Mécontent de son pilote au terme du Grand Prix d’Espagne il y a 15 jours, le team manager de la SIC58 Squadra Corse a fait une mise au point qui a servi avec une victoire à la clé la semaine dernière.

Paolo Simoncelli a vécu deux fins de Grands Prix bien différentes à Jerez avec un Tatsuki Suzuki qui l’a fait passer par toutes les émotions. Si le Japonais enchaîne les pole positions depuis le lancement de la saison (trois en trois courses, avec le Qatar), il n’était pas parvenu à concrétiser en course et peinait à rester régulier jusqu’au drapeau à damier.

Au terme du Grand Prix d’Espagne, il avait ainsi franchi la ligne d’arrivée en huitième position, après avoir dégringolé jusqu’à la 11e place. Il avait terminé juste devant son coéquipier, Niccolò Antonelli, qui pour sa part était parti du 12e rang sur la grille. Simoncelli avait clairement annoncé attendre bien plus d’une pole position :

« En Moto3 aujourd’hui, on ne peut pas se permettre la superficialité ou le manque d’humilité, et lorsque ça arrive les autres nous dépassent et c’est ce qui s’est passé dimanche. Vasco Rossi chantait en 1994 : “C’est bien comme ça… rien à ajouter” et pour nous ce n’est pas bien comme ça, mais la phrase “rien à ajouter” est exactement je ce que je ressens. »

La mise au point effectuée par Simoncelli a, semble-t-il, porté ses fruits, puisque dimanche dernier, Suzuki a mené l’intégralité de la course avant de s’imposer pour la deuxième fois de sa carrière. Une domination sans erreur qui a valu un beau moment de joie dans le parc fermé, et une grande satisfaction au patron de la SIC58 Squadra Corse.

« Tatsuki a fait la course que je voulais, ou plutôt que je lui avais gentiment ordonné de faire », a-t-il déclaré. « C’était important qu’il ne pense pas trop. C’est le résumé de quatre ans de travail de notre team : 22 tours en tête et victoire. Je suis fier de toute l’équipe et de Tatsuki, parce qu’au final sur la moto il n’y a que le pilote et c’est lui qui fait la différence. Nous, nous sommes extérieurs et nous pouvons critiquer, donner des conseils ou féliciter mais nous sommes tous des professionnels sur un muret. »

« Le reste, vous l’avez vu à la télé : la joie, les accolades, les cris et les tapes dans le dos. C’était clair et transparent, juste nous. »

Avec cette victoire, Tatsuki Suzuki occupe désormais la deuxième place du Championnat du monde, à seulement six points d’Albert Arenas, qui est de son côté parti à la faute.



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