Vainqueur de 5 Grands Prix, Randy a terminé troisième du Championnat du Monde 250 cm3 en 2004, puis quatrième l’année suivante. Il est ensuite monté deux fois sur le podium en MotoGP, deuxième du Grand Prix du Japon en 2007 sur Kawasaki, puis troisième à Donington en 2009 sur Honda LCR. En endurance, il se classa en 2016 2e du Bol d’Or avec le Team SRC Kawasaki avec Grégory Leblanc et Fabien Foret, puis en 2017 3e des 24H du Mans avec le record de la nouvelle piste du Bugatti qui lui valait la pole position, en compagnie de Matthieu Ginès et Fabien Foret. Il finissait également 3e des 8H de Suzuka cette même année avec le Team FCC sur Honda, avec Dominique Aegerter et Josh Hook. Il a également participé au développement de la KTM RC 16 de MotoGP.

Cette année, Randy repart en quelque sorte à zéro, en s’engageant en Championnat du Monde MotoE avec l’équipe LCR de Lucio Cecchinello, en endurance dans un nouveau team (sous réserve, à confirmer), tout en assurant désormais les commentaires des GP en tant que consultant pour Canal Plus (à confirmer officiellement également), après l’avoir fait pendant des années pour Eurosport. Des contacts avancés laisseraient envisager que Randy officiera également en tant qu’essayeur chez KTM l’an prochain (là aussi, il faudra attendre la fin de la période des Fêtes pour avoir une confirmation officielle).

Randy, pourquoi as-tu choisi de participer au Championnat du Monde MotoE ?

« Tout d’abord j’aime toujours faire de la moto, comme tu peux le voir avec les courses d’endurance, les tests MotoGP, toutes ces choses-là. La moto électrique est une discipline nouvelle, intégrée aux Grands Prix. J’y viens aussi parce que Lucio Cecchinello me l’a proposé. J’ai couru cinq ans chez lui, où j’ai eu quasiment mes meilleurs souvenirs en Grand Prix.

« Je me suis donc dit que ça pouvait être intéressant de participer à une nouvelle expérience dès le début. Je pense qu’on va avoir pas mal de travail et aussi de petites surprises. Voilà pourquoi j’ai voulu rentrer dans ce championnat. Et surtout comme chacun des vingt pilotes va avoir une moto identique à celles des autres, je pense qu’on va bien rigoler ! »

Alex de Angelis, qui va courir pour Pramac, a proposé deux pilotes par ligne sur la grille de départ au lieu de trois car les machines sont très lourdes, donc le freinage délicat dans le premier virage. Qu’en penses-tu ?

« C’est vrai que l’on discute de la sécurité au niveau de ce premier virage. On a pensé à espacer les lignes de la grille de départ encore un petit peu plus. Mais qu’est-ce que cela signifierait dans les faits ? Que les pilotes sur les lignes 2, 3, 4 et 5 jusqu’à la dernière vont prendre encore plus de risques pour rattraper leur retard !

« Donc à la fin je ne sais pas s’il y a une réelle solution au niveau du premier virage, si ce n’est qu’il va falloir qu’on soit un peu plus attentifs et raisonnables, afin de ne pas prendre de risques inutiles.

« Après, la moto ne va pas arriver à 300 à l’heure dans le premier virage ! Une MotoE va arriver 20 à 30 km/h moins vite qu’une MotoGP dans la première courbe. Donc d’accord, le poids risque d’être un problème, mais maintenant la vitesse à laquelle la moto va arriver, ce n’est pas 250 km/h dans le premier virage après le départ. Mais effectivement ce sujet a été mis sur la table. »

Pour cette première année, le plateau est hétéroclite, avec des pilotes très variés. Est-ce une bonne chose ?

« Oui, c’est très bien car c’est la première année et je pense qu’il va y avoir des surprises. Ce sont des motos qui se pilotent différemment de tout ce sur quoi tout le monde a pu rouler jusqu’ici. Le poids de la machine me rappelle un peu la moto d’endurance au niveau de la maniabilité. Pour la mise sur l’angle, il faut être assez coulé. Le vainqueur du Championnat peut être une surprise. »

Comment vois-tu l’avenir des courses de motos électriques ?

« D’abord, ce qui est important est que ça a été introduit au sein des Grands Prix, ce qui signifie que Dorna a envie de s’en occuper. Contrairement à la F1 et la Formula E en automobile, en moto il n’y a pas de concurrence entre deux organisateurs. Là ça va marcher ensemble.

« Le but est de voir comment ça va se passer. Dorna aura toutes les clés en main, ayant tout mis en place en tant que précurseur. Ensuite je pense que dans trois ou quatre ans, les places vont être de plus en plus chères pour rouler dans cette catégorie. »

La MotoE va être ton sixième Championnat du Monde différent (même si techniquement la MotoE est une Coupe du Monde), après les GP 125, 250 et MotoGP, la Superbike et l’endurance, ce qui est une sorte de record. Qu’espères-tu de ton 253e Grand Prix, à Jerez en mai prochain ?

« J’espère me faire plaisir, et bien sûr on part pour gagner. Donc on va tout faire pour y parvenir. Après, les essais se sont bien déroulés, mais comme je te l’ai dit il peut y avoir de grosses surprises sur ce genre de machines. C’est pour ça qu’il faut y aller humblement, comme je l’ai fait en endurance, et puis ça va le faire ! »

Photos © Michelin, motogp.com / Dorna, Sebas Romero pour KTM (Ci-dessus : Dovi, Stoner et Randy au GP du Portugal 2005 en 250 cm3)

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