pub

La saison 2019-2020 du Championnat du Monde d’endurance commence ce mardi et ce mercredi dans le Var avec les essais du Bol d’Or, afin de préparer la célèbre épreuve qui aura lieu les 21 et 22 septembre prochains.

Champion du Monde en titre avec Erwan Nigon et David Checa sur la SRC Kawasaki de Gilles Stafler, Jérémy Guarnoni est prêt à donner le maximum pour tenter avec ses coéquipiers de réaliser la passe de deux.

Jérémy, comment se présentent ces tests pré-Bol ?

« Plutôt bien, je pense. On ne sait jamais trop à quoi s’attendre, mais vu les résultats qu’on a eu dernièrement, on peut se calibrer sur notre présence de l’année dernière au Bol où on avait été très performants. On aurait gagné la course assez largement si on n’avait pas eu de problème technique à la fin. La moto fonctionne bien là-bas, l’équipe est rodée, rien n’a changé par rapport à l’an dernier, donc il n’y a que de bons signes. »

Qu’est-ce qui change sur le plan technique par rapport à la saison dernière ?

« Depuis quelques temps, on essaie avec Gilles (Stafler) de trouver une solution pour l’électronique, parce que pour le moment on roule avec un kit Kawasaki standard, et ce n’est quand même pas ultra-performant par rapport à certaines équipes comme le SERT ou FCC qui roulent de temps en temps avec du Magneti Marelli. C’est le principal point à améliorer sur notre moto. »

« Ça a été en pourparlers pour essayer d’avoir une évolution. Je ne sais pas si Gilles a pu trouver une solution pour les pré-Bol ou pas parce que c’est aussi une question de budget car l’électronique est un des éléments les plus chers de la moto. S’il y a une évolution, ce sera certainement celle-là en priorité parce que le reste de la moto fonctionne très bien et l’équipe aussi. »

Les quatre constructeurs japonais sont très présents en EWC, BMW arrive avec une équipe officielle et Paolo Ciabatti a annoncé que Ducati confierait une Panigale V4R à une équipe allemande. Que penses-tu du développement positif de l’EWC ?

« Je trouve que c’est top ! Depuis qu’Eurosport Events s’est chargé de récupérer l’endurance, ça fonctionne plutôt quand même vraiment bien. Quand tu as un beau Championnat avec de la bagarre où tout se joue à la dernière course, forcément ça intéresse les constructeurs, les bons pilotes et les spectateurs. Je pense qu’au niveau des retombées on est vraiment en pleine progression. Il est donc logique que tous les constructeurs s’intéressent à l’endurance. »

Tu avais remporté le Bol en 2013 avec Loris Baz et tu vas le retrouver face à toi sur la Yam du YART au Castellet. Ça te réjouit ?

« Il est juste à côté de moi maintenant, je ne peux pas dire de conneries ! (rire). C’est cool, ça prouve que vu qu’il y a de belles courses en endurance, ça incite les équipes à prendre des pilotes de gros calibre. »

« Loris a intérêt de revenir au Bol parce qu’il sait qu’il va certainement se régaler, et ça ce n’est que du positif pour tout le monde. Pour le Championnat du Monde, c’est génial. »

Tu te rappelleras longtemps je pense des dernières 8 H de Suzuka. Vous n’étiez par certains d’y aller, en fin de course la Suzuki casse et met de l’huile partout, Johnny Rea leader chute, et Yamaha est déclaré vainqueur. Puis la victoire et le titre mondiaux seront attribués au KRT et à SRC Kawasaki. Ça a dû être très fort sur le plan émotionnel. Comment l’as-tu vécu ?

« Ça a été vraiment un toboggan émotionnel. Ce fut très compliqué car pour nous c’était presque mort. On a tout donné. On n’a pas eu de chance en début de course avec le Safety Car. Beaucoup de gens ont parlé de la chance qu’on a eu que notre adversaire casse son moteur, mais par contre peu de gens ont parlé de la malchance qu’on a eu avec les Safety Cars pendant toute la saison. A chaque fois qu’il y a eu un Safety Car, on a perdu un demi-tour, voire un tour complet. »

« Ça a été exactement le cas à Suzuka. Il n’y a eu qu’un seul Safety Car pendant la course… et on a perdu un tour ! Or si on rajoutait un tour à notre moto, on était juste derrière le SERT. Donc ça a été assez compliqué à gérer mais il y a une justice (rire) et le SERT a cassé. »

« Bien sûr, j’aurais préféré qu’il n’y ait aucune casse. C’est toujours plus sympa à la régulière, d’être maître de son destin. Mais c’est comme ça, nous on n’a pas eu trop de chance en Slovaquie où on a cassé un moteur. »

« A Suzuka c’était assez impressionnant. Ça a été dommage qu’ils n’aient pas su gérer le résultat au niveau du podium général, parce que ça a gâché un peu la fête pour Kawasaki. On a dû attendre longtemps. Ça a été mal géré. Je sais que c’était une situation compliquée, et on a mis du temps à réaliser. »

Biel Roda, un des deux patrons du KRT, a déclaré sur notre site à la question de savoir s’il disputerait l’intégralité du Championnat du Monde d’endurance « Non, nous ne le ferons pas. Je pense que nos collègues français de SRC Kawasaki font beaucoup mieux que nous. » Après, en privé, il m’a dit « ce sont des gens biens ! J’ai un grand respect pour eux. » Ça te fait plaisir ?

« Oui, ça me fait plaisir. Je n’étais pas du tout au courant qu’il avait dit ça. Les frères Biel et Guim Roda sont des gens très intelligents, qui savent très bien que l’endurance est complètement à part. »

« Ils ont eu une bonne expérience à Suzuka, mais savent très bien qu’ils ne peuvent pas gérer le KRT en Superbike et faire de l’endurance en même temps. Ils savent que c’est trop de travail de faire les deux. Donc pour l’instant la solution, c’est Gilles et ça se passe plutôt bien. »

« Nous on aimerait bien un peu plus de soutien de Kawasaki Europe et de Kawasaki Japon parce qu’il ne faut pas oublier que pour l’endurance c’est Kawasaki France qui paie tout, sans aucun support de l’Europe et du Japon. Alors que FCC Honda et Suzuki ont des aides du Japon. »

« Si Kawa nous aidait un petit peu plus au niveau technique (sans même parler d’argent), avec quelques pièces – et en particulier l’électronique – ça nous ferait faire un grand pas vers l’avant. »

 

Photos © Kawasaki