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Marc Márquez est le pilote MotoGP le mieux payé au monde, et il a renouvelé son contrat pour 4 ans au sein de l’équipe qui lui a permis de rejoindre la catégorie reine, la HRC. Selon les sources, son salaire est estimé entre 12 et 16 millions d’euros par an, et bien que les chiffres concernant les salaires des pilotes puissent être extrêmement inexacts, il existe des indices suggérant que ce chiffre n’est pas loin de la réalité. La HRC donnerait aux pilotes une augmentation automatique de 2 millions d’euros par an pour remporter le championnat, de sorte que les cinq titres MotoGP de Márquez cumuleraient en théorie 10 millions d’euros depuis son entrée dans la catégorie reine. Et cela s’ajoute au salaire de base qu’il a négocié, et à tout revenu supplémentaire qu’il pourrait avoir avec ses sponsors.

Mais pour la HRC, il en vaut la peine. Mieux, il le mérite. Sans Márquez, l’armoire des trophées de championnat de Honda aurait été désespérément vide. Au cours des six saisons au cours desquelles Márquez a remporté le titre MotoGP, le second pilote Honda a terminé respectivement troisième, quatrième, sixième, quatrième, septième puis dix-neuvième. Exception faite de 2019 et de l’épisode Lorenzo, pour une usine qui se considère comme le summum de la moto, ne pas gagner de championnats n’est pas une option. La vague de sécheresse entre le titre de Nicky Hayden en 2006 et celui obtenu par Casey Stoner en 2011 reste un souvenir douloureux pour Honda.

Un pilote très demandé

La HRC savait donc qu’ils devaient garder Marc Márquez. Et pas seulement le garder, mais l’empêcher de passer à la concurrence. Ducati a montré un intérêt pour Márquez, et après la tentative avortée avec Valentino Rossi et la seule tentative réussie une fois qu’il était trop tard avec Jorge Lorenzo, l’usine italienne aurait pu être prête à effectuer une troisième manche, en donnant beaucoup d’argent à une superstar pour tenter de remporter enfin le titre qui leur a échappé jusqu’à présent.

Ensuite, il y avait KTM. Márquez est un athlète Red Bull depuis 2009, lorsqu’il a piloté une KTM dans la catégorie 125cc. La KTM RC16 progresse clairement en termes de compétitivité, et est philosophiquement très proche de la Honda RC213V. Red Bull rapporte déjà beaucoup d’argent à KTM pour le MotoGP, et les poches des deux marques autrichiennes seraient effectivement sans fond si elles pensaient pouvoir signer Márquez. Et avec Dani Pedrosa en tant que pilote d’essai, ils ont quelqu’un avec une connaissance intime de la capacité de Márquez sur une moto.

Bref, si Marc Márquez avait voulu quitter Honda, il aurait eu le choix, et la mise en concurrence favorise la négociation, en faveur du pilote.

Un contrat gagnant-gagnant

Honda aura donc eu peu de marge de manœuvre quant à la négociation financière avec Márquez afin de le garder. Ils lui ont déjà donné un minimum de contrôle au sein du projet, modifiant leur politique habituelle de rotation des ingénieurs du programme MotoGP tous les trois ans, un changement effectué à la demande de Márquez. Et pourtant, les japonais ont des méthodes très rigoureuses, et ne sont pas les plus malléables à faire changer d’avis. Mais ils écoutent et considèrent leur pilote phare à sa juste valeur.

L’influence de Márquez au sein de Honda ne peut être sous-estimée. Parlez à tous ceux qui ont des relations avec la HRC, et ils vous diront la même chose : Marc a beaucoup d’influence sur Honda.

Cette influence s’est renforcée lorsque Márquez est arrivé à Motegi en étant déjà sacré champion du Monde de MotoGP 2019, 4 courses avant la fin du championnat. Ce titre, son sixième à titre personnel mais aussi pour le constructeur Honda en sept ans, était évidemment un excellent point de départ pour les négociations contractuelles qui ont suivies.

Tout travail mérite salaire

Combien a pu demander Márquez ? Et surtout jusqu’à combien Honda aurait pu mettre sur la table ? Un montant supplémentaire de 2 millions d’euros le porterait entre 14 et 18 millions d’euros. En a-t-il demandé plus ? 20 millions d’euros ? 25 millions d’euros ? Si vous étiez Honda, le paieriez-vous ?

Bien sûr que vous le feriez, compte tenu des antécédents de Márquez. Tout le monde négocie son salaire selon ses expériences passées, et personne ne souhaite voir une diminution de son salaire. Mais ici, on parle de plusieurs millions d’euros, et cela pose un problème différent. Le salaire de Márquez commence à devenir une part substantielle du budget MotoGP du HRC. Bien qu’aucun chiffre ne soit jamais rendu public, une supposition éclairée serait que la HRC dépense entre 70 et 80 millions d’euros en MotoGP, sur la base des chiffres dépensés par d’autres usines. Le salaire de Márquez se rapproche du quart du budget MotoGP du HRC. S’il obtient une bonne augmentation, elle pourrait être plus proche d’un tiers.

Cela, comme toute personne ayant une connaissance même rudimentaire de la comptabilité peut le voir, est un vrai problème. Plus le HRC dépense d’argent sur le salaire de Márquez, plus il faut rogner dans tous les autres domaines sur lesquels Honda doit dépenser. Donnez à Márquez un autre million, et c’est une grosse partie du budget de l’aérodynamique. Donnez-lui deux millions, et vous commencez à grignoter des fonds qui pourraient autrement être dépensés pour le développement du châssis et à remédier au manque de sensation de l’avant dont les autres pilotes Honda se plaignent.

Une question d’équilibre

Est-ce à dire que Márquez aurait dû tempérer ses exigences salariales ? Si les salaires des pilotes suivent les forces du marché, les compétences uniques de Márquez sont presque inestimables. Il peut demander le salaire qu’il veut et quelqu’un le paiera certainement.

Le risque est de se couper l’herbe sous le pied. S’il demandait à être payé 25 millions d’euros par la HRC, ils seraient obligés de le payer. Mais à moins que la HRC ne puisse extraire plus d’argent du siège social de Honda, ils seraient inévitablement obligés de trouver des secteurs où diminuer le budget. Et une demande salariale suffisamment importante commencerait inéluctablement à réduire le budget de R&D. Aucune source n’est intarissable, encore moins en période de coronavirus.

Moins d’argent pour le développement signifie moins de modifications apportées dans le but d’améliorer la Honda RC213V. Et moins de développement signifie qu’une moto qui est actuellement réputée difficile à piloter restera difficile à piloter. Bien sûr, Marc Márquez a mené le championnat 2019, mais si la Ducati GP20 fait un pas en avant, si Yamaha trouve plus de puissance pour la M1, et si la Suzuki fait un autre pas en avant en 2020, alors Márquez serait confronté à un défi beaucoup plus difficile cette année. Et encore plus difficile en 2021. Finalement, ses exigences salariales pourraient finir par lui coûter un titre. Seul l’avenir nous le dira…

Marc Márquez est clairement un phénomène et continuera d’accumuler les victoires et les titres. Il est actuellement le moyen le plus rapide pour Honda de remporter le titre MotoGP. Mais Márquez n’est pas bon marché. C’est peut-être ce que l’on peut appeler un bon problème, mais cela reste toujours un problème. Et chaque problème a sa solution !

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