Jorge Martin ne s’est peut-être pas encore remis de sa période Ducati … Et si l’histoire du MotoGP moderne avait basculé dès 2022 ? Selon le champion du monde espagnol, Ducati lui avait déjà attribué un guidon officiel pour la saison 2023. Le contrat était signé. L’affaire semblait conclue. Puis tout a changé. À la dernière minute, Ducati aurait finalement choisi Enea Bastianini pour accompagner Francesco Bagnaia dans l’équipe d’usine, laissant Martin chez Pramac malgré l’accord initial. Une décision dont les conséquences continuent manifestement de résonner aujourd’hui.
« En 2022, j’avais déjà signé mon contrat pour 2023 avec l’équipe d’usine », a révélé Martin dans le podcast Gypsy Tales. Puis vient la phrase qui a surpris tout le paddock. « À un moment donné, ils m’ont dit : « OK, tu ne viens pas. On ne te veut pas. On veut un autre pilote. » C’était dingue. Je crois que personne ne le sait. »
Pendant des années, l’histoire officielle racontait simplement que Ducati avait préféré Bastianini après sa remarquable saison 2022. La version de Martin est beaucoup plus brutale. Elle laisse entendre que la décision ne s’est pas limitée à un simple choix sportif mais qu’elle est intervenue alors qu’un engagement existait déjà.
L’Espagnol reconnaît aujourd’hui avoir accepté la situation. « Ensuite, nous avons signé un autre contrat, et c’est très bien. J’accepte la situation car j’étais heureux chez Pramac, avec une moto d’usine. Pour finir, ce n’était pas si différent. »
En apparence seulement. Car derrière ce discours apaisé, on sent encore une frustration profonde. Martin a toujours eu le sentiment de devoir prouver davantage que les autres pour obtenir la même reconnaissance. « J’ai toujours vraiment voulu prouver à Ducati que j’étais l’homme de la situation. » Une volonté qui a probablement nourri une partie de son incroyable progression.

Jorge Martin : « Pour les grandes usines, un contrat ne vaut rien. Ils se jouent de nous, les pilotes »
Après avoir été écarté pour 2023, Martin est passé tout près du titre mondial cette même année avant de devenir champion du monde MotoGP en 2024. Exactement ce qu’il cherchait à démontrer. Et pourtant, même ce titre n’a pas suffi à lui ouvrir définitivement les portes de l’équipe officielle.
Lorsque Ducati a dû choisir son pilote pour 2025, c’est finalement Marc Marquez qui a été préféré. Une deuxième gifle. Une deuxième fois où Martin a vu le guidon qu’il convoitait lui échapper. Cette fois, la rupture a été définitive. « Si Ducati ne veut pas de moi, je mettrai mon talent au service de quelqu’un d’autre. »
Cette phrase, prononcée avant son départ, résonne aujourd’hui différemment. Car elle apparaît moins comme une réaction à l’arrivée de Marquez que comme l’aboutissement d’une frustration accumulée pendant plusieurs années. La remarque la plus dure reste cependant celle-ci : « Pour les grandes usines, un contrat ne vaut rien. Ils se jouent de nous, les pilotes. »
Une accusation lourde. Et qui soulève une question : que se serait-il passé si Ducati avait tenu parole en 2023 ? Martin aurait-il remporté le titre un an plus tôt ? Aurait-il conservé sa place dans l’équipe officielle jusqu’à aujourd’hui ? Aurions-nous assisté en 2026 à un duel Martin-Marquez sous les couleurs rouges plutôt qu’à la bataille actuelle entre Ducati et Aprilia ? Personne ne pourra jamais répondre avec certitude.
Mais une chose semble désormais claire : pour Jorge Martin, l’histoire avec Ducati ne s’est jamais terminée lorsqu’il a quitté Borgo Panigale. Elle s’est probablement terminée le jour où il a appris qu’un contrat signé ne suffisait plus à garantir sa place.
































