Il y a un débat qui nait autour du cas de Bastianini et qui commence à gêner Ducati. En effet, la marque, par son grand patron sur le terrain de la compétition Gigi Dall’Igna, a toujours clamé à qui voulait l’entendre que le matériel attribué à un pilote représentant la marque en MotoGP dépendait avant toute chose de ses résultats. En d’autres termes : s’il est devant, il aura toute l’attention des hommes de Borgo Panigale. Mais alors pourquoi, en 2022, il semble acquis que Bastianini aura une GP21 chez Gresini tandis que celui qu’il écrase au championnat, Luca Marini, aura une GP22 ? Parce que d’autres critères bien plus terre à terre entrent en jeu…

Le cas d’un Bastianini qui aura une Desmosedici de la saison précédente malgré ses solides résultats actuels posent question sur la politique sportive de la marque, et d’autant plus que, pendant ce temps, son actuel équipier Luca Marini qu’il domine plus souvent qu’à son tour aura une GP22 de dernier cri. Et dire que Gigi Dall’Igna plaignait il y a peu un Morbidelli doté d’une antique M1 par Yamaha malgré son statut de vice-champion du monde… L’herbe ne serait donc pas plus verte chez les rouges ?

La situation de Bastianini serait même pire que Morbidelli car ce dernier avait à cette époque un contrat Petronas. Or, comme le fait remarquer le manager de « Bestia », lui, il a un contrat Ducati… Carlo Pernat qui travaille en coulisse pour son pilote rappelle ainsi : « Bastianini a un contrat direct de trois ans avec Ducati, jusqu’à fin 2023 ».

En effet, l’année prochaine il y aura cinq contrats officiels chez Ducati : les deux pilotes d’usine, les pensionnaires de Pramac, et, donc Bastianini. Ce n‘est pas le cas tous les autres : Di Giannantonio a un contrat avec Gresini, tandis que Bezzecchi et Marini avec VR46. Bastianini sera donc géré directement par Ducati. Et pourtant, il n’est pas programmé qu’il ait une GP22.

Enea Bastianini, Avintia Esponsorama, Red Bull Grand Prix of The Americas

Bastianini serait-il plus maltraité par Ducati que Morbidelli par Yamaha ?

Une situation qui n‘est pas neutre : « il est clair qu’à ce stade il souffre » révèle Pernat. « C’est un pilote, c’est le plus fort et ils donnent la meilleure moto à quelqu’un d’autre ». Mais le manager a aussi le sens de la mesure. Le message étant passé, il ne veut évidemment fâcher personne : « dans le contrat, nous parlons toujours d’une moto officielle, mais bien sûr, cela peut être officiel à partir de cette année-là ou de l’année précédente … Pour l’année prochaine, Bastianini courra avec Gresini et avec la moto officielle fin 2021, pour être précis celle qui sortira de Valence : en un mot, celle que Bagnaia pilote, plus quelques mises à jour 2022 ».

Il ajoute : « je travaille pour que Bastianini puisse avoir la machine tout à fait officielle. Et je pense qu’avec un talent de ce genre… Je ne vois pas comment Ducati ne peut pas faire quelque chose de plus. Même si je me rends compte qu’il y a des accords et des délais à respecter ». Mais au fait, pourquoi cette différence entre Bastianini et Marini qui va à l’encontre des résultats sportifs ? Pernat répond : « Ducati veut que les motos soient payées, et il y a des prix différents entre une moto et une autre… VR 46 a payé un montant et Gresini en a probablement payé un autre, moins élevé. C’est la situation ».

Mais Pernat termine sur Moto.it sur un message qu’il veut positif : « avoir déjà une moto de fin 2021, celle qui sort de Valence, puis quelques évolutions ultérieures est une bonne chose, ce sera une machine très proche du 2022 officiel. Et je ne vois pas Gigi Dall’Igna ne pas faire quelque chose de plus pour un pilote qui peut jouer quelque chose d’important ». Sinon ? Il y a toujours les contacts avec Aprilia, surtout lorsque l’on sait qu’Aleix Espargaró a déj sous-entendu qu’il se verrait bien à la retraite en 2023…

Bastianini



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