Alors qu’Andrea Dovizioso fait beaucoup parler de lui avec sa fracture de la clavicule, son compatriote Marco Bezzecchi avait ouvert la rubrique chirurgie en se cassant auparavant l’astragale du pied gauche. Il devrait toutefois être prêt sans problème pour le Grand Prix d’Espagne le 19 juillet et le Grand Prix d’Andalousie le 26, sur le Circuit de Jerez – Ángel Nieto. Son objectif y sera d’améliorer sa douzième place obtenue au Qatar sur une des deux Kalex du Sky Racing Team VR46.

Brillant vainqueur des GP d’Argentine, d’Autriche et du Japon en 2018, Bezzecchi terminait troisième du Championnat du Monde Moto3, derrière Jorge Martin et Fabio di Giannantonio, mais devant Enea Bastianini et Lorenzo Dalla Porta. 2019 semblait donc très prometteur, mais le manque de compétitivité des KTM Moto2 en début de saison fut un obstacle insurmontable, et il dut se contenter de la 23e place avec 17 points. La main tendue par l’équipe de Valentino Rossi pour 2020 fut donc très appréciée par Marco, qui confirma son talent en se classant septième des qualifications à Losail.

« L’année dernière, j’ai lutté mais il n’y a pas eu de résultats, j’ai aussi eu beaucoup de malchance. Je ne blâme pas KTM, Binder a gagné avec cette moto » a expliqué Bezzecchi à Mateo Aglio de GPOne.com.

« Je m’attendais à ce que la transition de la Moto3 à la Moto2 soit difficile, mais pas à ce qu’il me faille autant de temps pour m’y habituer. Je n’étais pas très content de moi, ça m’a pris trop de temps, mais j’ai quand même réussi à m’adapter. Je me sentais rapide, mais il y a eu quelques épisodes malheureux : certains m’ont fait chuter, j’ai chuté tout seul, la moto a cassé. Cependant, j’aurais pu être très compétitif. »

Quel effet cela a-t-il eu sur vous de voir les pilotes avec lesquels vous vous battiez en Moto3 en 2018, comme Bastianini et di Giannantonio, être plus compétitifs ?

« C’est la chose qui m’a créé le plus de difficultés, car jusqu’à l’année précédente je me battais pour la victoire avec eux et je me suis retrouvé battu par eux. Mais les choses se sont améliorées à la fin et quand je suis rentré dans l’équipe Sky, avec la Kalex, j’ai été le plus rapide lors des tests de Jerez*. »

*Résultats des tests de Jerez :

1.M. Bezzecchi (Kalex Sky Racing Team VR46) 1: 41.410 (77 tours)

2.X. Vierge (Kalex Petronas) 1: 41.721 (67)

3.A. Canet (Speed Up Aspar) 1: 41.752 (49)

4.J. Navarro (Speed Up) 1: 41.830 (75)

5.N. Bulega (Kalex Gresini) 1: 41.903 (81)

6.F. Di Giannantonio (Speed Up) 1: 41.913 (49)

7.L. Marini (Kalex Sky Racing Team VR46) 1: 42.010 (76)

Même Bagnaia, après avoir remporté le titre en Moto2, a eu du mal à s’imposer lors de sa première année en MotoGP.

« Il y a des pilotes qui s’adaptent plus vite, comme Quartararo, d’autres plus lentement, comme moi et Pecco. L’important, c’est de ne pas abandonner et de sortir des moments difficiles. Maintenant, je veux affronter cette saison sereinement, mais il est important de se fixer des objectifs. Le premier, pour moi, sera d’être en forme à Jerez, le deuxième sera de me battre pour les 5 premières places de la course, le troisième de me battre pour le podium et ensuite la victoire (rires). »

Avez-vous déjà hâte d’aller en MotoGP le plus tôt possible ?

« Non, j’aime la Moto2, alors pourquoi m’en priver ? J’aimerai certainement plus la MotoGP, mais tant que je ne l’aurai pas essayée, je ne saurai pas. Je ne veux pas être pressé de sauter le pas, je préfère arriver prêt. Si je dois attendre encore un an, alors je le ferai. »

« Le passage à la MotoGP est crucial pour la carrière d’un pilote. C’est un train qui ne passe qu’une fois. Plutôt que d’aller dans une équipe qui ne me convainc pas, je préfère attendre. C’est une question de temps. »

Que pensez-vous du calendrier ?

« Dans l’urgence, un bon travail a été fait. Il y a des doubles courses mais sur des pistes que j’aime. Je suis content et je suis d’accord avec ça, même si je sais que ce sera stressant; c’est un calendrier très intense, avec toutes les courses rapprochées, sans aucune chance de rentrer chez soi, ce sera une année difficile… ou plutôt un semestre. »

De nombreux pilotes apprécient peu la double course sur le même circuit.

« Il me semble que c’est une excellente solution et je ne pense pas qu’il y ait de réelles alternatives. En tout cas, ça me plaît, il y a des circuits que vous aimez et vous n’y faites qu’une seule course, vous aimeriez y retourner et nous avons la chance de pouvoir le faire cette fois-ci. »

Devrez-vous aborder ce championnat d’une manière différente ?

« Physiquement, nous sommes bien préparés, mentalement, ce sera plus difficile. Avec de nombreuses courses rapprochées, ne pouvant pas nous arrêter entre deux courses, ce sera plus difficile. Ce sera cool de se tester ainsi, mais je ne pense pas que les valeurs sur la piste vont changer. »

Avec Luca Marini

Photos © Sky Racing Team VR46



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