Nike aurait donc fini par regarder la Formule 1 et se demander : « Pourquoi tout le monde vend des baskets ici, sauf nous ? ». Le géant américain du sportswear étudierait sérieusement un retour dans la catégorie reine. Selon les informations initialement rapportées par Sports Business Journal, des représentants de Nike ont déjà échangé avec Formula One Management au sujet d’un éventuel accord commercial. Les discussions seraient encore préliminaires et aucun contrat n’a, pour l’instant, été annoncé.

Le « Swoosh » lorgne la F1, mais Puma occupe déjà le vestiaire.
Nike à Miami : officiellement spectateur, officieusement très curieux
La piste est néanmoins devenue beaucoup plus concrète au printemps. Des dirigeants de Nike auraient été présents lors du Grand Prix de Miami 2026, où des discussions avec la FOM auraient notamment porté sur un partenariat susceptible de combiner sponsoring et licences commerciales. Le format exact reste à définir. Et Miami n’était peut-être pas choisi au hasard.
La F1 y ressemble désormais parfois autant à une Fashion Week avec moteurs qu’à un simple week-end de course. Entre VIP, influenceurs, collections capsules et chaussures soigneusement choisies pour traverser le paddock, Nike n’aurait franchement pas besoin d’un tour d’installation très long. Surtout que la marque avait déjà commencé à tremper un orteil — chaussé d’une Dunk, évidemment — dans le bassin.
Cadillac avait déjà entrouvert la porte
Lors du premier Grand Prix à domicile de Cadillac à Miami cette saison, l’équipe américaine avait présenté des Nike Dunk Low inspirées de sa livrée spéciale, dans le cadre d’une opération promotionnelle autour du week-end. La F1 elle-même avait mis en avant cette initiative. Et des rumeurs de discussions entre Nike et Cadillac circulaient déjà plus tôt dans l’année, même si aucun partenariat majeur n’avait alors été officialisé.
Pour Nike, l’association serait presque trop évidente : une marque américaine mondialement connue, une équipe américaine fraîchement arrivée en F1 et un championnat qui continue de pousser très fort sur le marché des États-Unis. Il ne manque plus que Michael Jordan agitant le drapeau à damier et le département marketing pourra rentrer à la maison.
Petit problème : Puma a déjà posé ses chaussures sous la table
L’arrivée éventuelle de Nike soulève toutefois une question assez amusante : où la mettre ? Depuis 2023, Puma possède un accord pluriannuel avec la Formule 1 lui permettant de produire des vêtements, chaussures et accessoires sous licence F1. Sa filiale stichd dispose également de droits importants concernant la vente de produits dérivés sur les circuit.
Puma apparaît toujours aujourd’hui parmi les partenaires officiels de la Formule 1.
Donc si Nike arrive, il faudra probablement trouver un territoire commercial qui ne transforme pas le paddock en combat de coqs entre équipementiers. Car derrière, Adidas s’est également sérieusement installé : la marque allemande équipe Mercedes depuis 2025 et a étendu sa présence à Audi à partir de 2026.
Puma, Adidas, Castore, Tommy Hilfiger…
À ce rythme, la prochaine bataille stratégique de la F1 ne concernera plus l’undercut mais la meilleure paire de sneakers pour aller au motor-home.
Pourtant, Nike et la F1 se connaissent déjà
Ce serait surtout un retour plutôt qu’une véritable découverte. En 1996, Nike avait conclu un accord avec Michael Schumacher après son arrivée chez Ferrari. La marque avait notamment développé pour lui des chaussures de course spécifiques, une collaboration qui s’est prolongée jusqu’en 2002.
À l’époque, Nike s’associait donc au pilote qui allait devenir le symbole de la domination Ferrari. Trente ans plus tard, la stratégie pourrait être totalement différente : ne plus miser seulement sur une superstar, mais directement sur l’écosystème F1, ses millions de fans et cette frontière désormais très floue entre sport, mode et divertissement.
Et commercialement, le terrain est tentant. Liberty Media indiquait que la F1 avait généré 3,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 14 %, avec 6,75 millions de spectateurs cumulés sur les circuits et une audience live en progression de 21 %. Même en 2026, malgré un calendrier perturbé, Liberty continue de parler d’un engagement des fans et d’un élan commercial solides.
Nike arrive tard… mais certainement pas par hasard
C’est finalement le côté légèrement ironique de l’histoire. Pendant que Puma consolidait son territoire, qu’Adidas débarquait chez Mercedes puis Audi et que la F1 devenait progressivement une gigantesque vitrine lifestyle, Nike observait depuis le trottoir.
Et maintenant que le championnat ressemble autant à un marché mondial de la mode qu’à une compétition automobile, le logo Nike semble soudain trouver l’entrée du paddock particulièrement séduisante.
Rien n’est encore signé et les discussions restent exploratoires. Mais Nike a déjà remis un pied dans l’univers F1 avec Cadillac, rencontré les dirigeants du championnat et étudié les possibilités d’un accord beaucoup plus important.
La F1 voulait devenir plus jeune, plus américaine et plus lifestyle.
Mission accomplie : Nike commence maintenant à demander la pointure.










