conférence tenue à Londres en prélude au Grand Prix MotoGP de Grande-Bretagne à Silverstone...

La conférence de presse en prélude au Grand prix MotoGP de Grande-Bretagne a exceptionnellement accueilli à Londres Ai Ogura (SuperFile Trackhouse MotoGP Team), Marco Bezzecchi (Aprilia Racing), Pedro Acosta (Red Bull KTM Factory Racing), Diogo Moreira (Pro Honda LCR) et Cal Crutchlow (Castrol Honda LCR), avant que ceux-ci ne rejoignent le circuit de Silverstone.

Pas supplémentaire dans la marche vers le show, le public était pour la première fois présent aux côtés des habituels journalistes pour poser des questions.

Le local Cal Crutchlow et son humour étaient naturellement très attendus… MotoGP Silverstone Crutchlow

Comme à notre habitude, nous reportons ici en intégralité ses paroles sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’anglais.

MotoGP Silverstone Crutchlow MotoGP Silverstone Crutchlow MotoGP Silverstone Crutchlow


🎤 Voici nos pilotes. Tout d’abord, l’une des plus grandes stars de la nouvelle génération, déjà champion du monde Moto3 et Moto2, désormais solidement installé comme l’un des talents les plus passionnants du MotoGP. Veuillez accueillir le pilote du Red Bull KTM Factory Racing, Pedro Acosta.

Ensuite, un favori du public britannique qui, il y a trois mois, n’aurait même pas imaginé être de retour ici devant son public. Il avait mis un terme à sa carrière de pilote à plein temps en 2020. Il a effectué quelques remplacements depuis, mais il a été rappelé à la compétition après la blessure subie par Johann Zarco à Barcelone. Il roule pour la même équipe, Castrol LCR Honda. Il compte trois victoires en MotoGP. Veuillez accueillir le Britannique Cal Crutchlow.

Notre invité suivant est l’un des jeunes talents les plus prometteurs de notre sport. Il a remporté le championnat du monde Moto2 l’an dernier et il a déjà montré cette saison qu’il possède tout ce qu’il faut pour se battre aux avant-postes. Il a été le porte-drapeau du retour du MotoGP au Brésil plus tôt cette année. Actuellement quinzième du championnat et meilleur rookie, veuillez accueillir le pilote du Pro Honda LCR, Diogo Moreira.

Notre invité suivant est le pilote qui a remporté le plus de Grands Prix cette saison. Il en compte quatre à son actif. Il a donné le ton en remportant les trois premières manches de la saison, avant de signer cette incroyable victoire à domicile en Italie. Cependant, il a été contraint de déclarer forfait après s’être fracturé la clavicule lors de la dernière manche en Allemagne. Il fait son retour à la compétition ici, au Grand Prix de Grande-Bretagne, moins de quatre semaines après son opération. Un circuit où il s’était imposé l’an dernier, ne l’oublions pas. Veuillez accueillir le pilote d’Aprilia Racing, Marco Bezzecchi.

Et enfin, l’homme le plus en forme du MotoGP. Plus tôt cette saison, il a offert au Japon sa première victoire en MotoGP depuis 22 ans lors du TT des Pays-Bas à Assen. Il occupe désormais la deuxième place du championnat du monde.
Veuillez accueillir sur cette scène, ici à Londres, le pilote du SuperFile Trackhouse Racing, Ai Ogura.

🎤 Le coéquipier de Diogo ce week-end est bien sûr Cal Crutchlow. Alors, que se passe-t-il ? Quel effet cela vous fait-il d’être de nouveau assis ici, dans une conférence de presse à Londres, pour promouvoir le Grand Prix de Grande-Bretagne et répondre à nos questions ? Vous ne vous attendiez certainement pas à cela il y a encore trois mois, n’est-ce pas ?
Cal Crutchlow : « Eh bien non… vous non plus, Gav. Non, c’est un privilège. C’est un privilège que LCR et Honda m’aient demandé de revenir pour ces courses pendant que Johann se remet malheureusement de sa blessure.
Mais oui, comme je l’ai dit, c’est un immense privilège d’être ici, de revenir également à Silverstone, un circuit formidable, un circuit emblématique, un endroit où j’ai obtenu d’excellents résultats au cours de ma carrière et où j’ai toujours bénéficié d’un formidable soutien. Alors oui, me retrouver à nouveau dans une conférence de presse, devoir vous parler à nouveau toutes les semaines, Gav, c’est un peu étrange. Mais c’est toujours amusant, cela l’a été jusqu’à présent, et il n’y a aucune raison que cela ne continue pas ce week-end à Silverstone : prendre du plaisir, profiter de la moto et, comme je l’ai dit, simplement apprécier. »

🎤 Silverstone représente évidemment toujours quelque chose de particulier pour les pilotes britanniques. Nous avons vu l’hommage rendu à Barry Sheene, nous savons qu’il y a vécu des moments historiques au fil des années, et nous avons appris ce matin que le contrat du circuit avait été prolongé de deux années supplémentaires.
Quels souvenirs gardez-vous du Grand Prix de Grande-Bretagne et de vos courses là-bas ? Votre histoire avec Silverstone a été assez contrastée au fil des ans, n’est-ce pas ?
« Oui, cela a été contrasté. Je connais très, très bien le centre médical (Rires), c’est certain.
Mais oui, cela fait maintenant dix ans que je suis monté sur le podium de mon Grand Prix national, et cela reste un moment vraiment très spécial.
J’y ai aussi disputé de très belles courses, des courses dont je garde un excellent souvenir. Comme je l’ai dit, j’y ai toujours bénéficié d’un soutien formidable au fil des années.
Et, comme je l’ai déjà dit, c’est un circuit emblématique. Il possède absolument tout ce que nous recherchons en tant que pilotes de moto : des virages lents, de longues lignes droites, des virages rapides… tout ce que vous pouvez souhaiter.
Et puis, il y a toujours la météo qui vient s’en mêler durant le week-end. Comme il s’agit d’un ancien aérodrome, le vent y souffle très fort.
Je pense donc que l’on peut s’attendre à un très beau Grand Prix. Les pilotes qui se battent aux avant-postes du MotoGP cette année repoussent vraiment les limites. Ils roulent à une vitesse incroyable et, quand on regarde le championnat, on voit à quel point il est serré. Nous avons donc hâte de retrouver tout le monde ce week-end et d’offrir un beau spectacle. »

🎤 Cal, je me demandais… Je me souviens de notre conversation lorsque vous avez effectué votre retour. Avez-vous pu profiter de la pause estivale pour vous préparer ?
Nous savons que les exigences physiques du pilotage d’une MotoGP ont encore augmenté. Avez-vous pu faire quelque chose durant ces trois semaines d’interruption en sachant que vous alliez revenir ici ? Johann est annoncé de retour en septembre, mais avez-vous pu vous préparer d’une manière ou d’une autre ?
« Pas vraiment. »

🎤 Je vous ai vu faire du bateau… un peu de yachting…
« Oui, vous aimez mon yacht. J’ai acheté un nouveau yacht (Rires).
Non, non… c’est très, très difficile, Gav. Évidemment, aujourd’hui,  à mon âge je cours contre des gamins. Mais ce n’est pas forcément la dimension physique qui pose problème.
Je pense que c’est surtout le temps passé loin de la compétition. C’est difficile.
J’ai essayé d’expliquer cela à certaines personnes en prenant l’exemple d’un footballeur. Vous savez, il range ses chaussures pendant deux ans, puis il revient directement jouer en Premier League. Cela ne fonctionne pas comme ça. Ce n’est pas aussi simple.
Au fil des courses, je pense que nous avons beaucoup progressé et retrouvé du rythme, ce qui était la chose la plus importante. Je me sens plus à l’aise sur la moto.
J’espère donc que ce week-end constituera une nouvelle étape dans cette progression. »

🎤 C’est un plaisir de vous avoir parmi nous. Les supporters seront ravis de pouvoir encourager un pilote britannique ce week-end. Mesdames et Messieurs, Cal Crutchlow. J’aimerais poser une question à tous les pilotes au sujet de Silverstone, puisque le contrat du circuit vient d’être prolongé de deux années supplémentaires. Cal, encore deux années de contrat pour Silverstone… Vous serez toujours là en 2028 ? Toujours partant ?
« Eh bien, s’il n’y a toujours pas de pilote britannique en MotoGP, il faudra bien que je revienne disputer un autre Grand Prix de Grande-Bretagne. Peut-être… dans une catégorie de soutien… une des petites catégories des jeunes (Rires).
Mais non, comme nous l’avons dit, c’est un superbe circuit. Il me rappelle énormément de souvenirs. Et s’il y a une section que j’adore, c’est celle de Maggotts-Becketts.
C’est très physique en MotoGP, mais lorsque vous réussissez parfaitement cette séquence, c’est vraiment l’une des plus belles portions de circuit au monde. »

🎤 Et avec toute cette aérodynamique, qu’est-ce que cela va donner ?
« Je vous le dirai demain après-midi, Gav. Ou dimanche après-midi, après les vingt tours du Grand Prix. »

🎤 Cal, puisque vous êtes le plus ancien ici, je pense qu’il est normal de vous poser cette question. Quand vous regardez le MotoGP aujourd’hui, avec les cinq premiers séparés par seulement 24 points, même Pedro, septième du championnat, n’étant qu’à 60 points du leader alors qu’il reste encore 11 Grands Prix, il y a énormément de choses qui peuvent encore se passer. Maintenant que vous êtes revenu courir cette année, qu’est-ce qui vous frappe le plus par rapport aux années précédentes ? Qu’est-ce qui a changé selon vous ?
« Honnêtement, les motos ne sont pas tellement différentes de celles que j’essayais il y a quelques années.
Ne vous méprenez pas : elles ont évolué. Mais pas au point que tout le monde l’imagine.
Je pense surtout que ce sont les pilotes qui repoussent davantage les limites. Ils sont prêts à prendre plus de risques pour gagner des courses et remporter le championnat.
Et puis, la densité du plateau est énorme. Le pilote qui se trouve au fond de la grille peut très bien gagner une course au cours de la saison.
C’est comme ça. On ne sait jamais ce qui va se passer au Grand Prix suivant. Un constructeur peut être très fort sur un circuit, puis un autre pilote être le plus fort sur le suivant.
Au final, tout est extrêmement équilibré. Je pense que le MotoGP a accompli un travail remarquable au cours des douze dernières années pour arriver à cette situation.
Parce qu’à une époque, nous avions les CRT, puis nous sommes passés à l’électronique unique, où tout le monde utilisait la même électronique. Et c’est ce qui a permis d’arriver au MotoGP d’aujourd’hui, avec une telle densité de niveau et des écarts aussi faibles.
Alors oui, il n’est pas facile d’y faire son arrivée. Et il n’est pas non plus facile d’y être pilote titulaire, parce que vous ne savez jamais si, une semaine, vous allez gagner et si, la semaine suivante, vous allez terminer douzième.
Mais c’est formidable pour le spectacle, pour les personnes qui regardent les courses à la télévision et pour les supporters présents sur les circuits.
Alors bravo au MotoGP d’avoir réussi à offrir cela chaque week-end. »

🎤 Pourriez-vous expliquer aux supporters quelle est la clé à Silverstone pour être le plus rapide en course ? Avez-vous le secret de Silverstone ?
« Certainement pas. Je pense que suivre Marco serait le meilleur secret pour tout le monde, surtout maintenant qu’il a une clavicule douloureuse. Il sera peut-être plus calme et je pourrai peut-être le suivre pendant une demi-séance.
Mais oui, Silverstone, comme nous en parlions, est un circuit piégeux parce que tout s’enchaîne. Vous manquez un virage et vous gâchez les cinq suivants. Tout est donc une question de rythme et de s’assurer que chacun de ces virages qui mène au suivant est parfaitement négocié, parce que sinon vous perdez tout ce secteur… et peut-être même le secteur suivant. »

🎤 Et ensuite, Cal, quel est votre avis sur cet événement ? Est-ce le genre d’initiative que le MotoGP devrait organiser plus souvent pour faire grandir le sport ? Devrait-on davantage aller dans les centres-villes, sortir du circuit et attirer le public de cette manière ?
« Eh bien, je pense que c’est un excellent événement. C’est quelque chose de différent que d’être assis dans la salle de presse du circuit à vous parler là-bas.
Donc oui, que le MotoGP, Silverstone et les organisateurs réfléchissent différemment et mettent en place ce genre d’événement, absolument.
C’est formidable de permettre à d’autres personnes de venir nous écouter parler directement d’un sport qui nous passionne énormément, tout comme les journalistes qui sont présents semaine après semaine et qui sont eux aussi passionnés. Alors pourquoi pas ?
Je suis certain que c’est un véritable casse-tête logistique pour Dorna et pour le MotoGP. Pouvoir organiser un tel événement est donc vraiment quelque chose de très spécial.
Et oui… moi, en revanche, je suis sûr d’une chose : je ne participerai plus à beaucoup d’événements de ce genre. »

🎤 Nous avons désormais la confirmation que Fabio va rejoindre Honda. Évidemment, durant votre période en tant que pilote d’essais Yamaha, vous avez eu l’occasion de bien le connaître.
Vous avez également passé beaucoup de temps chez Honda. Que pensez-vous de ce partenariat à partir de l’année prochaine ?
« Oui, je pense que cela va bien fonctionner.
Je connais la façon de piloter de Fabio. Je connais aussi sa personnalité. Il veut gagner. Honda veut gagner.
Il n’y a donc aucune raison pour que ce ne soit pas, disons, une association parfaite. Je pense que c’est une bonne décision pour les deux.
Pour Honda, recruter un champion du monde comme Fabio, avec sa manière de piloter, je pense qu’il fera vraiment, vraiment du très bon travail.
Et pour Fabio, rejoindre une équipe qui veut retrouver le chemin de la victoire, je pense que ce sera enthousiasmant.
Je pense que c’est enthousiasmant pour une grande partie du championnat, avec tous les mouvements qui ont eu lieu, disons.
Mais Fabio est un grand pilote. En termes de talent, il fait vraiment partie des meilleurs du plateau. Et c’est aussi quelqu’un qui travaille énormément.
Je pense donc que ce sera une très bonne combinaison, disons. »

🎤 Nous essayons de faire revenir le Grand Prix en Afrique du Sud. Quel est votre sentiment à ce sujet ?
« Je ne sais pas si l’un d’entre vous a déjà roulé en Afrique du Sud… Moi, j’ai roulé à Kyalami.
J’ai roulé à Kyalami et j’aime Kyalami. C’était un bon circuit, situé en altitude, donc les motos y étaient vraiment lentes.
Mais oui, c’est un endroit formidable à visiter, et c’est un bon circuit, du moins lorsque j’y ai roulé en Superbike, il y a maintenant de nombreuses années.
Alors oui, pourquoi ne pas ramener également le Grand Prix en Afrique du Sud ? »

MotoGP Silverstone Crutchlow MotoGP Silverstone Crutchlow MotoGP Silverstone Crutchlow