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Publié le 13 octobre 2026 • 12:00 par André Lecondé

Moto3 2028 : Liberty Media promet des coûts divisés par deux, les équipes redoutent une facture multipliée par trois !

Yamaha promet des Moto3 moins chères, mais les équipes dénoncent les coûts de transition et leur déplacement hors des garages permanents.

Moto3

En 2028, le Moto3 abandonnera ses monocylindres de 250 cc pour des bicylindres Yamaha de 689 cc. Objectif annoncé : réduire de moitié les dépenses matérielles des équipes. Mais derrière cette révolution technique se cache une équation beaucoup moins séduisante. Certains responsables de structures prédisent une explosion des coûts lors de la transition, tandis que le fournisseur unique pourrait bouleverser tout l’écosystème économique de la catégorie.

Une moto presque trois fois plus grosse en cylindrée, deux fois plus de cylindres et une facture divisée par deux. Sur le papier, la révolution Moto3 de 2028 ressemble à une excellente affaire. Le promoteur du championnat mise sur Yamaha et son architecture bicylindre CP2 de 689 cc pour remplacer les prototypes monocylindres actuels de Honda et KTM.

Le nouvel ensemble devrait développer environ 95 chevaux, contre 60 à 65 aujourd’hui, pour un poids visé de 120 kg. Mais c’est surtout le prix qui constitue l’argument commercial.

80 000 € au lieu de 160 000 € : la promesse du Moto3

Selon les estimations présentées, les dépenses matérielles pourraient passer d’environ 160 000 à 80 000 € par pilote et par saison, hors pièces de rechange. Le châssis roulant Yamaha serait facturé autour de 50 000 €, contre environ 100 000 € pour les machines actuellement proposées par Honda et KTM. Cette réduction s’appuierait notamment sur l’utilisation d’une architecture moteur dérivée de la grande série.

Malgré ses origines communes avec les Yamaha R7 et MT-07, le futur moteur Moto3 recevra tout de même des composants spécifiques à la compétition, un embrayage à sec et une transmission dédiée. Un véritable prototype, donc, mais construit autour d’une base industrielle moins coûteuse. L’accord de fourniture exclusive courrait de 2028 à 2033.

Les équipes découvrent une autre addition

Seulement voilà : les calculs du promoteur ne correspondent pas nécessairement à ceux des équipes. Un propriétaire de structure interrogé par GPOne prévoit même une première saison Yamaha trois fois plus coûteuse que les dernières campagnes disputées avec Honda ou KTM.

Pourquoi une telle différence ? Parce que les équipes devront renouveler leur matériel. Pour deux pilotes, certaines anticipent l’achat de trois motos complètes, auxquelles s’ajouteront les pièces détachées indispensables. Les structures qui exploitaient jusque-là des machines déjà amorties ne bénéficieront donc pas immédiatement des économies promises.

Autre difficulté : la disparition possible de certains partenariats techniques. Avec un fournisseur unique imposant son propre catalogue, les équipes pourraient perdre des équipementiers qui contribuaient auparavant à leur budget. Une moto moins chère à produire ne signifie pas automatiquement une saison moins chère à financer.

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Honda et KTM : un patrimoine bientôt dévalué

La transition menace également la valeur résiduelle des Moto3 actuelles. Les machines Honda et KTM risquent d’affluer sur un marché de l’occasion déjà limité. Leur exploitation pourrait se poursuivre temporairement dans les championnats juniors, mais pour combien de temps ?

À partir de 2029, le JuniorGP Moto3 devrait lui aussi adopter une version moins performante de la nouvelle Yamaha. Difficile, dans ces conditions, de trouver des acheteurs prêts à investir dans des prototypes condamnés à une obsolescence réglementaire rapide.

Pour les équipes, la réforme représente donc à la fois un nouvel investissement et une dépréciation de leurs actifs existants.

Et maintenant, les petites catégories quittent les box

L’autre révolution concerne l’organisation du paddock. À partir de 2028, les garages permanents de la voie des stands devraient être réservés au MotoGP et à ses fournisseurs techniques. Moto2 et Moto3 seraient transférés dans des installations mobiles, parfois éloignées du cœur du paddock.

L’IRTA aurait proposé des unités de 48 m², mesurant quatre mètres sur douze. Au-delà des contraintes pratiques, le symbole est puissant. Alors que les jeunes pilotes sont censés constituer l’avenir du championnat, leurs équipes pourraient se retrouver physiquement séparées de la catégorie reine. Le MotoGP gagne en exclusivité. Ses catégories de formation perdent en visibilité.

La réforme Moto3 pourrait effectivement réduire les coûts à long terme. Mais elle commence par demander aux équipes d’investir davantage, de renoncer à certains partenaires et de quitter les garages permanents. Liberty Media promet une catégorie plus accessible. Reste à savoir combien de structures auront les moyens de franchir la porte d’entrée.

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