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MotoGP

Trois secondes plus lentes ? Pas du tout : les premiers essais des MotoGP 2027 révèlent déjà que la révolution annoncée pourrait être moins spectaculaire que prévu. Depuis des mois, le MotoGP prépare sa révolution. Nouvelle cylindrée de 850 cc. Aérodynamique fortement réduite. Disparition des dispositifs de réglage des suspensions. Arrivée de Pirelli à la place de Michelin. Sur le papier, tout semblait annoncer un changement radical de philosophie. Et pourtant, les premiers essais organisés à Brno viennent déjà bousculer plusieurs certitudes.

Car derrière les portes closes du circuit tchèque, les constructeurs ont découvert une réalité inattendue : les futures MotoGP ne sont peut-être pas aussi éloignées des machines actuelles qu’on l’imaginait.

Le test, organisé dans la plus grande discrétion, constituait la première véritable confrontation entre les prototypes 850 cc de nouvelle génération, les pneus Pirelli et plusieurs pilotes titulaires du championnat.

Onze pilotes étaient présents, parmi lesquels Marc Marquez, Pedro Acosta, Marco Bezzecchi, Raul Fernandez, Joan Mir, Luca Marini, Toprak Razgatlioglu ou encore Fermin Aldeguer. L’objectif n’était pas de chercher la performance pure mais de recueillir des données. Pourtant, comme souvent en sport mécanique, les chronos racontent déjà une histoire.

Ainsi, les deux Aprilia ont donné le ton dès les premières heures. Marco Bezzecchi et Raul Fernandez ont signé un temps identique de 1’53″9, démontrant que la future machine de Noale semble déjà posséder une base solide.

Juste derrière, Fermin Aldeguer a placé sa Ducati en 1’54″0, tandis que Toprak Razgatlioglu s’est illustré avec un remarquable 1’54″2 sur la Yamaha. Pedro Acosta a roulé la KTM jusqu’en 1’54″3 et Marc Marquez a terminé sa journée en 1’54″4 malgré une spectaculaire chute sans conséquence physique.

Pris isolément, ces chronos peuvent sembler anecdotiques. Ils ne le sont pas. Car le record absolu du circuit appartient désormais à Ai Ogura avec un impressionnant 1’51″139 réalisé lors des qualifications du Grand Prix. L’écart entre les futures 850 cc et les MotoGP actuelles se situe donc à moins de trois secondes.

Moins de trois secondes pour des motos encore en développement, chaussées de pneus expérimentaux, pilotées dans le cadre d’un programme d’essais et privées de plusieurs technologies qui constituent aujourd’hui le cœur des performances du MotoGP moderne. C’est probablement l’enseignement majeur de cette journée.

Pendant longtemps, le paddock a présenté 2027 comme une rupture technique comparable à celles qui avaient accompagné le passage du deux-temps au quatre-temps ou encore l’arrivée des moteurs 1 000 cc.

Brno suggère au contraire une transition beaucoup plus progressive. Les motos seront différentes. Elles seront sans doute moins agressives aérodynamiquement. Les départs changeront avec la disparition des « holeshot devices ». Les pneus modifieront le comportement général des machines.

Mais les performances pures pourraient rester beaucoup plus proches qu’attendu. Ce constat explique également le discours prudent tenu par Giorgio Barbier, directeur de Pirelli Motorsport.

« Les données recueillies, ainsi que celles des prochains essais privés, des essais de septembre après le Grand Prix d’Autriche et des essais de fin de saison à Valence, seront fondamentales pour définir les caractéristiques finales de la gamme 2027. »

Davide Tardozzi Ducati MotoGP Marc Márquez Pecco Bagnaia

Les premières données suggèrent au contraire que les futures MotoGP sont déjà beaucoup plus rapides que prévu

Le responsable italien insiste d’ailleurs sur le fait que Brno ne représente qu’une étape dans un processus beaucoup plus long. « Tous les constructeurs ont mené à bien les programmes convenus, avec des plans d’essais différenciés pour les deux motos afin de maximiser la collecte de données. La collaboration avec les pilotes et les constructeurs reste très constructive et les développements progressent conformément au plan. »

Autrement dit, personne ne cherche encore la vitesse maximale. Et pourtant les chronos sont déjà là. Autre enseignement important : Aprilia semble avoir particulièrement bien préparé cette transition. Alors que la marque traverse actuellement une période compliquée en championnat avec la suspension de Marco Bezzecchi et les difficultés récentes de Jorge Martin, les résultats observés à Brno montrent que les ingénieurs de Noale travaillent déjà efficacement sur l’après-2026. Voir Bezzecchi et Fernandez immédiatement en tête du classement officieux n’est probablement pas un hasard.

Du côté de Ducati, l’attention s’est naturellement portée sur Marc Marquez. Sa chute spectaculaire a rappelé que même les meilleurs découvrent encore ces nouvelles motos. Mais le fait que l’Espagnol termine malgré tout à seulement cinq dixièmes du meilleur temps montre également que Borgo Panigale reste immédiatement dans le match.

La véritable bataille commence désormais. Car Brno n’était qu’un premier contact. Les prochains rendez-vous au Red Bull Ring puis à Valence permettront d’affiner les pneus Pirelli, de poursuivre le développement des moteurs 850 cc et surtout de comprendre quels constructeurs auront réellement pris de l’avance sur cette nouvelle génération.

Le MotoGP 2027 sera différent. Mais ceux qui s’attendaient à voir les performances s’effondrer risquent d’être déçus. Les premières données suggèrent au contraire que les futures machines sont déjà beaucoup plus rapides que prévu.

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