Lewis Hamilton vient de s’offrir une Ferrari avec laquelle les relations devraient être beaucoup plus simples qu’avec sa SF-26 : une F40. Pas d’ordre d’équipe, pas de stratégie incompréhensible, pas de coéquipier à laisser passer et, surtout, aucune radio pour lui demander de patienter encore un tour.

À Maranello, Hamilton ressuscite son rêve d’enfant… pendant que la F1 chauffe.
Le septuple champion du monde a révélé ce dimanche avoir acquis et fait restaurer l’une des voitures dont il rêvait depuis son enfance. La belle dormait, selon Hamilton, depuis plus de trente ans dans un garage, recouverte de poussière. Une découverte suffisamment exceptionnelle pour que le Britannique décide de la confier directement aux spécialistes de Maranello.
Trente ans de sommeil, puis direction Maranello
Hamilton n’a pas simplement acheté une F40 déjà prête à parader devant les photographes. Les images qu’il a publiées montrent une véritable remise en état, avec la voiture démontée et prise en charge par les ingénieurs et mécaniciens Ferrari pendant plusieurs semaines
Et ce choix n’a rien d’un achat impulsif de multimillionnaire en manque de place dans son garage. Hamilton raconte que la F40 est la voiture de ses rêves depuis qu’il est enfant. Lorsqu’il avait rejoint Ferrari, il avait même tenu à en avoir une à ses côtés pour sa première journée officielle à Maranello, preuve que l’idylle ne date pas d’hier. Cette fois, ce n’était cependant plus une voiture empruntée pour la photo. Celle-ci est à lui.
Et contrairement au muret Ferrari, elle ne devrait pas lui demander de rester derrière Leclerc.
478 chevaux et zéro réunion stratégique
Il faut dire que la F40 n’est pas exactement la petite sportive sympathique que l’on achète pour aller chercher le pain. Présentée en 1987 pour célébrer les 40 ans de Ferrari, elle embarque un V8 biturbo de 2,9 litres développant 478 chevaux et pouvant atteindre officiellement 324 km/h. Ferrari la présente comme l’une des créations les plus radicales de son histoire et comme la dernière voiture de route développée sous l’ère d’Enzo Ferrari.
Pas d’hybridation, pas d’assistance électronique envahissante et très peu de concessions au confort : la philosophie consistait essentiellement à installer un énorme moteur dans une voiture légère puis à vérifier que son propriétaire savait ce qu’il faisait. Une méthode de travail presque rafraîchissante en comparaison des stratégies modernes de Formule 1.
Une belle histoire… avec un timing délicieusement Ferrari
Car l’annonce tombe à un moment assez savoureux.
Quelques jours plus tôt à Zandvoort, Hamilton fulminait derrière Charles Leclerc. Avec des pneus plus frais et davantage de rythme, le Britannique voulait que Ferrari intervienne. Leclerc est finalement resté dehors un tour supplémentaire avant de rentrer aux stands, provoquant le célèbre sarcasme de Hamilton à la radio sur le temps perdu. Il terminera finalement quatrième, devant Leclerc mais juste derrière George Russell.
Fred Vasseur a ensuite reconnu que la situation stratégique n’avait pas été particulièrement lisible, tandis que Hamilton a admis quelques jours plus tard que ses messages sarcastiques n’avaient pas montré sa meilleure facette. Bref, ambiance familiale.
Pas encore besoin d’installer une ligne blanche au milieu du garage Ferrari, mais les premières petites étincelles entre les deux pilotes et le muret sont désormais impossibles à ignorer.
La F40, thérapie de couple version Maranello
C’est précisément ce qui rend les photos de Hamilton avec son nouveau jouet assez savoureuses. Sur celles-ci, Lewis sourit devant Ferrari. La voiture ne réclame aucune priorité. Leclerc n’est pas dans le rétroviseur. Et personne ne lui annonce qu’un autre plan stratégique est en cours d’évaluation.
Après une saison où la communication interne de Ferrari a déjà suscité plusieurs interrogations, la restauration de cette F40 constitue presque une remarquable opération de réconciliation avec le Cavallino Rampante.
Mercedes avait offert à Hamilton des années de titres.
Ferrari lui offre pour l’instant quelque chose de différent : des émotions, quelques migraines… et désormais la voiture qu’il affichait probablement sur les murs de sa chambre. Avant Monza, l’image tombe à pic
L’histoire arrive surtout juste avant le Grand Prix d’Italie, où Hamilton doit retrouver les tifosi à Monza. Ferrari cherche à rebondir après Zandvoort et la question de la gestion Hamilton-Leclerc restera forcément surveillée après les hésitations du dernier Grand Prix. La F40 permet donc momentanément de remettre tout le monde d’accord.
Hamilton adore Ferrari. Ferrari vient de restaurer son rêve d’enfant. Et les supporters peuvent admirer l’un des modèles les plus mythiques de Maranello. Pour les consignes d’équipe, en revanche, aucune restauration n’a encore été annoncée.
Finalement, Hamilton possède peut-être déjà la Ferrari la plus facile à gérer de son garage : il tourne la clé, elle démarre… et personne ne lui demande d’attendre Charles Leclerc.









