Moto GP
Publié le 11 août 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP – Malgré Silverstone Marc Marquez balaie les favoris : « Jorge Martin n’est pas le prétendant n°1 »

Marc Marquez a balayé d’un revers de main l’idée que Jorge Martin serait désormais le grand favori pour le titre après Silverstone.

Le Grand Prix de Grande-Bretagne aurait pu marquer un tournant psychologique dans le championnat MotoGP 2026. Pole position, victoire en Sprint puis deuxième place dimanche derrière Raul Fernandez : Jorge Martin a quitté Silverstone avec une avance nettement renforcée au classement. Mais pour Marc Marquez, désormais repoussé à 40 points du pilote Aprilia, il est encore beaucoup trop tôt pour considérer Martin comme le grand favori au titre.

Le week-end britannique a pourtant accentué une tendance qui commence à devenir sérieuse. Martin ne gagne pas systématiquement, mais il marque presque toujours beaucoup de points. À Silverstone, son départ manqué lui a probablement coûté la possibilité de disputer la victoire à Raul Fernandez, mais il a malgré tout terminé deuxième et transformé ses 14 points d’avance avant le week-end en une marge de 31 points sur son plus proche poursuivant. Marquez, de son côté, n’a pu faire mieux que neuvième du Sprint puis septième du Grand Prix.

Interrogé sur la nouvelle situation du championnat, le champion Ducati refuse cependant d’établir une hiérarchie définitive.

« Peu importe combien de fois vous dites que je suis le favori, il n’y a pas de favori dans ce championnat du monde », a-t-il déclaré. « Si vous voulez vous battre pour le championnat, vous ne pouvez pas vous contenter d’attendre vos circuits préférés. Vous devez être au top sur chaque circuit, et pour l’instant ce n’est pas le cas. »

Jorge Martin n’est pas le favori, mais il est « celui qui gère le mieux » analyse Marc Marquez

Le propos pourrait sembler paradoxal. Marquez refuse de désigner Martin comme favori tout en reconnaissant immédiatement ce qui constitue actuellement la principale force du pilote Aprilia : sa régularité.

« Il est clair qu’un pilote différent peut vous battre chaque dimanche et, actuellement, le pilote le plus régulier est le leader, Jorge Martin. C’est lui qui gère le mieux la situation. »

C’est peut-être justement là que se trouve la différence entre être le pilote le plus rapide et être le mieux placé pour devenir champion. Après douze Grands Prix, la saison reste extrêmement ouverte et les vainqueurs se succèdent. Aprilia elle-même dispose de plusieurs hommes capables de gagner, comme Silverstone vient encore de le démontrer avec Fernandez, Martin et Bezzecchi aux trois premières places.

Martin construit donc son championnat autrement. Il n’a pas besoin de dominer chaque dimanche : il lui suffit pour l’instant de perdre moins de points que ses adversaires lorsqu’il ne gagne pas. Marquez le reconnaît d’ailleurs sans chercher d’excuse : « Pour le moment, trois pilotes sont devant moi et ont été meilleurs que moi sur les douze courses disputées. »

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Marc Marquez regarde maintenant les circuits où il peut attaquer

Pour le pilote Ducati, Silverstone faisait partie des rendez-vous qu’il avait identifiés comme défavorables. Son bilan britannique est mauvais, mais pas catastrophique dans cette perspective. Le véritable enjeu commence maintenant avec une série de circuits qu’il estime davantage adaptés à ses qualités et à celles de la Ducati.

« C’était l’un des circuits que j’avais entourés en rouge », explique-t-il sur Silverstone. « Mais maintenant, trois ou quatre circuits arrivent et, si nous voulons obtenir quelque chose, nous devons attaquer. » Le Japon fait notamment partie des rendez-vous qu’il considère comme potentiellement favorables.

Et surtout, Marquez refuse de dramatiser les 40 points qui le séparent désormais de Martin. « Ce n’est pas énorme, mais c’est important. C’est l’équivalent d’un week-end entier, donc il faut continuer à attaquer. »

Avec encore dix Grands Prix à disputer, son calcul se défend. Un abandon de Martin combiné à un gros week-end de Marquez pourrait bouleverser la situation. Mais le problème du champion Ducati est désormais qu’il ne lui suffit plus de battre Martin : plusieurs pilotes se trouvent entre les deux hommes au championnat.

Le discours de l’Espagnol révèle finalement une évolution intéressante. Il ne semble plus raisonner comme un pilote qui doit gagner partout, mais comme un champion qui cherche à identifier les endroits où il peut reprendre beaucoup de points et ceux où il faut limiter les pertes. Silverstone appartenait clairement à la deuxième catégorie.

Cette stratégie ne fonctionnera cependant que si Marc Marquez transforme ses prochains circuits favorables en victoires. Car pendant qu’il attend ses terrains de prédilection, Martin continue d’accumuler les points. Et c’est précisément le danger que Marquez identifie lorsqu’il explique qu’un prétendant au titre ne peut pas simplement « attendre » les circuits qui lui conviennent.

Le champion en titre se retrouve donc devant une équation assez simple : 40 points ne constituent pas encore un gouffre, mais ils lui enlèvent progressivement son droit à l’erreur. Et Martin possède désormais un avantage supplémentaire : il n’est plus obligé de battre Marquez à chaque course. Il peut commencer à gérer son avance, tandis que son rival doit prendre davantage de risques pour la réduire.

Marc Marquez refuse donc de parler de favori. Mais en désignant lui-même Jorge Martin comme « le plus régulier » et celui qui « gère le mieux la situation », il décrit presque exactement le profil d’un pilote en train de construire un titre mondial en MotoGP.

Marc Marquez