La conférence au terme du Grand Prix MotoGP de Saint-marin et de la Riviera de Rimini a accueilli à Misano Marc Marquez (Ducati Lenovo Team), Alex Marquez (BK8 Gresini Racing MotoGP) et Pedro Acosta (Red Bull KTM Factory Racing) pour leur débriefing devant les journalistes.
Après son week-end parfait en Aragon, Marc Marquez en a aligné un autre au bord de l’Adriatique avec sa 7e victoires en MotoGP à Misano : en 2015, 2017, 2019, 2021/2 (Grand Prix d’Émilie-Romagne), 2024/1 (Grand Prix de Saint-Marin), 2025 et 2026.
Cela lui permet de prendre la tête du championnat, à égalité de points avec Jorge Martin … et de quasi monopoliser toutes les questions des journalistes lors de cette conférence de presse.
Comme à notre habitude, nous reportons ici en intégralité ses paroles sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’anglais.
🎤 Bien, mesdames et messieurs, bienvenue à la
conférence de presse d’après Grand Prix, ce dimanche, au terme d’un
Grand Prix Red Bull de Saint-Marin et de la Riviera de Rimini
particulièrement mouvementé, ici au Misano World Circuit Marco
Simoncelli.
Félicitations à notre trio de tête, pour un podium 100 %
espagnol, emmené par le nouveau leader du Championnat du Monde
MotoGP, le pilote du Ducati Lenovo Team Marc Marquez.
Marc signe un nouveau doublé après celui réalisé en Aragon,
avec sa septième victoire en MotoGP ici à Saint-Marin.
Une fantastique deuxième place pour un autre Marquez, Alex
Marquez, pilote du BK8 Gresini Racing MotoGP. Alex s’élançait
seulement de la neuvième place sur la troisième ligne de la
grille.
Et pour compléter le podium, une nouvelle performance
fantastique, phénoménale, du pilote Red Bull KTM Factory Racing
Pedro Acosta.
Messieurs, tout d’abord, félicitations. Bravo à tous les
trois !
🎤 Marc, septième victoire en
MotoGP ici à Misano. Il y a sept manches, en Italie, vous
aviez quitté le Mugello avec 102 points de retard au Championnat du
Monde. Après cette septième victoire ici aujourd’hui à Saint-Marin,
vous êtes désormais leader du Championnat du Monde. Comment
avez-vous réussi à renverser la situation, et comment s’est déroulé
ce week-end pour vous ?
Marc Márquez
: « Parfait !
Je veux dire, bien sûr, ça a été un très bon week-end. J’étais
rapide, évidemment, mais j’ai bien géré les moments où il fallait
pousser et l’effort à fournir. Et ça a été crucial pour me sentir
bien aujourd’hui, dimanche, et bien piloter.
C’est vrai que l’erreur de Marco a beaucoup aidé. La course aurait
été différente parce que je pense qu’il roulait vraiment très bien
aujourd’hui. Dès le premier tour, il volait déjà, mais bon… nous
avons simplement donné notre maximum.
C’est vrai que l’attaque de Jorge m’a surpris, parce que je ne m’y
attendais pas. Mais ensuite, je suis resté calme et j’ai géré le
risque.
Je savais qu’Alex… enfin, j’ai vu qu’Alex revenait très fort. Mais
j’ai essayé d’attaquer comme je l’avais fait hier avec Marco.
Quand il se rapprochait, j’attaquais, puis j’essayais de maintenir
un rythme constant. »
🎤 Tout au long du week-end, vendredi puis samedi,
et très probablement encore aujourd’hui, on avait le sentiment que
nous allions assister à une bataille entre Marc et
Bezzecchi. Cela n’a finalement pas eu lieu : une erreur
coûteuse, cruciale pour Bezzecchi, qui a chuté au virage 13 alors
qu’il menait la course dès le premier tour.
Marc, vous étiez juste derrière lui. Nous savons que vous
êtes tous, à chaque tour et dans chaque virage, constamment à la
limite. Qu’avez-vous vu de la chute de Marco ?
« Je ne vais pas entrer dans les détails concernant sa chute, parce
que nous roulons à la limite.
J’ai énormément de respect pour le niveau qu’il a montré ce
week-end.
Mais j’ai simplement essayé de faire mon travail et de prendre les
37 points. »
🎤 Sur le podium, pendant que retentissait l’hymne
national espagnol, on vous a vu vous parler discrètement à
vous-même. Vous sembliez également assez ému, Marc.
Vous avez désormais clairement mis une vraie pression en
prenant la tête du Championnat du Monde pour la première fois cette
saison. Qu’est-ce que vous vous disiez à ce moment-là ? Et comment
pensez-vous que Jorge Martín et Marco Bezzecchi vont réagir
maintenant que vous êtes de nouveau leader du championnat
?
« Je dois être fort et convaincu que ce que je fais,
je le fais bien. Cela ne veut pas dire que tout ce que je fais est
parfait.
Mais, par exemple, parfois c’est difficile, comme aujourd’hui au
Warm Up, de rester dans le box et de ne sortir que lorsqu’il reste
cinq minutes.
Mais je dois continuer à faire ce que je crois être le mieux pour
moi, ce qui me permet d’être le plus performant possible en
qualifications, dans le Sprint et dans la course principale. »
🎤 Au Mugello, j’étais derrière vous le jeudi lors
de l’événement Ducati 100. Vous boitiez, vous boitiez
beaucoup.
Mais vous alliez plus vite que moi. Et je me suis dit :
« ce gars a une énorme volonté. Il n’est pas ici
seulement pour les sponsors ou les fans. Il est ici pour jouer le
championnat ».
Sept Grands Prix plus tard, vous êtes en tête du
championnat. Donc j’ai deux questions. Tout d’abord, au
Mugello, pensiez-vous : « À Misano, je serai devant tout le
monde » ? Et la deuxième : quel est votre plan maintenant
jusqu’à la fin ?
« J’ai décidé de rouler au Mugello parce que, si j’avais la moindre
possibilité, je ressentais cet engagement envers l’équipe, mais
aussi envers les sponsors et envers les gens.
Donc oui, je veux dire, j’étais prêt à rouler, même si je n’étais
pas à 100 %. Mais c’était aussi la manière de me préparer si je
voulais avoir une chance de gagner des courses.
Je ne pensais pas au championnat parce que ce n’était pas entre mes
mains. C’est vrai que mes adversaires m’ont fait un cadeau. Et
quand j’ai goûté à ce cadeau, il était doux.
Donc j’essaie maintenant de tirer le maximum de mon style de
pilotage, de ma moto et de mon équipe. »
🎤 À l’heure actuelle, 28 courses. Pour vous, 11
victoires. Pour Martin et Bezzecchi, 4. Pensez-vous que ces
chiffres en disent plus que le classement ?
« Pour moi, le plus important, c’est que je me sens libre. La
victoire en Aragon m’a donné un boost. Ce qui s’est passé la
semaine suivante m’a donné de la confiance, ou m’a permis de
retrouver le bon état d’esprit.
Et maintenant, je me sens libre. Avec ce que j’ai, je vais donner
100 %. Je vais essayer de tirer le maximum de chaque week-end.
Nous pouvons faire des erreurs, bien sûr. Nous sommes humains.
Mais, comme je l’ai dit, j’ai confiance en moi. »
🎤 Ce circuit est assez exigeant en
carburant. Et certains autres pilotes se sont également
plaints d’avoir eu des problèmes. Pouvez-vous nous dire si vous
avez rencontré le moindre souci, ou si vous avez dû garder cela à
l’esprit afin de gérer aussi la consommation de carburant
?
« Non, aucun problème. »
🎤 Quand vous avez attaqué Martin, vous saviez
qu’Alex revenait vite. Vous saviez qu’il allait lui aussi
dépasser Jorge, donc qu’il allait vous aider au niveau des points
au championnat. Est-ce que le moment de votre attaque était calculé
?
« Non, parce qu’au final, j’ai simplement essayé de
donner 100 %, d’essayer de prendre les 25 points.
Et quand j’ai vu qu’Alex revenait, j’ai essayé de pousser, mais
sans dépasser les limites, parce que dans le pire des cas, si Alex
me dépassait, 25 points pour lui et 20 pour moi, ce n’était pas
mauvais.
Mais le bon côté, c’est que j’ai été capable de prendre les 25
points et de bien contrôler cet écart, comme je l’avais fait hier
avec Bezzecchi. »
🎤 Qu’est-ce que cela vous fait de voir six pilotes
espagnols devant les Italiens ici, chez eux ? Et l’année prochaine,
cinq des six pilotes Ducati seront espagnols…
« C’est
une conséquence de ce que nous avons vu ces dernières années dans
les petites catégories. Acosta, et d’autres pilotes espagnols comme
Maximo Quiles, arrivent. Donc au final, c’est une conséquence.
C’est vrai que si vous regardez le JuniorGP, on voit qu’il y a
davantage de nationalités, donc cela arrivera dans le futur.
Mais maintenant, pour l’année prochaine, les plus grands pilotes
espagnols, ou les pilotes les plus forts, courent sous le drapeau
espagnol. Donc au final, les équipes prennent les meilleurs
pilotes, ceux qui sont les plus performants. »
🎤 Marc, dans le passé, ce Grand Prix n’a pas
toujours été l’environnement le plus facile pour
vous. Avez-vous le sentiment que la réaction du public est un
peu plus douce cette fois-ci ? Avez-vous l’impression que tout ce
qui vous entoure est un peu plus reconnaissant envers vous et
envers ce que vous faites ?
« Oui, je me sens
bien. Je viens souvent ici en Italie pour Ducati. J’étais ici
il y a deux mois pour la World Ducati Week. Et ce week-end, je me
suis bien senti avec les tifosi.
Donc oui, au final, je respecte ce dont nous avons besoin dans le
monde de la moto : qu’ils soutiennent les pilotes italiens et que
chacun soutienne son pilote ou son héros.
Mais ensuite, nous nous respectons les uns les autres. »
🎤 Marc, vous venez de dire : « Maintenant, je
me sens libre et je me sens confiant. »
Quand vous êtes-vous senti confiant en vous-même pour la
dernière fois ? Et y a-t-il eu un moment cette année où vous vous
êtes dit : « OK, peut-être que je doute de moi »
?
« Je veux dire, l’année dernière, je me sentais
confiant et fort. Donc c’était une très bonne combinaison. Mais
cette année, évidemment, quand vous avez quelques doutes, c’est
plus difficile.
Quand je dis confiant… j’ai toujours cru en moi, mais parfois c’est
difficile de prendre certaines décisions. Comme en FP1, ne pas
beaucoup pousser.
Au Warm Up, ne pas faire beaucoup de tours. Donc ce genre de
choses, parce que les autres roulent et vous, vous voulez rouler
parce que vous vous dites : “Je perds du temps ici.” Mais au final,
je dois aborder les week-ends de course d’une manière
différente.
Parfois, en les abordant de cette façon, je serai le plus rapide.
Parfois, les autres seront plus rapides que moi. Mais j’essaie
toujours de trouver mon maximum. »
🎤 Vous avez dit que la victoire en Aragon vous
avait apporté du calme, ou de la tranquillité. Plus que la victoire
en Hongrie ? Laquelle a été la plus importante ?
Parce que vous reveniez tout juste après l’opération, mais
peut-être que la situation de votre… n’était encore pas très
claire. Donc laquelle a été la plus importante de ce point de vue :
la victoire en Hongrie ou celle en Aragon ?
« La Hongrie ! Parce qu’elle m’a donné la possibilité de rester en
vie dans le championnat.
Mais chaque victoire est importante. Sur le plan mental, en
revanche, chacune vous affecte d’une manière ou d’une autre.
Donc la victoire au Balaton Park était la première de la saison…
non ? Oui ? Je ne sais pas. Après l’opération, c’était la première
de la saison, et c’était fait. »
🎤 Et que pensez-vous de la victoire de Maximo
Quiles aujourd’hui ? Après le dernier virage, pensiez-vous qu’il
était encore possible pour lui de gagner ?
« Aujourd’hui, Maximo a roulé à un niveau incroyable. Pour
moi, c’était sa meilleure course de l’année.
Parce qu’en rythme, pendant les essais, il était une demi-seconde
plus lent. Et il a été capable de les rattraper et de très bien
préparer le dernier virage.
Nous lui avons dit que la troisième place était suffisante. Parce
que nous savions qu’Almansa et Uriarte étaient très rapides. Mais
Maximo a énormément de talent.
Il fera des erreurs, comme tout le monde. Mais il doit garder les
pieds sur terre et continuer à travailler. »
🎤 J’aimerais savoir si, et
comment, vous travaillez mentalement. Est-ce que vous entraînez
votre cerveau ?
« Non, je n’entraîne pas mon cerveau,
mais j’essaie de contrôler les situations.
Parfois, quand vous avez la lumière, vous devez mettre la lumière
là où vous voulez. Si vous voulez que la lumière éclaire le côté
droit, mettez la lumière sur le côté droit. »
🎤 Concernant l’émotion d’un doublé
1-2 des frères Marquez, est-ce que vous ressentez la même chose que
la première fois, ou est-ce moins particulier maintenant ? Je sais
que vous l’avez déjà fait plusieurs fois…
« La
première fois était la meilleure. En Thaïlande. Celle-là était
incroyable.
Mais Alex méritait cette performance , parce qu’après sa blessure
en Catalogne, il a encore quelques problèmes. Mais il travaille
extrêmement dur. Il le mérite, et il va gagner des courses à partir
de maintenant. »


Résultats du Grand Prix MotoGP de Saint-Marin à Misano :


Crédit classement : MotoGP.com
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