À quelques jours de l’échéance fixée par la Formule 1 pour trancher le sort de sa fin de saison, Mohammed Ben Sulayem joue la carte de la prudence. Le président de la FIA assure que personne ne sera envoyé courir au Moyen-Orient si les conditions de sécurité ne le permettent pas. Une évidence, pourrait-on penser. Mais lorsque deux Grands Prix, des contrats et des dizaines de millions sont en jeu, il n’est jamais inutile de la rappeler. Pour l’instant, le Qatar, le 29 novembre, et Abu Dhabi, le 6 décembre, figurent toujours au calendrier officiel. La F1 compte actuellement 23 manches, après l’annulation du Grand Prix d’Arabie saoudite et le transfert exceptionnel du Grand Prix de Bahreïn à Sepang, en Malaisie.

Ben Sulayem : Qatar et Abu Dhabi sous surveillance
Ben Sulayem rassure… mais ne ferme aucune porte
Interrogé à Monza par l’Associated Press, Ben Sulayem a voulu poser une ligne rouge assez nette : pilotes, mécaniciens et personnels des équipes ne seront pas exposés inutilement.
« Nous ne mettrons pas nos pilotes ou nos équipes en danger. »
Dans le même temps, le patron de la FIA refuse de dégainer l’annulation trop tôt. Sa ligne reste celle du « business as usual », autrement dit : on continue comme prévu tant que les circonstances n’obligent pas à changer de plan.
Une position compréhensible sur le principe, mais qui devient de plus en plus difficile à tenir à mesure que la date butoir approche. Car le problème n’est plus hypothétique : le calendrier 2026 a déjà été chamboulé par la situation géopolitique régionale.
Et si la FIA insiste sur la sécurité, elle sait également qu’annuler deux événements vendus et préparés depuis des mois n’est pas une décision que la F1 prendra sur un simple coup de téléphone.
La F1 attend la mi-septembre… jusqu’à la dernière seconde
Stefano Domenicali avait prévenu dès la fin juillet : aucune décision définitive ne serait prise avant la mi-septembre.
Le patron de la F1 précisait alors que Qatar et Abu Dhabi restaient confirmés, tout en assurant que si les conditions n’étaient pas suffisamment sûres, la saison se terminerait en Europe.
Domenicali expliquait :
« Nous prendrons la décision au bon moment. »
Traduction paddock : tant qu’il reste une chance de sauver les deux Grands Prix, personne ne veut appuyer sur le bouton rouge. Sportivement, logistiquement et surtout commercialement, on comprend l’hésitation. Mais à quelques jours de la fameuse mi-septembre, le chronomètre commence sérieusement à tourner.
Imola attend déjà derrière la porte
Et voilà que le scénario italien prend de plus en plus d’épaisseur.
Imola est aujourd’hui considéré comme le candidat le plus crédible pour accueillir une éventuelle finale de remplacement. L’Associated Press évoque déjà le circuit d’Émilie-Romagne comme l’option la plus probable, tandis que plusieurs informations publiées en Italie avancent même la date du 6 décembre, actuellement réservée à Abu Dhabi. Attention toutefois : rien n’est encore officiellement décidé.
La dernière information publiée ce 9 septembre évoque un scénario dans lequel le Qatar disparaîtrait purement et simplement tandis qu’Imola récupérerait la finale d’Abu Dhabi. La F1, elle, continue officiellement de maintenir les deux manches du Golfe à son calendrier.
Ce qui pourrait donner un drôle de dénouement : une saison pensée pour s’achever sous les projecteurs de Yas Marina pourrait finalement rendre son verdict dans le froid de l’Émilie-Romagne début décembre.
Le glamour climatisé d’Abu Dhabi remplacé par manteaux, bonnets et éventuellement pneus froids à Imola : la F1 2026 n’était manifestement pas encore à court de scénarios improbables.
Et Antonelli pourrait presque finir à la maison
Il y aurait aussi une sacrée ironie sportive.
Après son incroyable victoire à Monza depuis la 19e position sur la grille, Kimi Antonelli possède désormais 66 points d’avance sur George Russell au championnat. Le jeune Italien pourrait donc arriver dans les dernières manches avec une véritable balle de match pour le titre. Une finale à Imola placerait le leader du championnat à quelques dizaines de kilomètres seulement de Bologne, sa région natale. Autrement dit, ce qui devait être une grande fête de clôture à Abu Dhabi pourrait se transformer en immense célébration italienne pour Antonelli.
Mais avant de préparer les drapeaux tricolores, encore faut-il que le scénario se confirme.
La sécurité avant le spectacle… heureusement
Ben Sulayem a également rappelé un principe qui devrait normalement clore toute polémique : la vie humaine passe avant le sport automobile.
Et sur ce point, difficile de lui donner tort.
La F1 a parfois cultivé l’image d’un championnat capable de courir presque partout tant que les feux peuvent s’éteindre le dimanche. Cette fois, la FIA et la FOM semblent décidées à attendre le maximum d’informations avant d’arbitrer, sans pour autant franchir la ligne rouge de la sécurité.
Prudence raisonnable ou attente devenue trop longue ? La réponse dépendra surtout de l’évolution de la situation dans les prochains jours.
Une chose est sûre : la mi-septembre arrive. Et bientôt, Ben Sulayem et Domenicali ne pourront plus se contenter de regarder le chrono.
Il faudra choisir entre le Golfe… et le retour d’Imola.























