F1
Publié le 13 septembre 2026 • 17:45 par Oléna Champlain

F1 – Antonelli appuie là où çà fait mal, Russel décroche et Hamilton abandonne à Madrid

Antonelli frappe à Madrid, Verstappen résiste, Russell décroche et Hamilton abandonne. Mercedes et Ferrari repartent avec des questions.

Andrea Kimi Antonelli n’a visiblement aucune intention de laisser respirer la concurrence. Une semaine après son improbable remontée victorieuse de Monza, le jeune Italien remet ça au Madring : huitième succès de la saison, deuxième victoire consécutive et désormais 81 points d’avance sur George Russell. À ce rythme-là, le championnat commence sérieusement à ressembler à une longue séance de torture pour son équipier. Et pourtant, cette fois, tout n’a pas été écrit par Antonelli.

 Antonelli s’envole, Russell décroche.

Norris avait la course… jusqu’à ce que tout bascule

Parti en pole après avoir battu Antonelli de seulement 11 millièmes samedi, Lando Norris semblait avoir fait le plus difficile. Le Britannique conserve la tête au départ tandis qu’Antonelli tente de lui mettre la pression, au point de visiter un peu trop généreusement les limites du Madring.

Puis Lance Stroll immobilise son Aston Martin et déclenche une Virtual Safety Car. Là, le scénario change brutalement.

Antonelli plonge dans les stands au moment parfait. Norris, lui, vient de manquer l’entrée des stands et doit continuer. Quand McLaren le rappelle ensuite, un arrêt laborieux vient terminer le travail : le champion du monde ressort derrière Antonelli et Max Verstappen. Le cadeau est énorme, et Mercedes ne demande évidemment pas qu’on l’emballe.

Antonelli lui-même ne s’est d’ailleurs pas raconté d’histoire après l’arrivée, reconnaissant avoir bénéficié du timing de la neutralisation et compatissant avec Norris.

Mais encore fallait-il finir le boulot.

Antonelli ne tremble plus

Charles Leclerc, décalé stratégiquement, retarde son arrêt et occupe provisoirement la première place. Derrière, Antonelli patiente. Verstappen revient. Norris revient également. La marge se resserre, mais l’Italien ne panique pas.

Lorsque Leclerc finit par s’arrêter au 49e tour, Antonelli récupère la tête et ne la lâche plus. Première course de F1 au Madring, premier nom inscrit au palmarès : Andrea Kimi Antonelli. Verstappen termine deuxième après avoir contenu Norris dans les derniers tours, tandis que Leclerc sauve la quatrième place.

Ferrari sauve la façade avec Leclerc, Hamilton finit sans freins

Chez Ferrari, on pourra toujours regarder la quatrième place de Charles Leclerc et se dire que le week-end madrilène n’a pas été complètement jeté à la poubelle. Le Monégasque, longtemps décalé stratégiquement et même leader provisoire, ramène finalement 12 points précieux avec sa P4. Ce n’est pas un podium, mais après son abandon dès le deuxième tour à Monza une semaine plus tôt, cela ressemble presque à une respiration.

Pour Lewis Hamilton, en revanche, la respiration a été beaucoup plus courte.

Quatrième sur la grille, le Britannique avait pourtant parfaitement lancé sa course. Il conserve sa position au départ, parvient même à se hisser brièvement au troisième rang devant Max Verstappen… avant que sa Ferrari ne commence littéralement à ne plus vouloir s’arrêter. Dès les premiers tours, Hamilton se plaint de ses freins, tire tout droit à plusieurs reprises puis lâche à la radio qu’il n’a pratiquement « plus de freins ». Il laisse passer Leclerc et rentre abandonner à la fin du sixième tour.

Et le week-end avait déjà coûté cher en heures supplémentaires aux mécaniciens : Hamilton avait envoyé sa SF-26 dans les barrières lors des EL3 samedi, obligeant Ferrari à reconstruire la voiture à temps pour les qualifications. Après la casse de Madrid, la Scuderia pourra donc ajouter les freins à la liste des choses à analyser sérieusement

Le contraste est cruel : Leclerc sauve une P4, Hamilton repart avec zéro point, alors qu’il abordait Madrid en troisième position du championnat et espérait encore entretenir une petite flamme dans la course au titre. Son abandon mécanique l’éloigne encore davantage d’Antonelli.

Et pour Ferrari, le constat reste le même : une voiture dans le groupe de tête ne suffit toujours pas à masquer celle qui manque à l’appel. À Monza, c’était Leclerc qui regardait la course depuis le garage. À Madrid, Hamilton lui a rendu la politesse. La Scuderia voulait de la continuité ; pour l’instant, elle pratique surtout l’alternance.

Et puis arrive George Russell. Cinquième. Encore loin de l’endroit où se trouve désormais son équipier.

Russell et Mercedes : « on en reparlera plus tard »… justement

Le contraste devient franchement difficile à masquer. Russell avait pourtant parfaitement commencé le week-end en signant le meilleur temps des EL1 devant Antonelli. Mais dès les qualifications, il glissait au sixième rang quand son équipier jouait la pole à onze millièmes près. Dimanche, rebelote : Antonelli joue la victoire, Russell bataille dans le deuxième groupe.

Mercedes l’engage sur deux arrêts. Russell ne semble pas franchement convaincu et demande même pourquoi l’équipe poursuit cette stratégie. Réponse radio particulièrement savoureuse compte tenu du contexte : « Nous discuterons de la stratégie plus tard. »

Plus tard, donc. Pendant ce temps-là, Antonelli gagne.

Russell parviendra bien à dépasser Liam Lawson et à signer plusieurs meilleurs tours en fin de course, avant de revenir dans les échappements de Leclerc. Mais le résultat reste brutal : P5 quand l’autre Mercedes gagne, et quinze nouveaux points abandonnés à son rival direct.

Après Madrid, le tableau affiche désormais 292 points pour Antonelli contre 211 pour Russell. L’écart, qui était encore de 66 unités avant le départ, grimpe à 81.

Et c’est probablement là que ça commence réellement à faire mal.

Le problème Russell n’est pas son contrat, mais la hiérarchie

Attention toutefois à ne pas mélanger les dossiers. L’avenir contractuel de Russell n’est pas officiellement en train de s’effondrer : Toto Wolff a affirmé cet été vouloir conserver Antonelli et Russell, et le Britannique a lui-même indiqué disposer d’un accord pluriannuel devant le maintenir chez Mercedes en 2027.

Le flou est ailleurs. Il concerne désormais la hiérarchie sportive.

Mercedes avait commencé la saison avec deux prétendants au titre. Aujourd’hui, elle possède surtout un leader qui empile les victoires et un équipier qui voit son retard enfler. À Zandvoort déjà, Russell avait reçu l’ordre de laisser passer Antonelli en fin de course. À Monza, l’Italien l’avait encore battu après être parti 19e. À Madrid, il vient d’en remettre une couche.

Antonelli n’a même plus besoin d’enfoncer le clou très fort. Il pose le marteau dessus et le championnat fait le reste.

Classement du GP d’Espagne – Madring

  1. Kimi Antonelli – Mercedes
  2. Max Verstappen – Red Bull
  3. Lando Norris – McLaren
  4. Charles Leclerc – Ferrari
  5. George Russell – Mercedes
  6. Liam Lawson – Red Bull
  7. Franco Colapinto – Alpine
  8. Oscar Piastri – McLaren
  9. Arvid Lindblad – Racing Bulls
  10. Nico Hülkenberg – Audi