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Enea Bastianini

Le grand puzzle de la grille 2027 est en train de s’assembler à une vitesse vertigineuse dans les coulisses de Montmelò. Alors que le feuilleton entourant l’avenir de Tech3 et KTM s’est achevé avec la reconduction du partenariat, Enea Bastianini vient de voir son horizon s’éclaircir de manière spectaculaire. Un temps annoncé comme la priorité absolue de Gresini Racing avant que l’équipe italienne ne jette son dévolu sur Joan Mir, « Bestia » s’apprête à rebondir au sein de la structure la plus ambitieuse du moment : TrackHouse Aprilia.

Ducati n’en veut plus, KTM le sacrifie… mais Bastianini refuse de mourir.  Le « Beast » tient enfin sa porte de sortie.  Il y a encore quelques semaines, Enea Bastianini semblait condamné à disparaître silencieusement du paysage MotoGP.

Pris au piège dans le chaos stratégique de KTM, lâché par Ducati, progressivement effacé du marché des transferts par la folie des chaises musicales entre Pedro Acosta, Jorge Martin, Fabio Quartararo ou encore Joan Mir, le pilote italien voyait son avenir se réduire dangereusement. Et pourtant, il pourrait bien avoir trouvé sa bouée de sauvetage.

Selon The Race, Bastianini serait désormais tout proche de rejoindre TrackHouse Racing à partir de 2027, profitant du départ attendu d’Ai Ogura vers Yamaha. Un retournement de situation spectaculaire. Car pendant des mois, le scénario semblait totalement différent.

Au départ, Gresini Racing faisait de Bastianini sa priorité absolue pour reconstruire son équipe après le probable départ d’Alex Marquez. Tout semblait aligné : ancien de la maison, vainqueur de Grands Prix avec Ducati, expérience énorme, profil apprécié dans le paddock.

Puis tout a basculé. Gresini aurait finalement choisi de miser sur Mir, jugeant sans doute que le champion du monde 2020 représente une meilleure opportunité stratégique pour l’ère 850 cc. Et brutalement, Bastianini s’est retrouvé sans solution évidente.

Le plus cruel dans cette histoire reste probablement le contraste avec son statut il y a à peine deux ans. On parle quand même d’un pilote qui battait régulièrement les Ducati officielles, qui faisait trembler Pecco Bagnaia, et qui incarnait alors l’avenir sportif de Borgo Panigale.

Aujourd’hui, il doit presque se battre pour survivre dans le paddock. Mais c’est justement là que l’option TrackHouse prend tout son sens. Parce qu’au-delà du simple “guidon disponible”, l’équipe satellite Aprilia représente probablement l’environnement idéal pour relancer un pilote comme Bastianini.

Une structure plus légère. Moins politique. Moins étouffante qu’un team usine. Et surtout : une RS-GP devenue aujourd’hui la moto de référence du plateau. L’ironie est d’ailleurs assez savoureuse.

Enea Bastianini

Enea Bastianini : « Je dois prendre une décision »

Pendant que Ducati s’enfonce dans les doutes techniques autour de la GP26, qu’Aprilia écrase le championnat avec Marco Bezzecchi et Martin, et que KTM traverse une période d’incertitude permanente, Bastianini pourrait finalement se retrouver… sur la meilleure moto du paddock.

Même lui semble désormais entrevoir cette possibilité avec un mélange de prudence et d’espoir. « Il n’y a pas encore de nouvelles, mais comme je l’ai dit, nous sommes très proches d’un accord », a-t-il confié à GPOne.

Puis vient cette phrase, très révélatrice de son état d’esprit actuel : « Idéalement, j’aimerais les deux ! » Autrement dit : un projet officiel… et une moto compétitive. Mais Bastianini sait parfaitement que le MotoGP 2027 sera un saut dans l’inconnu. « Personne ne peut le garantir à 100 %, surtout la saison prochaine avec les nouvelles motos : 850 cc, moins aérodynamiques et sans appui. Je dois prendre une décision. »

Cette phrase est capitale. Parce qu’elle résume parfaitement le marché actuel. Personne ne sait réellement qui dominera en 2027. Les cartes techniques vont être redistribuées. Les références aérodynamiques actuelles vont exploser. Les motos seront moins verrouillées par l’appui. Le talent pur du pilote redeviendra peut-être central.

Et dans un championnat plus “humain”, plus instinctif, Bastianini pourrait redevenir extrêmement dangereux. C’est probablement aussi ce que pense Aprilia. Car derrière le duo Martin–Bezzecchi, la marque italienne cherche désormais à construire une profondeur d’effectif capable d’écraser durablement le MotoGP.

Un pilote comme Bastianini représente une opportunité presque parfaite : rapide, expérimenté, habitué à gagner, mais aujourd’hui suffisamment fragilisé pour accepter un projet satellite ambitieux. Reste maintenant à voir si ce sauvetage deviendra officiel.

Mais une chose est claire : alors que beaucoup le voyaient déjà sortir par la petite porte, Enea Bastianini est peut-être en train de réussir le plus important dépassement de sa carrière… en dehors de la piste.

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