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Ducati

L’histoire récente de Ducati pourrait donner envie à Fermin Aldeguer de s’inquiéter. Après tout, Jorge Martin a attendu pendant des années un guidon officiel avant de finir par claquer la porte. Malgré un titre mondial et des performances exceptionnelles, il n’a jamais obtenu ce qu’il considérait comme son dû. Marc Marquez est arrivé, Ducati a changé ses plans, et Martin est parti chez Aprilia. À première vue, Aldeguer pourrait avoir le sentiment de vivre exactement le même scénario. Ce serait pourtant une erreur d’analyse.

Car les deux situations se ressemblent… sans être identiques. Ducati ne ferme pas la porte à Aldeguer. Elle lui demande simplement d’attendre. L’Espagnol avait cependant des raisons de rêver. Arrivé chez Ducati avec un contrat de longue durée, il devait progressivement intégrer le cœur du projet de Borgo Panigale. Mais le marché a bouleversé tous les plans.

Marc Marquez a prolongé son contrat. Puis Pedro Acosta est arrivé. En quelques jours, les deux guidons officiels de Ducati étaient verrouillés. Sur le papier, Aldeguer perd donc la bataille. En réalité, il gagne peut-être quelque chose de beaucoup plus précieux : du temps.

C’est là que la comparaison avec Jorge Martin atteint ses limites. Martin se battait contre une hiérarchie figée. Pendant plusieurs saisons, il ne disposait d’aucune garantie que Ducati finirait un jour par lui ouvrir les portes de l’équipe officielle. Son départ est né de cette absence totale de perspective.

Pour Aldeguer, la situation est différente. Son contrat a été prolongé jusqu’en 2028. Son transfert chez VR46 n’a rien d’une rétrogradation. Il ressemble davantage à une étape soigneusement planifiée. Il y bénéficiera d’un soutien direct de Ducati, d’une structure particulièrement performante et d’un environnement exceptionnel pour poursuivre sa progression. Car la VR46 est devenue bien plus qu’une équipe satellite.

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Ducati semble penser à dix ans, pas à deux

Il fut un temps où rejoindre une équipe satellite signifiait attendre son heure. Aujourd’hui, la frontière est beaucoup plus floue. Chez VR46, Aldeguer disposera d’un matériel officiel, d’un accès privilégié aux données des pilotes Ducati et d’un encadrement dont peu de jeunes peuvent rêver.

Il évoluera également aux côtés de Valentino Rossi, dont l’expérience en matière de gestion de carrière constitue un atout considérable. Autrement dit, Ducati ne l’éloigne pas. Elle continue de l’accompagner.

Il existe un autre élément qui change complètement la lecture de cette histoire. Marc Marquez vient de prolonger jusqu’en 2028. Mais beaucoup considèrent déjà qu’il pourrait s’agir du dernier contrat de sa carrière. Si cette hypothèse se confirme, une place prestigieuse se libérerait naturellement chez Ducati dès 2029. Et à cet horizon, Aldeguer n’aura que 24 ans. L’âge idéal pour prendre les commandes d’une équipe officielle.

Vu sous cet angle, le calendrier de Ducati paraît presque logique. Marquez incarne le présent. Pedro Acosta représente la transition. Fermin Aldeguer pourrait devenir l’avenir. Rien, évidemment, ne lui sera offert. Chez VR46, Aldeguer devra immédiatement s’imposer face à Nicolò Bulega, l’une des recrues les plus attendues en provenance du Superbike.

Pendant ce temps, Joan Mir et Daniel Holgado tenteront également de convaincre chez Gresini. La concurrence interne ne disparaît jamais chez Ducati. Elle change simplement de forme. Chaque week-end deviendra une audition permanente.

C’est sans doute ce qui distingue aujourd’hui Borgo Panigale de ses rivaux. L’impression qui se dégage est celle d’une stratégie à plusieurs étages. Marc Marquez et Pedro Acosta doivent permettre de dominer immédiatement la nouvelle réglementation de 2027. En parallèle, Aldeguer poursuit son apprentissage dans un environnement protégé, sans la pression permanente d’une équipe officielle.

Ce n’est pas un renoncement. C’est un investissement. L’impatience a coûté cher à Jorge Martin. L’Espagnol estimait avoir suffisamment attendu. Il avait probablement raison. Mais son départ l’a privé d’une histoire qui aurait pu s’écrire différemment.

Aldeguer, lui, semble bénéficier d’une perspective beaucoup plus claire. Le guidon officiel lui échappe aujourd’hui. Rien ne dit qu’il lui échappera demain. Dans un MotoGP où tout le monde cherche à brûler les étapes, la plus grande qualité pourrait finalement être la patience.

Et si Ducati prépare réellement l’après-Marquez, alors Fermin Aldeguer ferait sans doute bien de résister à la tentation de reproduire le choix de Jorge Martin. Car parfois, savoir attendre constitue déjà une victoire.

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