Il y a encore quelques années, Lando Norris attendait sa première victoire en Formule 1. Aujourd’hui, le Britannique serait en train de discuter avec McLaren d’un contrat à 60 millions d’euros par saison à partir de 2027. Même combinaison orange, certes, mais la facture aurait pris quelques chevaux. Selon les informations avancées par Marc Limacher, les discussions auraient débuté à la fin du mois de juin. Norris percevrait actuellement une rémunération estimée à 40 millions d’euros en 2026, et souhaiterait donc ajouter 20 millions à l’addition. Dit autrement : une hausse de 50 %. Quand on devient champion du monde, visiblement, l’inflation ne touche pas seulement les hôtels du paddock.

Norris, le champion 2025 ferait sérieusement grimper les enchères.
Précision importante : ni McLaren ni Norris n’ont officiellement confirmé cette négociation ou le montant de 60 millions d’euros. En matière de salaires en F1, les contrats sont aussi faciles à consulter qu’un plan stratégique Ferrari un dimanche mouvementé.
Le titre mondial a changé la valeur de Norris
La revendication, si elle se confirme, n’arrive évidemment pas de nulle part. Norris a remporté le championnat du monde 2025, devenant le premier pilote McLaren sacré depuis Lewis Hamilton en 2008. Il est lié à l’équipe de Woking depuis son arrivée en F1 en 2019 et détient désormais le record du nombre de Grands Prix disputés pour McLaren.
Et le garçon ne vient pas exactement de passer trois mois à chercher le mode d’emploi de sa monoplace. Après Budapest, Norris s’est également imposé à Zandvoort, signant une deuxième victoire consécutive et portant son total à 13 succès en carrière. Il reste certes à 83 points de Kimi Antonelli au championnat 2026 mais sa côte sportive a repris quelques couleurs au moment parfait.
Pour négocier un salaire, il existe probablement des périodes moins pratiques.
60 millions : Norris entrerait vraiment dans le salon VIP
Selon les estimations publiées en début de saison par Sportune et Business Book GP, Max Verstappen émargerait à environ 90 millions d’euros en 2026, Lewis Hamilton à 80 millions et Norris à 40 millions. Sur cette base, un contrat à 60 millions ferait effectivement du Britannique le troisième pilote le mieux rémunéré de la grille.
Mais ces chiffres doivent être manipulés avec des gants. Les estimations varient sensiblement selon les sources et surtout selon ce qu’elles incluent : salaire fixe, primes de résultats, bonus liés au titre ou revenus commerciaux. La Gazzetta dello Sport évaluait encore récemment les revenus de Norris autour de 40 millions, tout en estimant son fixe sensiblement plus bas. Forbes, de son côté, recensait pour 2025 un salaire de 18 millions de dollars accompagné de 39,5 millions de bonus. Autrement dit, en F1, demander « combien gagne réellement un pilote ? » reste une excellente façon de déclencher cinq réponses différentes en moins de deux minutes
Et le plafond budgétaire ? Même pas mal
McLaren ne pourrait même pas dégainer le cost cap comme excuse pour rabattre les prétentions de son champion.
Le règlement financier FIA 2026 exclut explicitement la rémunération des pilotes de F1 du calcul des coûts soumis au plafond budgétaire. Si Zak Brown et ses dirigeants décidaient donc de signer un chèque XXL à Norris, cette somme ne viendrait pas manger directement le budget consacré au développement de la monoplace.
Cela ne rend évidemment pas 60 millions gratuits. Mais réglementairement, la porte est ouverte.
« McLaren pour toujours »… oui, mais avec le bon contrat
L’affaire prend une saveur particulière lorsque l’on ressort les déclarations faites par Norris au début de l’été. Le Britannique expliquait alors qu’il était profondément attaché à McLaren et résumait même son ambition ainsi : « être avec McLaren pour toujours ».
Il précisait également que son contrat courait encore pour « un bon nombre d’années » et qu’il ne prévoyait pas de partir prochainement. McLaren avait officiellement annoncé en janvier 2024 une prolongation pluriannuelle au-delà de 2025 sans communiquer publiquement son échéance exacte L’amour est donc toujours là. Simplement, à 60 millions par saison, il serait livré avec les options.
McLaren a désormais un problème de riche
Reste finalement la vraie question : Norris vaut-il 60 millions d’euros par an ?
Sportivement, il dispose désormais d’un argument que très peu de pilotes peuvent poser sur la table : un titre mondial. Commercialement, il est devenu l’un des visages majeurs de la F1 et représente une équipe dont il accompagne la reconstruction depuis les années difficiles jusqu’au sommet. McLaren pourrait évidemment tenter de contenir l’escalade. Mais après avoir passé des années à expliquer que Norris était l’un des piliers du projet, il devient délicat de lui expliquer soudainement qu’il doit conserver un salaire de simple locataire. Et Norris semble l’avoir parfaitement compris.
Il veut rester chez McLaren, McLaren veut probablement le garder… il reste simplement à déterminer combien coûte désormais le mot “pour toujours”.










