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Massimo Rivola Aprilia

Le triplé historique d’Aprilia au Grand Prix de France a agi comme un révélateur. Si la RS-GP 2026 est aujourd’hui considérée comme la machine la plus complète du plateau, les commentaires de Massimo Rivola en coulisses suggèrent une vérité plus amère pour les anciens piliers de la marque : le manque de performance passé était peut-être plus humain que technique.

Le timing n’a rien d’un hasard. Au moment même où Aprilia Racing écrase le MotoGP 2026 avec un triplé historique au Mans et une domination technique de plus en plus évidente, Massimo Rivola commence aussi à envoyer des messages très clairs… y compris à ceux qui ont quitté Noale par le passé.

Derrière les célébrations et les déclarations officielles, le patron d’Aprilia laisse désormais apparaître une forme de revanche personnelle. Certains médias n’ont pas manqué de relever le sous-entendu : Rivola estime que la différence majeure entre l’Aprilia actuelle et celle des années précédentes réside dans son duo de pilotes actuel. Autrement dit : le problème ne venait peut-être pas seulement de la moto.

Parce qu’aujourd’hui, avec Jorge Martin et Marco Bezzecchi, Aprilia dispose enfin de deux leaders capables de tirer le projet dans la même direction, sans guerre froide permanente, sans tensions politiques internes et surtout sans remettre constamment en question la structure technique de Noale.

Rivola ne le dit jamais frontalement. Mais il le suggère de plus en plus clairement. Et quand on replace cela dans le contexte des dernières années, impossible de ne pas penser à l’ancienne association entre Aleix Espargaró et Maverick Vinales. Deux pilotes rapides, capables de coups d’éclat, mais qui n’ont jamais réellement permis à Aprilia de transformer son potentiel en machine de guerre régulière pour le titre.

Avec Martin et Bezzecchi, Rivola semble persuadé d’avoir enfin trouvé ce qu’il cherchait depuis son arrivée chez Aprilia en 2019 : une structure stable, techniquement cohérente et psychologiquement alignée. Et il faut reconnaître qu’aujourd’hui, les résultats lui donnent raison.

Aprilia mène désormais les classements pilotes, équipes et constructeurs, tandis que la RS-GP est devenue la référence du plateau sur plusieurs circuits. Le plus frappant, c’est que Rivola ne parle presque plus comme un outsider.

Pendant des années, Aprilia avançait avec le discours classique du challenger courageux. Désormais, le ton a changé. Rivola parle comme le patron d’un constructeur qui pense sincèrement pouvoir ouvrir une nouvelle ère.

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Il fallait à Aprilia des pilotes qui cessent de se plaindre de l’embrayage pour enfin tourner la poignée

Dans une interview récente, il allait même jusqu’à qualifier la saison actuelle de « championnat le plus important de l’histoire », en rappelant que ces MotoGP représentent l’apogée technologique absolue de la catégorie avant la révolution 850cc de 2027.

Et cette confiance nouvelle change tout. Car pendant que Ducati doute, que Marc Marquez lutte physiquement, que Bagnaia traverse une crise mentale et technique, Aprilia affiche exactement l’inverse : sérénité, stabilité et dynamique collective. Même la gestion interne des pilotes semble aujourd’hui sous contrôle.

Après Le Mans, Rivola résumait la situation avec une phrase très révélatrice : « La seule règle, c’est le respect. » Une manière élégante mais extrêmement ferme de rappeler que Martin et Bezzecchi peuvent se battre pour le titre… tant qu’ils ne détruisent pas l’équilibre du projet.

Le plus impressionnant dans cette montée en puissance, c’est peut-être qu’Aprilia ne donne pas l’impression d’être arrivée au bout de son évolution. Le constructeur travaille déjà sur la future 850cc 2027, tout en continuant à faire progresser la RS-GP actuelle. Et contrairement à Ducati, qui semble désormais gérer plusieurs crises simultanées — techniques, sportives et politiques — Aprilia avance avec une lisibilité rare.

Bien sûr, Rivola reste prudent publiquement. Il répète que Ducati demeure dangereuse et que le championnat est encore long. Mais dans le paddock, le message commence à devenir limpide : Aprilia ne veut plus simplement gagner quelques courses. Aprilia veut désormais imposer son époque.

Aprilia ne cherche plus d’excuses, car elle n’en a plus besoin. En « allumant » son ancienne garde, Massimo Rivola confirme que l’ère du romantisme et de la patience envers les pilotes historiques est terminée. À Noale, on a compris que pour battre Ducati, il ne fallait pas seulement une meilleure moto, il fallait des pilotes qui cessent de se plaindre de l’embrayage pour enfin tourner la poignée.

Sur motorsport-magazin le message est limpide : « Nous avons travaillé sur l’électronique et l’embrayage, c’est vrai. Mais voir nos pilotes actuels gagner des places au départ montre aussi que la mentalité et l’exécution comptent autant que le mécanisme. »

Il ajoute : « C’est toujours une combinaison du comportement du pilote et de notre capacité à l’aider. Mais ce n’est pas nouveau. Parfois, on change de pilote et on maîtrise immédiatement cette procédure. Certains pilotes la gèrent mieux que d’autres. Il n’y a pas de secret »

Le triplé du Mans est la preuve finale : le problème d’Aprilia n’était pas son embrayage, c’était le doigt qui le lâchait.

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