Actuellement parmi les hommes forts de la grille MotoGP, Raúl Fernández a construit sa carrière à force de progression continue malgré des passages parfois compliqués dans les catégories intermédiaires. Il a toutefois eu un vrai déclic une fois arrivé dans la catégorie reine. Le Madrilène, né le 23 octobre 2000, s’est imposé au fil des années comme un pilote complet, rapide sur un tour, et désormais installé comme la figure de proue du projet Trackhouse Aprilia.
Né à Madrid, Raúl Fernández a découvert la compétition à 11 ans, après avoir grandi dans un environnement où la moto faisait déjà partie du quotidien grâce à la passion de son père. Passé par la Cuna de Campeones puis le PreMoto3, ses résultats lui ont permis d’intégrer le FIM CEV Repsol et la Red Bull MotoGP Rookies Cup. Très vite, il montre un vrai sens de la vitesse et de la régularité : en 2015, il y décroche de nombreux podiums et termine 7e, ce qui lui vaut d’être accepté pour une seconde saison. En 2016, il explose véritablement, et termine troisième de la Rookies Cup avec deux victoires et six podiums. En parallèle, il remporte sa première course en JuniorGP à Valence, et termine 3e du championnat. C’est également sur le circuit espagnol qu’il effectuera une pige en Grand Prix cette année-là, avec MH6 Team, pour signer une impressionnante 11e place dès ses débuts.
Malgré ces nombreux exploits, en 2017, il connaît une saison plus délicate dans le FIM CEV Repsol, malgré une pole position au Portugal. En Moto3, les choses sont également compliquées et ses trois piges ne débouchent sur aucun résultat. Mais l’année suivante, il remet les pendules à l’heure avec trois victoires et six podiums en CEV, ce qui lui permet de décrocher le titre de champion du monde Junior Moto3. Cette saison 2018 confirme surtout qu’il possède déjà les armes pour franchir un cap.
En parallèle, il multiplie à nouveau les apparitions en Grand Prix sous forme de wildcards et de remplacements. Au cours de cette période, il engrange de l’expérience à la dure, sans brûler les étapes, mais en laissant entrevoir un potentiel supérieur à la moyenne car les résultats sont de retour, il s’incruste deux fois dans le top 10 en quatre apparitions. En 2019, il rejoint donc le Championnat du monde Moto3 à temps plein avec la structure Angel Nieto Team, qu’il connaît déjà bien, et il apprend vite : les top 10 deviennent réguliers.
Le déclic en Moto3
C’est en 2020 que Fernández bascule dans une autre dimension. Très performant en qualifications, il se met souvent en position de faire la pole position, ce qui devient l’une de ses signatures. Sa première vraie percée intervient à Aragón avec un podium, avant une première victoire au GP d’Europe. Il ajoute ensuite un autre podium et une nouvelle victoire à Valence puis à Portimão, pour terminer quatrième du championnat – derrière Ai Ogura, Tony Arbolino et Albert Arenas.
Cette campagne est celle de la confirmation. À ce stade, le paddock commence clairement à le considérer comme l’un des talents les plus sérieux de sa génération. Promu en Moto2 avec Red Bull KTM Ajo en 2021, Fernández réalise immédiatement une saison exceptionnelle. Il signe huit victoires, sept pole positions et douze podiums, battant au passage le record de victoires pour un rookie dans la catégorie, auparavant détenu par Marc Márquez. Pendant une grande partie de l’année, il tient tête à son coéquipier Remy Gardner dans une lutte pour le titre très relevée.
Le scénario se retourne néanmoins à Misano, où une chute à trois manches de la fin compromet ses chances. Il doit finalement se contenter de la deuxième place au championnat, à seulement quatre points du titre. Malgré cette frustration, son passage en Moto2 reste l’un des plus impressionnants de l’histoire récente de la catégorie.
L’entrée en MotoGP
Après une unique saison en Moto2, son arrivée en MotoGP se fait en 2022 avec Tech3 KTM Factory Racing, mais la RC16 n’est pas alors une moto facile à apprivoiser. Fernández marque des points à six reprises seulement et découvre la difficulté du plus haut niveau sans disposer d’un package totalement compétitif. Cette première saison sert surtout d’apprentissage, dans un contexte où peu de choses lui permettent réellement d’exprimer son potentiel.
En 2023, il rejoint RNF Aprilia et connaît encore quelques difficultés, même si la deuxième moitié de saison montre des signes nets d’amélioration. Sa cinquième place à Valence lui offre un premier vrai résultat dans la catégorie reine et lui permet de terminer l’année avec davantage de confiance. L’étape suivante l’amène chez Trackhouse Racing à partir de 2024, une équipe bâtie sur les vestiges de l’ancienne, avec un projet plus structuré autour de sa progression.
Chez Trackhouse, Fernández commence par une saison 2024 en progression, avec une 16e place au championnat et plusieurs arrivées dans les points. Son meilleur moment reste une brève prise de tête lors du sprint au Grand Prix de Catalogne, preuve qu’il n’a jamais totalement perdu son sens de l’attaque. Cette saison, sans être spectaculaire, prépare le terrain pour la suite.
L’explosion arrive en 2025, saison lors de laquelle il est le seul pilote à rester chez Aprilia, les trois autres – Marco Bezzecchi, Jorge Martín et Ai Ogura – débarquant sur une machine qu’ils ne connaissent pas encore. Fernández profite du Grand Prix d’Australie, à Phillip Island, pour décrocher sa première victoire en MotoGP. Le succès est historique aussi pour Trackhouse, qui signe là sa première victoire dans la catégorie reine. Ce triomphe change son statut.
Une place désormais établie pour Raúl Fernández
Depuis, Raúl Fernández a définitivement consolidé sa position dans le peloton de tête. Cette saison, il ne s’est pas encore imposé le dimanche, mais a déjà remporté deux Sprint, en Italie et aux Pays-Bas, tout en collectionnant les podiums. À présent bien installé chez Trackhouse, Raúl Fernández est arrivé à maturité, et capable de viser plus que de simples coups d’éclat. En 2027, il devrait poursuivre l’aventure dans l’équipe américaine.










