Lewis Hamilton a dominé Charles Leclerc avant de devancer deux spécialistes de la compétition virtuelle sur le Red Bull Ring. Une démonstration amusante, flatteuse pour le Britannique… même si les réglages utilisés invitent à conserver les trophées au placard.

Hamilton, le nouveau roi du sim racing
Lewis Hamilton n’a visiblement pas besoin d’une véritable Ferrari, de pneus à température ou d’une stratégie compréhensible pour prendre le dessus sur ses collègues. Un volant, quelques pédales et un exemplaire de F1 25 lui ont suffi pour transformer le simulateur de la Scuderia en petite séance de rappel hiérarchique.
Lors d’un défi organisé sur le Red Bull Ring, le septuple champion du monde a signé un tour en 1’06’’468. Charles Leclerc, pourtant réputé pour sa vitesse naturelle et sa maîtrise des outils virtuels, a dû se contenter d’un 1’07’’583.
Soit 1,115 seconde d’écart sur un circuit parcouru en un peu plus d’une minute. À ce niveau-là, ce n’est plus un petit avantage : c’est le temps nécessaire pour vérifier que la manette de Leclerc était bien branchée.
Leclerc prend une seconde… sans pouvoir accuser la stratégie
Sur piste, un tel écart déclencherait immédiatement une réunion technique, trois analyses de télémétrie et probablement une déclaration de Frédéric Vasseur expliquant que « le potentiel était meilleur que le résultat ».
Sur F1 25, les excuses sont plus limitées. Pas de trafic, pas de drapeau jaune, pas d’arrêt tardif imaginé par le mur des stands. Hamilton a simplement été plus rapide.
Cette performance n’est toutefois pas complètement tombée du ciel. Le Britannique possède une longue histoire avec les jeux de course. Il expliquait notamment avoir « grandi en jouant à Gran Turismo », passant des heures à débloquer les voitures virtuelles.
EA Sports en avait d’ailleurs fait la vedette de l’édition Iconic de F1 25, sortie en mai 2025, avec plusieurs contenus associés à son arrivée chez Ferrari.
Même les spécialistes Ferrari restent derrière
L’affaire aurait pu s’arrêter à une petite victoire familiale contre Leclerc. Mais Hamilton a ensuite confronté son chrono à ceux de John Evans et Bari Broumand, membres de l’équipe Ferrari e-sport.
Et, surprise, les deux spécialistes n’ont pas réussi à le battre.
La vidéo ne dévoile pas leurs temps exacts, mais leurs réactions indiquent qu’ils ont terminé à quelques dixièmes du pilote britannique. Voir un pilote de F1 devancer des professionnels dont le métier consiste précisément à optimiser chaque freinage virtuel donne forcément un peu plus de relief à la performance.
Broumand n’est pourtant pas un joueur recruté après une victoire entre amis le dimanche soir. La Formule 1 le présente comme l’un des poids lourds de la discipline, avec sept victoires et vingt podiums, tandis qu’Evans occupe le rôle de troisième pilote au sein de la structure Ferrari.
Ferrari a confirmé que Broumand, Evans et Ismael Fahssi constituaient son effectif pour le championnat F1 Sim Racing 2026.
Hamilton rêve déjà d’un tour en 1’04
Loin de considérer son 1’06’’468 comme une limite, Hamilton a estimé qu’un chrono dans la minute quatre pourrait être envisageable avec un tour mieux exécuté.
Une telle performance le rapprocherait sérieusement des meilleurs temps mondiaux réalisés dans le mode contre-la-montre. EA Sports lui attribue d’ailleurs une note générale de 92 dans F1 25, preuve que même le jeu vidéo évite encore de lancer le débat sur un éventuel déclin.
Le Britannique semble également jouer régulièrement dans le paddock. Ferrari a publié plusieurs séquences le montrant installé devant un écran incurvé, avec volant et pédalier, entre deux séances officielles. Une façon comme une autre de préparer les circuits… ou de rechercher un univers dans lequel les changements de pneus sont effectués au bon moment.
Une belle performance, mais pas encore un titre mondial
Avant de proclamer Hamilton nouveau roi absolu du sim racing, une nuance s’impose. Broumand a laissé entendre que les pilotes Ferrari e-sport n’utilisaient pas leurs propres réglages. Or, sur F1 25, la configuration de la monoplace peut modifier considérablement le comportement et le chrono.
Les conditions exactes du défi ne sont pas davantage détaillées : nombre de tentatives, aides au pilotage, carburant, température ou préparation préalable. Le résultat ressemble donc davantage à une opération promotionnelle réussie qu’à une comparaison scientifique.
Mais l’image demeure savoureuse. À 41 ans, Hamilton a devancé son coéquipier de plus d’une seconde et résisté à deux professionnels du virtuel. Le tout avec suffisamment de décontraction pour annoncer qu’il pourrait encore gagner près de deux secondes.
Ferrari cherchait peut-être simplement une vidéo sympathique pour ses réseaux sociaux. Elle a finalement offert à Hamilton une victoire, une pole virtuelle et un nouveau moyen de chambrer Leclerc. Pour une fois, même la stratégie de communication italienne a parfaitement fonctionné.
It looks like Lewis Hamilton is practicing on the simulator after all!🤣#F1 #Formula1 #LewisHamilton pic.twitter.com/FURAzWfCvb
— Extreme Cars (@extremecarsf1) August 4, 2026









