F1
Publié le 31 octobre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Mercedes : même voiture, mais Antonelli et Russell n’ont pas les mêmes boutons !

Les volants de Russell et Antonelli présentent des différences de réglages. Plongée dans les personnalisations techniques de Mercedes.

Chez Mercedes, George Russell et Kimi Antonelli disposent de monoplaces répondant aux mêmes règles techniques. Mais lorsqu’on regarde leurs volants de plus près, une évidence apparaît : les deux pilotes n’ont pas exactement la même manière de commander leur voiture.

Mercedes : Deux pilotes, deux tableaux de bord

L’observation comparative des volants de la W17 révèle plusieurs différences dans la disposition des commandes, leurs couleurs et leurs fonctions. Certaines molettes sont inversées, tandis que plusieurs boutons occupent des emplacements différents. Un détail qui peut sembler anodin au premier regard.

Mais à plus de 300 km/h, lorsque les pilotes doivent modifier leurs réglages tout en négociant un virage, l’ergonomie devient un élément essentiel de la performance.

Et manifestement, chez Mercedes, chacun préfère ranger ses affaires à sa manière.

Le freinage, une affaire de préférences

La différence la plus visible concerne deux commandes particulièrement importantes : BBAL et BMIG. La première permet d’ajuster la répartition du freinage, tandis que la seconde intervient dans la gestion du comportement du système de freinage. Sur le volant d’Antonelli, la molette BMIG se trouve à gauche de l’écran central, tandis que BBAL occupe la partie droite. Chez Russell, c’est l’inverse.

Cette organisation ne modifie pas nécessairement les capacités techniques de la monoplace. Elle traduit surtout les préférences de chaque pilote concernant l’accessibilité des commandes. Car les pilotes de Formule 1 ne se contentent pas de freiner et d’accélérer. Ils adaptent continuellement le comportement de leur voiture aux conditions de piste, à l’évolution des pneumatiques et à leur consommation d’énergie. La répartition du freinage peut notamment être ajustée en fonction du type de virage ou du niveau d’adhérence. Une modification qui demande parfois une simple rotation de molette.

Encore faut-il pouvoir trouver celle-ci immédiatement.

Une ergonomie adaptée au pilote

Le volant d’une Formule 1 constitue un véritable centre de contrôle. Il regroupe des dizaines de fonctionnalités, depuis les communications radio jusqu’aux réglages du groupe propulseur, en passant par la gestion énergétique et les différentes procédures de course. Chaque pilote développe donc ses propres automatismes. Certains privilégient des commandes directement accessibles avec le pouce. D’autres préfèrent utiliser une molette située à proximité de l’index. La taille des mains, la position des doigts et les habitudes acquises au fil des saisons influencent également les choix.

Mercedes adapte ainsi l’implantation de certaines commandes aux préférences de ses pilotes. La disposition des palettes d’embrayage et des commandes de changement de rapport peut elle aussi être ajustée pour faciliter leur manipulation. Ces modifications prennent toute leur importance lorsque le pilote doit effectuer plusieurs opérations successives sans quitter la piste des yeux. Dans un cockpit soumis aux vibrations et aux fortes accélérations, la précision de chaque geste compte. Le confort d’utilisation devient alors une nécessité plutôt qu’un luxe.

Des couleurs pour éviter les mauvaises surprises

Les volants de Russell et Antonelli présentent également des différences visuelles. Les molettes centrales et certains boutons possèdent des couleurs distinctes. Une personnalisation qui ne répond pas uniquement à des considérations esthétiques. Les couleurs constituent des repères permettant d’identifier rapidement les fonctions. En pleine course, un pilote doit pouvoir retrouver une commande presque instinctivement.

Mercedes utilise également des configurations de menus adaptées à chaque conducteur. Les paramètres affichés sur l’écran central et les fonctions associées aux sélecteurs peuvent ainsi varier. Russell conserve une organisation inspirée des générations précédentes de volants Mercedes. Antonelli, de son côté, a introduit plusieurs ajustements personnels. L’Italien utilise notamment des codes de couleur rappelant son drapeau national sur certaines molettes. Une petite touche personnelle dans un environnement dominé par les données, la fibre de carbone et les procédures électroniques.

Antonelli personnalise, Russell conserve ses habitudes

Ces différences reflètent également les parcours des deux hommes.

George Russell évolue chez Mercedes depuis plusieurs saisons. Il connaît parfaitement le fonctionnement de ses commandes et a développé des habitudes particulièrement solides. Modifier profondément son volant pourrait donc perturber des automatismes acquis au fil des années.

Kimi Antonelli possède une expérience plus récente de la Formule 1. Son arrivée dans l’équipe lui a permis d’adapter certaines commandes à ses propres préférences.

Mercedes ne cherche donc pas à imposer une organisation parfaitement identique à ses deux pilotes. Elle privilégie une interface capable de répondre aux besoins de chacun. Une approche logique dans une discipline où le moindre détail peut influencer la concentration et la rapidité d’exécution. Car le meilleur volant n’est pas nécessairement celui qui possède le plus de boutons.

C’est surtout celui dont le pilote connaît parfaitement les fonctions.

La complexité grandissante des monoplaces

Avec la réglementation 2026, la gestion des systèmes embarqués occupe une place toujours plus importante. Les pilotes doivent surveiller la récupération d’énergie, son déploiement et les paramètres du groupe propulseur hybride. Les décisions prises sur le volant peuvent influencer directement la vitesse disponible sur certaines portions du circuit. À cela s’ajoutent les réglages habituels du freinage, les communications avec le stand et la gestion des différentes procédures.

Le volant devient donc l’interface entre le pilote et une machine toujours plus sophistiquée.

Cette complexité explique pourquoi les équipes investissent autant dans son ergonomie. Une commande mal placée peut ralentir une manipulation. Une fonction difficile à identifier peut provoquer une erreur. Et une mauvaise sélection peut avoir des conséquences immédiates sur les performances.

La mésaventure récemment vécue par Isack Hadjar à Austin, avec une cartographie moteur inadaptée après son arrêt, rappelle d’ailleurs combien ces procédures restent sensibles. Même si cet incident ne concernait pas directement l’ergonomie de son volant, il illustre l’importance des commandes et de leur bonne utilisation.

La performance jusque dans les doigts

La comparaison des volants Mercedes permet finalement de découvrir une dimension rarement visible de la Formule 1. Derrière des monoplaces extérieurement presque identiques se cachent des aménagements conçus pour répondre aux préférences individuelles.

Russell et Antonelli partagent les mêmes ambitions, les mêmes ingénieurs et une base technique commune. Mais leurs commandes ne racontent pas exactement la même histoire. Le Britannique s’appuie sur des automatismes éprouvés. L’Italien développe progressivement les siens. Deux approches qui témoignent d’une même recherche d’efficacité.

En Formule 1, on personnalise les sièges, les pédales, les réglages et même la position des doigts sur le volant.

Chez Mercedes, Russell et Antonelli conduisent donc la même voiture, mais chacun possède son propre mode d’emploi.

Heureusement, personne n’a encore eu l’idée de leur demander d’échanger leurs volants en pleine course.

 

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