Le Grand Prix d’Autriche MotoGP est un rendez-vous incontournable du calendrier. Depuis sa réintroduction en 2016, il y a dix ans de cela, on y a multiplié les courses, notamment pendant la période du Covid-19. On retient de nombreux moments mémorables, de la première victoire de la Ducati Desmosedici à la sauce Dall’Igna jusqu’au couronnement de Pedro Acosta, en passant par une explication légendaire entre Oliveira, Pol Espargaro et Miller. Mais, pourquoi y avait-il si peu de monde le week-end passé ?
Un problème récurrent
Cela fait plusieurs mois que je constate ce phénomène. Les gradins peinent à se remplir en MotoGP, c’est un fait. C’était déjà le cas au Balaton Park, un circuit oubliable qui ne sera plus au calendrier en 2027, mais également à Silverstone. Jusqu’ici, rien d’anormal. Mais à Misano, il y a quinze jours, ça m’a alerté. Sur l’un des tracés les plus populaires du Vieux Continent, certaines tribunes étaient clairsemées. Bon, on va dire que ça n’avait rien de choquant. Mais là, au Red Bull Ring, la situation était d’une tout autre ampleur.

De ce qu’on dit de nombreux observateurs sur place, c’était vide. Il n’y avait personne, ou presque. Les premiers signes alarmants ont été rapportés par l’immense journaliste Mat Oxley, preuves photo à l’appui sur X, anciennement Twitter. Je vous mettrai un exemple ci-dessous. Lors des jours de course, je n’ai vu que des tribunes très peu remplies, et certaines, comme à Silverstone, totalement fermées au public pour concentrer la foule aux endroits stratégiques. Franchement, ça faisait peur.
This area near Red Bull Ring is usually rammed with tents, camper vans etc 😟😟 #MotoGP pic.twitter.com/N1e9x3vrO6
— Mat Oxley (@matoxley) September 18, 2026
Chercher des raisons extrinsèques est inutile
Alors, comme en Grande-Bretagne, on peut essayer de trouver pourquoi c’est ainsi. Mais aucune explication ne me convainc réellement. Bien sûr, on pense tout de suite au coût de la vie, au regard de la situation économique dans laquelle est plongée l’Europe. Sauf que les prix étaient sensiblement les mêmes qu’en 2024 et 2025, et que l’Autriche reste l’un des GP les plus abordables du monde. Dans la même veine, on pourrait évoquer le prix de l’essence, car la situation est très tendue, je ne vous apprends rien. D’accord, ça pourrait être un facteur… si le Grand Prix d’Autriche de Formule 1, organisé au même endroit, ne réunissait pas trois fois plus de monde, pour des tarifs bien plus élevés !
En plus, la situation géographique de Spielberg devrait jouer en sa faveur : l’Autriche est un carrefour au centre de l’Europe, qui permet aux Allemands, aux Italiens et aux Suisses d’avoir un Grand Prix de plus à proximité. Certes, sa suprématie dans cette région du monde a peut-être été amoindrie depuis le retour de Brno, mais tout de même, ça n’était pas comme ça les années précédentes.
Franchement, ça me fait un peu peur, car c’est un phénomène que je constate bien plus régulièrement qu’avant. Hormis Le Mans, qui semble attirer de plus en plus de monde, beaucoup de rendez-vous souffrent de ce manque d’enthousiasme.

Faut-il remettre en question la place de l’Autriche en MotoGP ?
Nul doute que le MotoGP est au courant pour l’Autriche. Mais, d’après moi, il ne faut pas que ça se traduise par une modification « de surface », comme le changer de place au calendrier. C’est le combat que mènent les instances avec Silverstone. Au lieu de se pencher sur le produit MotoGP, dont j’ai déjà parlé dans cet article, les décisionnaires s’obstinent en le déplaçant, tantôt plus tôt, tantôt plus tard, à faire des spectacles sur place, à organiser des visionnages de courses à Londres, etc. Pour moi, c’est un problème de fond. Si le MotoGP veut un jour égaler la popularité de la F1 – sans la copier –, ça ne passera pas par un maquillage, aussi habile soit-il, mais par un changement profond, et sans doute un rétropédalage sur un certain nombre de paramètres.
Je suis curieux de savoir si vous avez vu la même chose que moi en Autriche, pour le Grand Prix MotoGP. Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Photo de couverture : Michelin Motorsport








