F1
Publié le 20 septembre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Alonso mijote un retour au WEC : vraie recette ou nouvelle rumeur aux petits oignons ?

Fernando Alonso pourrait quitter la F1 fin 2026 pour rejoindre Aston Martin en WEC. Projet crédible ou rumeur réchauffée ?

À intervalles réguliers, le même plat revient sur la table : Fernando Alonso pourrait quitter la Formule 1 pour retrouver le Championnat du monde d’endurance. Cette fois, la rumeur fixe même une date et lui choisit une voiture. L’Espagnol envisagerait de rejoindre dès 2027 le programme Hypercar d’Aston Martin, au volant de la spectaculaire Valkyrie. Alors, tient-on enfin la bonne information ou le paddock nous fait-il encore mariner aux petits oignons ?

Alonso : la piste Aston Martin reprend de la saveur.

La piste ne sort pas de nulle part. Alonso arrive au terme de son engagement actuel comme titulaire en Formule 1 et n’a toujours pas confirmé ce qu’il fera en 2027. À bientôt 46 ans, il reste compétitif, affamé et manifestement allergique au mot « retraite ». Mais sa patience dépend aussi de la capacité d’Aston Martin à lui fournir une monoplace capable de viser autre chose que quelques points arrachés à la pince.

Selon GPblog, le double champion du monde étudierait donc un passage en WEC si son aventure en F1 s’achevait au terme de la saison 2026. Il retrouverait alors un championnat qu’il connaît parfaitement, cette fois sous les couleurs de la marque avec laquelle il a choisi de terminer son parcours en Formule 1.

Une rumeur ancienne qui refuse de refroidir

Ce possible transfert vers l’endurance n’est pas une invention apparue au fond d’un fil d’actualité. Dès septembre 2024, Alonso avait lui-même ouvert la porte au programme Valkyrie d’Aston Martin.

« Le programme Valkyrie pour Le Mans prend forme. Qui sait ? Peut-être en 2027, 2028 ou 2029. »

L’Espagnol avait également assuré que, même après son départ de la Formule 1, il resterait lié au projet Aston Martin « d’une manière ou d’une autre »

Le millésime 2027 n’a donc pas été tiré d’un chapeau. Alonso l’avait lui-même cité. Deux ans plus tard, l’incertitude entourant son avenir en F1 redonne naturellement de la consistance à cette hypothèse.

Mais entre une possibilité publiquement évoquée et un contrat signé, il existe encore quelques kilomètres de ligne droite. À ce jour, Aston Martin n’a annoncé ni recrutement, ni essai, ni programme officiel associant Alonso à la Valkyrie pour la saison prochaine.

La prudence reste donc de mise : le plat sent bon, mais personne n’a encore vu le bon de commande.

Aston Martin, le lien qui rend l’histoire crédible

Sur le plan sportif et commercial, l’association paraît presque trop parfaite. Alonso appartient déjà à la famille Aston Martin, connaît les principaux dirigeants du projet et pourrait offrir au programme Hypercar une exposition mondiale immédiate. Son arrivée permettrait aussi de relier les deux grandes aventures sportives de la marque : la Formule 1 et l’endurance. Pour Lawrence Stroll, rarement réfractaire aux opérations spectaculaires, placer un double champion du monde dans la Valkyrie constituerait un formidable coup de communication.

Mais ce ne serait pas uniquement une affaire d’affiches et de produits dérivés. Alonso possède une expérience considérable de l’endurance et sait parfaitement gérer le trafic, la consommation, les relais nocturnes et les changements de rythme qui rendent les 24 Heures du Mans si particulières.

À la différence de nombreuses vedettes de la F1 attirées par Le Mans à la fin de leur carrière, l’Espagnol n’aurait pas besoin d’un long mode d’emploi. Il a déjà vécu la victoire, la fatigue, la pression et les longues nuits sarthoises. Il arriverait avec son palmarès, mais aussi avec une connaissance concrète de la discipline.

Alonso et Le Mans, une histoire déjà couronnée

Fernando Alonso a disputé le WEC avec Toyota lors de la « Super Saison » 2018-2019. L’expérience fut autrement plus fructueuse que certaines de ses campagnes en Formule 1 : deux victoires consécutives aux 24 Heures du Mans, en 2018 et 2019, ainsi qu’un titre mondial d’endurance.

Il partageait alors la Toyota TS050 Hybrid avec Sébastien Buemi et Kazuki Nakajima. L’équipage avait rapidement imposé sa maîtrise, permettant à Alonso d’ajouter Le Mans à son imposant palmarès et de poursuivre son rêve de Triple Couronne.

L’Espagnol a également remporté les 24 Heures de Daytona et s’est essayé aux 500 Miles d’Indianapolis ainsi qu’au Dakar. Cette curiosité sportive n’est donc pas une posture destinée à meubler les conférences de presse. Alonso aime réellement sortir de la Formule 1, apprendre de nouvelles disciplines et s’attaquer à des défis que beaucoup de pilotes préfèrent regarder depuis leur canapé. Il l’a récemment rappelé en évoquant les enseignements tirés de ses participations à Le Mans, Daytona, Indianapolis et au Dakar. Même après un début de saison 2026 qualifié de « choc » avec Aston Martin, il continue de présenter ces expériences comme essentielles dans sa manière d’aborder la compétition.

Une Valkyrie qui commence à montrer les crocs

Lors de ses débuts, l’Aston Martin Valkyrie Hypercar ne s’est pas immédiatement installée parmi les références de la catégorie. Le programme mené avec The Heart of Racing a dû apprendre, fiabiliser la voiture et comprendre une machine atypique face à Ferrari, Toyota, Porsche, Cadillac ou BMW. La Valkyrie possède toutefois un argument que ses rivales ne peuvent pas imiter : son moteur V12 atmosphérique. Dans un plateau dominé par les motorisations hybrides et turbocompressées, elle joue une partition à part, sonore, spectaculaire et délicieusement déraisonnable. Surtout, le projet progresse. Aux 6 Heures du Circuit des Amériques 2026, la Valkyrie numéro 007 a terminé quatrième, à seulement neuf secondes de la victoire. Le site officiel du WEC a souligné la satisfaction d’Aston Martin après cette prestation, preuve que la voiture commence à dépasser le stade du joli prototype bruyant venu compléter la grille.

Pour Alonso, rejoindre ce programme en 2027 ne signifierait donc pas nécessairement participer à une tournée d’adieu. Il pourrait réellement contribuer au développement d’une Hypercar en pleine progression et viser une troisième victoire au Mans avec un deuxième constructeur.

La F1 n’a pourtant pas encore perdu la partie

Le scénario WEC dépend d’abord d’une décision majeure : Alonso quittera-t-il réellement la Formule 1 à la fin de 2026 ? Son contrat de pilote arrive à son terme, mais Aston Martin aimerait le conserver. Adrian Newey a publiquement exprimé l’espoir que les évolutions apportées à la voiture convainquent l’Espagnol de poursuivre en 2027. Le technicien britannique considère son expérience et ses qualités de développement comme particulièrement précieuses pour une équipe encore en construction. Mike Krack a également estimé qu’Alonso était encore « trop rapide » pour prendre sa retraite. Le pilote, de son côté, affirme toujours se sentir motivé et compétitif, sans avoir arrêté définitivement son choix.

La porte de la F1 n’est donc pas fermée. Elle grince, elle hésite et Alonso garde la main sur la poignée. L’Espagnol a d’ailleurs expliqué que son avenir ne dépendrait pas seulement du classement d’Aston Martin, mais aussi du plaisir procuré par les futures monoplaces et de la qualité des courses offertes par le règlement 2027.

« Je dois réfléchir au meilleur programme pour l’année prochaine et en discuter avec l’équipe. »

Cette formulation laisse toutes les options ouvertes : prolonger comme titulaire en F1, rester auprès de l’écurie dans une autre fonction ou transférer son casque vers le programme d’endurance.

Le Mans comme porte de sortie idéale

Si Alonso renonce finalement à prolonger en Formule 1, le WEC constituerait une transition presque naturelle. Il pourrait rester pilote officiel Aston Martin, continuer à disputer des courses de très haut niveau et viser des victoires au classement général sans subir le rythme de 24 Grands Prix par saison.

Le calendrier d’endurance, plus léger, lui laisserait également la possibilité d’envisager d’autres aventures. À condition, évidemment, que son appétit lui permette de choisir entre Le Mans, Daytona, le Dakar ou une nouvelle tentative à Indianapolis. Avec Alonso, le problème n’est jamais de trouver une compétition : c’est de réussir à toutes les faire entrer dans l’agenda.

Son arrivée donnerait aussi un supplément d’âme au programme Valkyrie. Voir le V12 britannique s’élancer dans les Hunaudières avec Alonso au volant aurait tout du mariage parfaitement scénarisé : une marque historique, une voiture spectaculaire et un champion cherchant une dernière grande conquête.

Crédible, mais encore loin d’être signé

Cette nouvelle rumeur possède donc de solides fondations. Alonso a déjà cité 2027 comme une échéance possible pour rejoindre la Valkyrie. Son contrat de pilote F1 arrive à son terme. Aston Martin dispose désormais d’un programme Hypercar crédible et le double vainqueur du Mans demeure officiellement lié à la marque.

Tous les ingrédients sont réunis. Il manque seulement l’essentiel : une confirmation.

Pour l’instant, rien ne permet d’affirmer qu’Alonso a décidé d’arrêter la Formule 1 ni qu’un baquet lui est réservé en WEC. L’hypothèse est cohérente, séduisante et probablement discutée en interne, mais elle reste une hypothèse.

Alors, cette fois sera-t-elle la bonne ? Peut-être. Mais avec Fernando Alonso, dont l’avenir alimente les gazettes depuis près de vingt ans, mieux vaut attendre avant de sortir le champagne.

Le WEC chauffe déjà la casserole, Aston Martin prépare la Valkyrie et Alonso observe la cuisson. Quant au public, il continue de mariner aux petits oignons en attendant que l’Espagnol daigne enfin soulever le couvercle.