Ceux qui ont suivi les qualifications Moto3 du Grand Prix d’Italie au Mugello n’ont pas pu manquer la scène incroyable des deux pilotes du team SIC58 Squadra Corse de Paolo Simoncelli prenant la piste alors que celle-ci n’était pas encore ouverte, comme en témoignait le drapeau rouge agité frénétiquement par un commissaire de piste.

Cet “exploit” a valu a Niccolò Antonelli et Tatsuki Suzuki d’être sanctionnés en annulant leur meilleur tour en qualification et en leur infligeant une (petite) amende. Cela n’a pas empêché les deux titulaires de l’équipe italienne de finir respectivement 4e et 8e du Grand Prix à domicile de leur team, et sans doute est-ce cela qui explique la mesure et l’humour dont fait preuve le papa du regretté Marco sur son site.

Paolo Simoncelli : « Mes soupçons étaient fondés et j’en ai eu la confirmation ici au Mugello : Mes pilotes sont daltoniens, il n’y a pas d’autre explication puisqu’ils sont passés au feu rouge. Le fait que nous aimons nous compliquer la vie à nous-mêmes est maintenant un fait, et la preuve en est les tests officiels de samedi, lorsque l’homme qui agite le drapeau s’est précipité devant eux, en vain… Dans le carénage et gaz à fond ! Le résultat fut qu’Antonelli était parti en 18ème position et Suzuki en 9ème. Passer au rouge est une transgression tellement absurde et rare qu’il n’y a pas de sanction réelle prévue. Une pénalité a été infligée à Valentino il y a quelques années, alors que, pour une raison étrange, il était parti avant l’heure.

Je me suis mis en colère, mais pas comme j’aurais pu le faire parce qu’il se trouve que ce jour-là, j’étais heureux. Le matin, Tatsuki m’avait fait un beau cadeau. Son casque spécial nous a fait sourire car notre Japo-Riccionese ne fait pas de casque spécial pour  son GP à domicile au Japon, mais pour les Italiens au Mugello. Sur le casque, il y a une caricature de moi dessinée par le designer Aldo Drudi qui me dépeint en colère, ce qui consiste pour moi à élever le ton de la voix de dix décibels (déjà probablement à un bon niveau) et à poser la question : « Tu comprends ?? ».

La morale de cette histoire est que si vous voulez m’apaiser, vous devez me donner un casque. La réalité, c’est que je ne me suis peut-être pas fâché plus que nécessaire parce que je connais leur niveau d’état mental en ce moment, ils sont forts, l’équipe est très forte et nous sommes psychologiquement prêts. Nous pouvons rester en tête, tenir les rênes de la course et mener le jeu. J’ai certainement eu un moment d’incertitude quand Tatsu a essayé de me rassurer avec un accent romagnolien : « Paolo pense à moi ! ».
« Alors tout va bien ! » ai-je pensé.

Les courses au Mugello sont imprévisibles, cependant, à un moment vous êtes 1° et celui d’après 10°. L’un des rares à ne pas le savoir a été Tatsuki qui, avant de terminer en 8ème position une course menée de manière superbe, entre freinages et dépassements à couteaux tirés, a eu la brillante idée de sortir de la dernière courbe de l’avant-dernier tour en faisant profiter aux autres de son sillage. Mais même ça, c’est une expérience.

Antonelli a également été très bon avec une remontée digne d’éloges, loin d’être inattendue. Il a même été 23ème au virage 8 du premier tour sur mon conseil de partir en douceur. A partir de la 23ème position, il s’est rattrapé en prenant la tête du groupe au 17ème tour, puis il s’est montré un peu agressif avec un autre pilote et a terminé à la 4ème place. Mais ce sont les courses, si vous ne voulez pas faire ce sport, allez faire du shopping. Mais nous sommes heureux qu’il ait encore rogné des points importants au classement sur Canet.

Nous quittons déjà le Mugello avec l’esprit tourné vers le Pata Negra et les courbes du circuit hispanique, avec la conscience de pouvoir faire plus. Nous sommes 3ème au classement par équipes et, avec Antonelli, à treize points du haut du classement des pilotes.
Je veux aussi dédier une pensée à Tony Arbolino qui a fait une belle course. Le Mugello a toujours été sa piste et bien que nos vies se soient séparées depuis un certain temps et que nous soyons des adversaires, je ne peux pas oublier tout le chemin parcouru ensemble.

-PaoloSic58-

 

 

Tous les articles sur les Pilotes : Niccolo Antonelli, Tatsuki Suzuki

Tous les articles sur les Teams : SIC58 Squadra Corse