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Morbidelli

Le week-end de Misano n’a pas seulement renforcé les rumeurs d’un passage de Nicolò Bulega en MotoGP. Il a aussi offert un aperçu fascinant de la manière dont Ducati prépare déjà l’après-Bulega. Et à écouter attentivement Serafino Foti, directeur de l’équipe Aruba.it Racing, un message ressort avec une netteté absolue : le prochain pilote Ducati Superbike ne sera pas recruté sur son palmarès. Il sera recruté sur sa faim.

Depuis plusieurs semaines, le nom de Franco Morbidelli circule avec insistance dans le paddock. Champion du monde Moto2, vice-champion du monde MotoGP et vainqueur de Grands Prix, l’Italien possède évidemment le CV nécessaire pour séduire Ducati. Pourtant, lorsque Foti évoque l’avenir, il ne commence jamais par parler de nationalité, de titres ou de notoriété.

Il parle d’abord de motivation. « Beaucoup pensent que le niveau est plus bas ici, mais c’est absolument faux. Le niveau est extrêmement élevé. C’est pourquoi nous rechercherons avant tout la volonté de gagner. Celui qui nous rejoindra doit arriver avec l’ambition de se battre pour les premières places, et non pas simplement de participer au championnat Superbike. »

La phrase ressemble presque à un avertissement adressé à tous les pilotes MotoGP susceptibles de considérer le WorldSBK comme un refuge confortable en fin de carrière. Chez Ducati, cette vision n’existe pas.

Le constructeur italien sort de plusieurs années de domination et n’a aucune intention de transformer son équipe officielle en maison de retraite dorée pour anciens pilotes de Grand Prix. Foti le répète d’ailleurs avec encore plus de fermeté : « L’essentiel est que celui qui vient ici ait vraiment envie de gagner et ne soit pas là simplement pour terminer sa carrière. »

Morbidelli

Foti, Ducati : « Le talent de Morbidelli est immense mais la motivation est primordiale »

Dans ce contexte, le cas Morbidelli devient particulièrement intéressant. Car personne chez Ducati ne remet en cause son talent. Bien au contraire. « Je crois que le talent de Franco est vraiment immense. On parle d’un pilote qui a remporté le championnat du monde Moto2, a été vice-champion du monde MotoGP et a gagné des courses en catégorie reine. »

Le problème n’est pas la vitesse. Le problème est l’inconstance. Foti lui-même souligne ce paradoxe qui accompagne Morbidelli depuis plusieurs saisons : « Ce qui est surprenant, c’est qu’il alterne entre des performances de très haut niveau et des résultats très modestes. »

Une analyse difficile à contester. Car même aujourd’hui, Morbidelli reste capable d’éclairs impressionnants. « À Barcelone, par exemple, il était en première ligne. Et un pilote qui part de la première ligne en MotoGP est forcément rapide. » La question n’est donc pas de savoir si Franco Morbidelli possède encore le niveau. La véritable question est de savoir si le WorldSBK représenterait pour lui une renaissance sportive ou le début d’une lente sortie de scène.

Et c’est précisément ce que Ducati tente actuellement d’évaluer. Car si Nicolò Bulega obtient finalement son ticket pour le MotoGP, son successeur devra assumer une mission particulièrement délicate : remplacer le pilote qui domine aujourd’hui le championnat et qui incarne le futur de Ducati.

Un simple nom prestigieux ne suffira pas. Ducati cherche un pilote capable d’arriver avec la même obsession de gagner. À Misano, Serafino Foti a peut-être parlé de Morbidelli. Mais en réalité, il a surtout défini le profil psychologique du futur pilote officiel Ducati. Et ce profil ressemble davantage à un prédateur qu’à un vétéran en quête d’une dernière opportunité.

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