Pit Beirer est le directeur sportif d’une marque KTM qui veut faire différemment par rapport à la concurrence dans son aventure en MotoGP. Ainsi, sa RC16 est la seule moto avec un cadre tubulaire et l’unique en suspension maison WP. Mais ce n’est pas tout. KTM a aussi élaboré sa propre filière de pilotes. Un sillon réellement tracé qui commence à produire ses effets et qu’il faut aussi défendre. Beirer en parle, avec passion et détermination…

La technique c’est une chose, mais la patte humaine, c’est encore autre chose. Surtout à l’aune d’un marché des transferts qui a repris de la vigueur depuis que Yamaha est contraint de chercher dans l’urgence un successeur à Maverick Viñales prématurément sur le départ. Une conjoncture qui biffe les bonnes intentions et fait oublier les actes de foi qui s’effacent devant les intérêts de l’instant. KTM, cette année, l’a découvert en voyant les adversaires tourner autour de ses espoirs Raul Fernandez et Pedro Acosta, voire tenter un raid éclair sur son titulaire Miguel Oliveira. Entre-temps, Brad Binder avait signé un contrat le liant à l’usine de Mattighofen jusqu’en 2024.

Dans cette tourmente, il faut garder la tête froide et les pieds sur terre. Pour le moment, chez KTM, la famille reste unie. Et Pit Beirer n’est pas le dernier à s’en réjouir, car cela impacte aussi directement sur les résultats de la RC16. Sur Autosport, il expose ainsi, se souvenant notamment du début de saison déprimant, avant l’embellie et le nouveau châssis du Mugello : « dans ces jours difficiles, ils ne deviennent pas fous, ils ne parlent pas immédiatement à une autre équipe ou un autre fabricant », se félicite-t-il. « Ils nous font confiance. Si nous leur disons que nous ne sommes pas heureux et que nous allons travailler dessus, ils nous croient”.

« Ils sont restés calmes dans ce moment et cela nous a beaucoup aidés. Si les pilotes commencent à devenir fous et nerveux, c’est sûr que cela rend les choses encore plus difficiles » précise le directeur sportif. « Je suis tellement heureux d’avoir ces gars super cool. Nous avons travaillé sur différentes parties importantes de la moto, nous avons apporté ça, mais les pilotes ont apporté plus que ça ».

Pit Beirer a une idée en tête ...

Beirer : “seule une équipe peut gagner à la fin”

« Ils ont eu un meilleur feeling et avec ça ils ont grandi à nouveau, et c’est incroyable ce qu’ils ont apporté. Cela montre le caractère d’une équipe : seule une équipe peut gagner à la fin, mais nous ne sommes rien sans des pilotes fantastiques. Le vrai point de mesure est le pilote sur la piste ». Un hommage qui est aussi une conviction. Celle-ci transparait lorsque Pit Beirer parle de la filière KTM, activée après le départ de Pol Espargaró pour Honda : « lorsque nous avons perdu Pol, nous nous sommes intéressés à d’autres grands noms, puis nous avons dit : “Vous savez quoi ? Nous allons nous en tenir à notre propre programme‘, c’est-à-dire Rookies Cup, Moto3, Moto2 et ensuite c’est comme ça que vous entrez en MotoGP avec KTM ».

Il termine : « je pense que nous avons fait confiance à notre propre système un an plus tôt que ce que nous voulions au début, et je suis tellement heureux que nous l’ayons fait ». Depuis, KTM compte quatre victoires en MotoGP. Trois acquises en 2020 avec Oliveira (2) et Brad Binder (1). Puis une encore cette saison avec le Portugais passé de Tech3 à l’équipe usine et qui s’est remis dans la course au titre avec des résultats solides depuis le Mugello. Pour 2022, un de la filière, Remy Gardner, est déjà assuré d’un guidon chez l’allié français, pendant que Raul Fernandez et Pedro Acosta sont prêts à bondir. Un enjeu stratégique majeur lorsque l’on voit Petronas désœuvré malgré l’existence de son filon tandis que chez Ducati, on a décidé de déléguer la mission à l’académie VR46.

Beirer

 



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