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Publié le 20 juillet 2026 • 12:30 par Motosan.es

Moto3, Interview Exclusive Maximo Quiles : « Les Márquez me passent parfois un savon, mais ils m’ont maintenant plus ou moins sous contrôle »

Protégé de Marc Marquez, le leader du championnat Moto3 Maximo Quiles se découvre un peu plus dans cette interview...

Leader incontesté du Championnat du monde Moto3 avec 231 points, Maximo Quiles compte désormais 104 points d’avance sur Brian Uriarte et 115 sur Álvaro Carpe : Interview…

Par Manuel Pecino / Motosan.es

Deuxième du Grand Prix d’Allemagne après s’être élancé de la quatrième place sur la grille, le pilote du CFMoto Aspar Team aborde sereinement la seconde moitié de saison.
À cette occasion, il a répondu à une série de questions-réponses sans détour.


Vous commencez à faire beaucoup d’interviews. Comment le vivez-vous ?
« Pour le moment, je le vis très bien. J’aime faire des interviews et discuter. Évidemment, en MotoGP c’est encore un autre niveau, ils passent leur temps à répondre aux médias, donc je les comprends aussi. Mais moi, je continuerai à faire des interviews avec plaisir. »

Vous aimez le football ?
« Oui, j’aime bien aussi. En ce moment, je regarde la Coupe du monde. Je ne suis pas vraiment le football toute l’année, mais quand il y a une Coupe du monde, un Championnat d’Europe ou la Ligue des champions, je les regarde toujours. »

Vous pilotez avec énormément d’intensité. Vous vous entraînez de la même façon ?
« J’aimerais pouvoir faire pareil à moto, mais le règlement ne nous autorise pas à nous entraîner avec une Moto3. Il faut donc essayer de s’en rapprocher le plus possible. En revanche, quand je vais à la salle de sport ou faire du vélo, je donne toujours tout, à fond. »

Et lorsque vous roulez à moto ?
« Pareil. Par exemple, l’autre jour, sur le circuit Aspar, j’y suis allé à fond. Je voulais battre le record et j’ai roulé en 10″4. Je ne sais pas si c’est le record, mais je pense que j’en étais proche. Ça m’a vraiment motivé avant Brno, où je suis parti avec l’envie de tout donner. »

Vous connaissez vos adversaires depuis l’enfance. Avec lesquels avez-vous commencé ?
« Celui avec qui j’ai le plus couru étant petit, c’est Brian Uriarte. On se connaît depuis les 110 cc. Avec Álvaro Carpe, on s’entraîne ensemble depuis les minimotos, depuis l’âge de quatre ans. On a commencé pratiquement en même temps. Je connais Álvaro depuis que j’ai cinq ans, mais celui avec qui j’ai réellement commencé à courir régulièrement, c’était Brian. Álvaro étant un an plus âgé que moi, il évoluait toujours dans la catégorie supérieure. »

Après toutes ces années ensemble, connaissez-vous parfaitement la façon de piloter de chacun ?
« Oui, on finit par connaître les habitudes de chacun. On sait plus ou moins ce que tel pilote va faire ou ce que l’autre fait habituellement. Ils peuvent toujours nous surprendre, bien sûr, mais comme on se connaît depuis tout petits, on sait généralement comment chacun roule. »

Vous tenez compte des points forts de chacun ?
« Parfois, tout change quand on monte de catégorie. Brian ou Álvaro peuvent modifier leur style de pilotage, devenir meilleurs dans certains domaines. C’est difficile à prévoir. En revanche, sur le plan de la personnalité et de leur façon de piloter, je les connais très bien. Je sais généralement ce qu’ils vont tenter dans le dernier tour. »

Préparez-vous une course en fonction de vos rivaux ou seulement de votre propre stratégie ?
« J’essaie surtout de faire ma propre course. Je pense à moi, parce que je ne peux pas contrôler ce que font les autres. À Brno, par exemple, j’étais deuxième et je voulais dépasser Hakim, mais Almansa m’a doublé dans la montée. Je ne pouvais rien faire contre ça. Ça m’a contrarié, mais j’ai essayé de tirer le maximum de la situation et j’ai réussi à monter sur le podium. »

Vous partez donc avec un plan établi ?
« Oui. On en parle avec Nico Terol. On envisage plusieurs scénarios : si je suis devant, est-ce que je prends la tête ou pas ? Si la course reste en groupe, qu’est-ce que je fais ? Mais on essaie aussi de ne pas trop se compliquer la tête. J’en discute avec Nico, mais surtout avec Dani Barba, Álvaro, ainsi qu’avec mes mécaniciens Javi et Salva. Les échanges principaux sont avec Dani et Álvaro, car ce sont les techniciens, et j’aime préparer la course avec eux. »

Existe-t-il une véritable école murcienne ?
« Quand j’étais petit, je me suis entraîné dans l’école de Pacote. C’était l’école de la LEM (Liga Española de Motociclismo). On s’entraînait à Carthagène. Il y avait Pedro Acosta, Fermín Aldeguer et moi. On faisait des exercices entre des cônes pour apprendre. J’avais cinq ans. C’est de là que nous sommes un peu tous sortis. Ensuite, chacun a suivi sa propre route. Moi, je suis rapidement parti m’entraîner de mon côté. »

Comment vivez-vous une semaine sans Grand Prix ?
« D’un côté, j’ai toujours envie d’aller courir. Mais d’un autre, j’aime aussi déconnecter. Enchaîner les courses en permanence n’est pas forcément une bonne chose. Après ces deux Grands Prix consécutifs, je vais rentrer chez moi, rester tranquille. J’aime couper un peu, surtout en été. »

Peut-on avoir de vrais amis dans cette catégorie ?
« Oui. Avec Álvaro, je m’entends très bien. Brian, je le connais depuis tout petit. Bien sûr, nous sommes rivaux sur la piste. Mais être rival ne veut pas dire qu’on ne peut pas être amis. En dehors des circuits, on rigole ensemble. On n’est pas les meilleurs amis du monde, c’est normal, mais il y a une bonne relation entre nous. »

Fermín Aldeguer ou Pedro Acosta ?
« Je m’entends vraiment très bien avec Fermín. J’aime beaucoup sa personnalité. Et il est très drôle. »

Est-il vrai que sans les Márquez vous auriez dû arrêter votre carrière ?
« Ils m’ont énormément aidé, c’est vrai. J’ai commencé la Talent Cup et tout coûtait très cher. Ma famille vit correctement, mais nous n’avons pas les moyens de financer ce sport sans aide. Nous avons eu la chance de rencontrer Juanan, le propriétaire de Gas24. Nous sommes devenus amis avec lui et avec son fils. Ce sont eux qui m’ont ouvert les portes en me disant :
« Là où tu iras, nous irons avec toi et nous t’aiderons. »
Ils m’ont énormément soutenu financièrement. L’équipe Gas Racing Team a ensuite été créée pour son fils et pour moi. Ils m’ont accompagné depuis 2019-2020 jusqu’à aujourd’hui. Ensuite, Marc Márquez est également arrivé et m’a beaucoup aidé. Mais les premiers à m’avoir soutenu ont été Juanan et sa famille. »

Qu’aimez-vous le moins dans les courses, en dehors des chutes et des blessures ?
« Honnêtement, je prends du plaisir dans presque tout. Ce que j’aime le moins, c’est quand il n’y a pas beaucoup de public. En Hongrie, par exemple, les tribunes étaient presque vides. Ça fait une drôle de sensation. J’aime l’ambiance, voir des spectateurs, sentir la passion. C’est un peu triste, mais j’espère que l’affluence continuera à augmenter. »

Que faites-vous après les essais ?
« Je me promène un peu. Je vais aussi chez le kiné pour récupérer. Et puis je plaisante avec toute l’équipe. Je les taquine un peu. L’ambiance est toujours très détendue. »

Que signifie pour vous être un pilote du groupe Vertical ?
« C’est un honneur d’être aux côtés de Marc et Álex. Ils ont énormément d’expérience et ils m’ont beaucoup aidé. En plus de l’aide de Juanan dont je parlais, Marc m’a également soutenu financièrement. Mais ce que j’apprécie le plus, c’est tout ce que j’apprends auprès d’eux et l’expérience qu’ils partagent. Au début, quand j’étais encore en Talent Cup et que j’étais plus jeune, ils me grondaient souvent pour que je reste concentré. Aujourd’hui, ils savent que je suis devenu plus mature. Ils me passent encore un savon de temps en temps, mais maintenant, ils m’ont plus ou moins sous contrôle. »

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Texte et photo : Manuel Pecino Interview Maximo Quiles Interview Maximo Quiles Interview Maximo Quiles