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Aprilia

Pendant des mois, Aprilia a poursuivi Ducati. Aujourd’hui, le constructeur de Noale découvre une nouvelle réalité : son principal danger ne vient peut-être plus de Borgo Panigale. Il vient de son propre garage. Le Sprint d’Assen n’a certes distribué que des « miettes », mais il a surtout révélé une nouvelle hiérarchie. Les quatre Aprilia ont terminé aux avant-postes, avec la victoire du duo satellite TrackHouse Raul Fernandez devant Ai Ogura, tandis que les pilotes usine Marco Bezzecchi et Jorge Martin sont restés au contact malgré une course plus compliquée. Une démonstration collective. Mais aussi un avertissement.

Depuis quelques jours, Massimo Rivola répète qu’il préfère gérer des « pur-sang » plutôt que des pilotes qui s’entendent parfaitement. Cette philosophie se matérialise aujourd’hui. Bezzecchi et Martin se battent pour le championnat. Fernandez ne cesse de progresser. Ogura confirme qu’il est bien plus qu’un simple figurant.

Résultat : Aprilia possède probablement le groupe de pilotes le plus homogène de la grille. Le problème est que ces quatre motos prennent désormais des points… les unes aux autres. Fabio Di Giannantonio l’a parfaitement résumé après le Sprint. « Les Aprilia sont vraiment performantes. J’ai dû prendre énormément de risques pour rester avec elles. »

Le pilote VR46 est d’ailleurs le seul des principaux prétendants au titre à avoir marqué des points lors de toutes les courses de la saison. Cette régularité lui permet de revenir progressivement dans la lutte.

Marc Marquez, lui aussi, reste parfaitement placé malgré un Sprint difficile. L’Espagnol semble surtout gérer cette période en attendant le Sachsenring, un circuit qui lui est historiquement favorable.

Même avec des pur-sang plutôt que des ânes, Aprilia et Rivola pourraient être les dindons de la farce à la fin de la foire

Pour Bezzecchi comme pour Martin, la menace n’est donc plus uniquement rouge. Elle est aussi noire et jaune. Raul Fernandez roule aujourd’hui au niveau des meilleurs, alors même que son avenir contractuel n’est toujours pas totalement sécurisé. Ai Ogura confirme course après course qu’il est capable de jouer devant. Chaque victoire de l’un peut coûter de précieux points à l’autre.

Une situation qui rappelle les grandes équipes de l’histoire du MotoGP, où les coéquipiers deviennent parfois les premiers rivaux.

Le championnat MotoGP entre désormais dans une nouvelle phase. Les écarts restent faibles. Di Giannantonio remonte. Marc Marquez attend son terrain de chasse allemand. Pedro Acosta cherche toujours cette première victoire capable de tout débloquer.

Mais surtout, les erreurs ne pardonnent plus. Bezzecchi a déjà payé très cher sa double déconvenue de Brno. Martin a laissé filer de gros points à Barcelone. Marquez a perdu deux Grands Prix. À ce stade de la saison, personne ne peut plus se permettre un nouveau week-end à zéro.

Et c’est peut-être là la véritable difficulté pour Aprilia : avoir enfin construit la moto capable de battre Ducati… mais devoir désormais gérer quatre pilotes dont deux sont suffisamment rapides pour compliquer la tâche de leurs propres leaders.

Le Sprint d’Assen a agi comme un révélateur : Aprilia ne se bat plus seulement contre le reste du monde, elle se livre une guerre civile. Alors que le titre mondial est en jeu, la domination technique des RS-GP26 a créé une dynamique où les coéquipiers d’un team satellite sont devenus les obstacles les plus dangereux pour les leaders désignés par l’usine.

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