pub

Une fois n’est pas coutume, la dernière manche de la saison 2023 de MotoGP qui vient de se tenir sur le circuit de Misano Adriatico fut loin des attentes en matière de spectacle.

Certes, des résultats plus qu’intéressants sont à noter pour certains protagonistes, à commencer par Jorge Martin qui réalise l’exploit : pole position, vainqueur de la course Sprint et victorieux en GP avec, pour couronner le tout, le record absolu du circuit. Difficile de faire mieux ! Sans pour autant vouloir minimiser leurs résultats, il faut reconnaître que les performances de Francesco Bagnaia – actuel leader du championnat – et Marco Bezzecchi (l’autre principal challenger) étaient en demi-teinte du fait de leur accident de la semaine passée en Catalogne. D’ailleurs, c’est à eux ainsi qu’à Dani Pedrosa que l’on doit les principaux rebondissements constatés en course.
Derrière, c’était le désert.

Enea Bastianini ? Absent pour cause de blessure. Son remplaçant Michele Pirro aura, en dépit de tous ses efforts, chuté prématurément dimanche.

Luca Marini ? Une fois encore, des courses sans embûche mais sans exploit.

Johann Zarco ? Une qualification désastreuse pour une 10e place finale dimanche dont ce dernier se satisfera malgré tout, faute de pouvoir faire mieux.

Chez Ducati Gresini, Alex Marquez fut plutôt à la traîne et Fabio Di Giannantonio absent des débats.

Au sein de la dynastie KTM, les fortunes furent plutôt diverses. Dani Pedrosa est celui qui brilla sans conteste, assurant la 4e place des qualifications, la 4e place de la course sprint et la 4e place de la course longue. Remarquable pour le prodige espagnol et totalement digne de son rang, lui qui ne déçût jamais en tant que pilote « actif » avec 3 titres de champion du monde en 125 et 250, puis triple vice-champion du monde en catégorie reine. Sa retraite sportive date de 2018, le bonhomme a 38 ans mais ce week-end il courut et performa comme s’il n’avait jamais arrêté. Chapeau bas.

Brad Binder, plus en retrait sur la grille, s’est illustré lors de la Sprint en assurant le show par son agressivité en piste, effectuant des dépassements osés mais payants avec une 5e place finale. Le lendemain en revanche, alors que tout le monde le voyait en possible challenger du grandissime favori Jorge Martin, le Sud-Africain partit à la faute pour ne jamais recoller au peloton de tête. Ballot.

Jack Miller pour sa part, et sans doute perturbé par les rumeurs le voulant désormais sur un siège éjectable pour laisser sa place à Pedro Acosta, n’aura rien fait ce week-end. D’autant plus gênant lorsqu’il s’agit de sauver la face auprès de son employeur.

Chez GasGas, Pol Espargaro et Augusto Fernandez auront également réalisé des performances en demi-teinte, Pol plus que son coéquipier d’ailleurs tant il aura chuté. Exception faite de Brad Binder confirmé jusqu’en 2026, ce sont finalement les 3 pilotes nantis d’un contrat 2024 qui sont des fusibles potentiels. Difficile à gérer pour KTM et une pression supplémentaire pour les pilotes concernés…

Chez Honda, on ne change pas une équipe qui perd : tout le monde derrière ou par terre, exception faite de Marc Marquez qui une fois n’est pas coutume cette saison avec la RC213V enregistrera une place honorable dimanche en… 7e position ! Ce n’est pas la panacée mais presque une victoire au regard des errements techniques de la marque ailée.

Les pilotes Yamaha confirment quant à eux leur manque de foi dans les capacités intrinsèques de la M1, avec un Fabio Quartararo en perpétuelle proie au doute et des performances qui s’en ressentent (13e sur la grille, en Sprint et lors de la course). Espérons qu’il n’est pas superstitieux…

Franco Morbidelli ? De retour aux abonnés absents. Heureusement pour lui que la VR46 assure son avenir en 2024 car son CV est définitivement bien maigre cette année.

Aprilia, malgré une machine moins à son aise sur le tracé san marinais, verra enfin le réveil plus que bienvenu de Raul Fernandez, 12e en qualifications, 11e en Sprint et 8e lors du GP. Miraculeux ! Il était non seulement temps pour lui mais, surtout, plus qu’urgent pour la suite. Il aura la charge de confirmer absolument lors des prochaines épreuves.

Miguel Oliveira, leader de la formation RNF, continue son bon travail avec des performances honnêtes dimanche en décrochant la 6e place.

Au sein du team Usine, Aleix Espargaro n’aura pas eu le feeling escompté ce week-end, comme il le pressentait. Maverick Vinales en revanche, plutôt à son aise sur ce tracé, confirmera par de bonnes qualifications, une sixième place en Sprint et un Top 5 lors de la course longue.

Tout ceci était très bien mais trop lissé et, de fait, délicieusement soporifique. Seul le mercato 2024 et les valses hésitations de Marc Marquez nous auront tiré d’une certaine torpeur.

Espérons que les joutes à venir sur le nouveau tracé indien auront plus de panache… si elles ont lieu.

 

Tous les articles sur les Pilotes : Jorge Martin

Tous les articles sur les Teams : Pramac Racing