En ce samedi 19 juin 2021, Fabio Quartararo a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit du Sachsenring, au terme des qualifications du Grand Prix d’Allemagne qui l’ont vu obtenir la 2e place sur la grille de départ.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français, actuellement leader du championnat avec 14 points d’avance sur Johann Zarco, le poleman du jour pour 11 millièmes.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Fabio Quartararo sans la moindre mise en forme, même si la première partie (vouvoiement) est traduite de l’anglais.


Fabio, vous avez presque réussi à faire une sixième pole d’affilée mais nous sommes sûrs que vous êtes quand même content d’être en première ligne…

Fabio Quartararo : « Oui, c’était une journée positive pour nous. C’était plutôt bien le matin et nous avons pu faire de bons tours. Et durant l’après-midi, nous avons décidé de ne pas nous arrêter durant la FP4 car il était très intéressant de voir comment le pneu arrière dur réagissait. Vous savez, c’est complètement différent de quand vous vous arrêtez et repartez. C’était intéressant et je pense que nous avons quelque chose à améliorer pour les derniers tours, la qualification était très bonne et je me suis donné à 100 %. Nous peinons tous un petit peu. Je veux dire… Je m’attendais à avoir un feeling un peu meilleur avec l’avant dans les virages, mais bon, j’ai géré pour mettre la Yamaha sur la première ligne et je pense c’est un très bon résultat pour nous aujourd’hui. »

Quels sont vos objectifs pour demain ?

« Nous savons que partir de la première ligne sur ce circuit est très important. Pour moi, c’est la piste la plus difficile pour doubler, et pour moi, Marc et Miguel sont vraiment forts, Jack aussi est très fort en plus des garçons sur la première ligne, donc le top six est vraiment fort et ce sera une course intéressante, possiblement très amusante. »

 

 

Souffrez-vous du syndrome des loges sur ce circuit et cela pourrait-il être un problème demain ?
« Depuis la deuxième opération, je me sens très bien. Ici, ce sont toujours des virages à gauche donc ce n’est pas très exigeant pour le bras droit. Je me sens donc OK. »

Nous avons vu en qualification beaucoup de pilotes qui attendaient les autres pour se faire remorquer, plus ou moins comme en Moto3. Quel regard portez-vous là-dessus ?
« Je n’ai pas grand-chose à dire à ce sujet car je sens que c’est un peu dangereux, mais je fais tout tout seul. C’est mieux, y compris pour les pneus, de garder la chaleur car je me sens bien plus en confiance pour débuter mon tour. Pour le moment, c’est quelque chose dont je n’ai pas vraiment besoin, et je trouve ça également plus sûr. »

Vous dites qu’il était très intéressant de voir comment le pneu performait pendant votre très long run en FP4. Nous avons pu voir qu’il y avait une dégradation d’environ une seconde au fil des tours. Est-ce acceptable selon vous ?

« Concernant le pneu, c’était intéressant car, durant la FP1 et la FP2, nous avons fait des run, nous nous sommes arrêtés puis nous sommes repartis, et c’est complètement différent pour le pneu. Je pense que sur cette piste en particulier, quand vous faites 20 tours d’affilée, le pneu réagit d’une manière complètement différente. Il était planifié que nous ferions la FP4 sans nous arrêter, et oui, nous avons pu voir qu’en faisant 20 tours en nous arrêtant, le pneu était beaucoup plus frais qu’en faisant 20 tours d’affilée. Pas vraiment au niveau de l’usure, mais au niveau de la température du pneu, car il y a beaucoup de virages à gauche. Mais c’est bien qu’on ait déjà cette expérience, car je saurai comment essayer de gérer cela et l’exploiter au maximum. »

Pensez-vous que les pénalités devraient être plus sévères en MotoGP au sujet des pilotes qui attendent, vu que vous devez servir d’exemple ?

« Pour moi, s’ils font comme en Moto3, je serais heureux (rires) car je ne suis pas vraiment un pilote qui attend beaucoup. Je pense que nous sommes des exemples pour les jeunes. Je n’en ressens pas vraiment la nécessité, donc je ne sais pas vraiment si se faire remarquer aide beaucoup ou pas. En Moto3, cela concerne davantage l’aspiration et je pense que c’est différent en MotoGP. Pour certains pilotes, cela les aide beaucoup, pour moi pas tellement. Je ne fais pas partie de la direction de course ou des commissaires, donc je les laisse travailler. »

Quel est l’aspect le plus technique de ce circuit ?

« Pour moi, je pense que du virage 9 au virage 10 c’est plutôt technique pour moi, car vous ne pouvez pas vraiment voir le virage 10 alors que vous y arrivez très vite et que vous ressentez l’avant qui est très léger. Et vous devez très bien tourner pour préparer le virage 11. Donc pour moi c’est virage 9/virage 10. »

Aujourd’hui, Lorenzo Fellon s’est qualifié 6e. Comment évaluez-vous sa performance et pensez-vous qu’il puisse obtenir ses premiers points demain ?

« Je suis très heureux pour lui car il a eu une première partie de saison difficile. J’ai été surpris, il a directement été plutôt fort ici. Il apprendra beaucoup car quand vous partez depuis la deuxième ligne et que vous avez tous les tops pilotes… Assurément il apprendra beaucoup. J’espère qu’il marquera ses premiers points dans la catégorie. »

Il semble que toutes les idées que nous avions avant ce weekend soit fausse : On disait que ce n’était pas circuit pour Ducati, et elle est en pole position. On disait que c’était un circuit pour Suzuki, mais elles peinent beaucoup. On disait que c’était un circuit pour Yamaha, mais seul vous, Fabio, vous avez pu vous en sortir. Que se passe-t-il ? Les MotoGP ont-elles changé à ce point ces deux dernières années ?

« Vous savez, je crois que j’oublie un peu les histoires de circuit pour Yamaha, circuit pour Ducati, etc. Pour moi, au Qatar c’était un circuit pour Ducati, au Mugello un circuit pour Ducati, mais au final j’ai pu me battre pour la victoire au Mugello et au Qatar c’était deux Yamaha ! Ici, pour moi, il était assez clair que Jack était 1/10 plus rapide que tout le monde dans le secteur 2 en FP4. Nous avons beaucoup entendu que les Ducati peinaient à tourner mais elles n’utilisent jamais leur puissance dans le secteur 2 ! Tout devient de plus en plus proche et je pense qu’il n’y a plus vraiment de circuit pour Ducati, de circuit pour Yamaha ou de circuit pour Suzuki. Tout devient plus serré et je pense que c’est très bien. J’espère que nous trouverons quelque chose demain, et aussi pour les autres pilotes Yamaha. »

Valentino Rossi a créé son académie, Miguel Oliveira son école de pilotage : pensez-vous un jour faire pareil pour les jeunes pilotes français ?

« Pour être honnête, c’est déjà difficile de me gérer moi-même, donc pour le moment je ne pense pas vraiment à ça. Rien qu’en pensant à concentration que vous devez avoir : Quand vous êtes à la maison, vous voulez vous entraîner comme vous voulez et je veux aussi reposer mon esprit de la moto. »

Après ce qui s’est passé en Catalogne, avez-vous pensé à donner votre cuir pour une œuvre caritative ?

« Je pense que certaines parties de mon cuir sont restées dans le virage 12 en FP1, donc je pense que mon cuir est en mauvais état (rires). »

A-t-il été étrange de rouler au Sachsenring sans public alors qu’habituellement celui-ci est très nombreux ?

« Je pense que, peu à peu, cela revient. Nous avons eu la première étape à Barcelone et je crois qu’il y aura beaucoup de personnes en Autriche. J’ai vu le match France–Hongrie et je crois qu’il y avait 70 000 personnes dans le stade sans masque. Cela revient peu à peu, mais c’était encore davantage étrange au Mugello car vous y entendez les fans toute la nuit et au warm up vous voyez tout de suite les fumées jaunes qui arrivent. J’espère vraiment voir le public revenir car c’est vraiment fun quand il est là. »

Beaucoup de pilotes ont perdu l’avant au virage 1 et au virage 12. Avez-vous connu la même chose et est-ce dû au fait que le pneu avant dur serait un peu trop tendre ?

« Normalement, je l’utilise pas beaucoup le pneu dur mais avec ces conditions vous sentez l’avant beaucoup travailler, en particulier dans le virage 12. Habituellement, avec le pneu dur ce n’est pas normal, mais c’est la même chose pour tout le monde. C’est comme ça. »

 

Classement de la Qualification 2 du Grand Prix d’Allemagne MotoGP au Sachsenring :

Classement de la Qualification 1 du Grand Prix d’Allemagne MotoGP au Sachsenring :

Crédit classements et photos: MotoGP.com



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