Moto GP
Publié le 30 août 2026 • 05:30 par André Lecondé

MotoGP – Aragon J2 : Marco Bezzecchi avait stupéfié Ducati en pole, puis Marc Marquez a remis les choses en ordre

Dans le parc fermé d’Aragon, le camp Ducati affichait une mine défaite. Marco Bezzecchi venait de faire basculer tous les pronostics.

Les visages fermés dans le parc fermé des tuniques rouge n’avaient rien d’anodin. En arrachant la pole position du Grand Prix d’Aragon à Marc Marquez pour seulement 0,089 seconde, Marco Bezzecchi venait de réussir ce que Ducati ne pensait probablement pas possible sur l’un des terrains de chasse favoris de son pilote. Quelques heures plus tard, la victoire de Marquez au Sprint a certes remis la Ducati au centre du jeu. Mais elle n’efface pas le message envoyé par Aprilia.

Tout semblait pourtant écrit pour Marc Marquez à MotorLand Aragon. Le tracé espagnol lui convient historiquement à merveille et les caractéristiques de la Ducati Desmosedici GP26, notamment sa vitesse, semblaient devoir renforcer encore son statut d’homme à battre. Mais Marco Bezzecchi avait manifestement décidé de perturber le scénario.

L’Italien avait déjà prévenu vendredi en établissant un nouveau record du circuit en 1’45”455, seulement 0,010 seconde devant Alex Marquez et 0,038 devant Marc Marquez. Jamais les trois premiers n’avaient été aussi proches à l’issue d’un vendredi à Aragon.

Marc Marquez lui-même avait alors reconnu ne pas être surpris par la vitesse du pilote Aprilia. Il ignorait encore que Bezzecchi avait gardé le meilleur pour les qualifications.

Marco Bezzecchi frappe Ducati là où elle ne l’attendait pas

En Q2, les références du vendredi ont volé en éclats. Les cinq premiers ont roulé plus vite que le record établi la veille et Bezzecchi a finalement placé la barre à 1’44”962. Marc Marquez a tenté de répondre.

En poussant sa GP26 jusqu’à la limite, l’Espagnol a commis plusieurs erreurs et n’a jamais réussi à reprendre les 0,089 seconde qui le séparaient de l’Aprilia. Bezzecchi pouvait même se permettre une frayeur au virage 14 : son meilleur tour était déjà suffisant.

Le contraste dans le parc fermé était alors saisissant. Selon Jack Appleyard, qui s’est exprimé dans l’émission Inside the Paddock de MotoGP, Ducati ne s’attendait absolument pas à subir une telle opposition.

« Ducati pensait : “C’est notre circuit, on sait que c’est le circuit de Marc”. Tandis que l’équipe Aprilia, tout au long du week-end, répétait : “On sait que ce n’est pas notre terrain d’attaque”… »

Et pourtant. « On pouvait lire la stupeur sur tous les visages au sein du camp Ducati, dans le parc fermé, car personne ne s’attendait à cela. Ils ont été légèrement pris de court par les performances de Bez. »

La surprise était d’autant plus significative qu’elle ne concernait pas seulement Marquez. Jorge Martin, sur la deuxième Aprilia, s’est également hissé au cinquième rang en 1’45”436. Ce n’était donc plus uniquement Bezzecchi qui fonctionnait à Aragon. La RS-GP elle-même semblait avoir trouvé quelque chose.

Aragon

Marc Marquez répond au meilleur moment : celui de la  course

Il fallait néanmoins distinguer deux batailles. Sur un tour, Bezzecchi avait battu Marquez. Sur la distance du Sprint, l’Espagnol a repris l’avantage. Quelques heures après cette qualification qui avait laissé Ducati incrédule, Marquez a remporté la course Sprint et rappelé pourquoi il était arrivé à Aragon avec l’étiquette de favori.

Cette victoire ne rend pourtant pas la pole de Bezzecchi anecdotique. Elle permet au contraire de mieux mesurer l’évolution du rapport de forces. Aprilia abordait MotorLand avec prudence, consciente que le circuit semblait théoriquement beaucoup plus favorable à Ducati. Or Bezzecchi y a signé le record absolu et obligé Marquez à aller chercher ses limites.

C’est probablement le principal enseignement du samedi. Ducati reste la référence et Marc Marquez a répondu en gagnant lorsque les points ont été distribués. Mais Aprilia vient de démontrer qu’elle pouvait désormais surprendre la GP26 jusque sur un circuit où personne, chez Ducati, ne s’attendait vraiment à devoir regarder derrière soi.

Et après la pole de Bezzecchi puis la réponse de Marquez au Sprint, le Grand Prix de dimanche prend une dimension supplémentaire : la surprise du samedi matin peut-elle devenir une véritable menace sur la distance d’une course ?