Depuis le début de cette crise provoquée par la pandémie de coronavirus, il est un constructeur particulièrement prolixe. Il s’agit de Ducati, qui, surtout par le biais de Paolo Ciabatti, mais aussi à présent de Gigi Dall’Igna, tire des plans sur la comète, emboîtant le pas de Dorna, avec un ton plutôt pessimiste sur la suite des événements. Il ressort aussi souvent cet impératif de faire, dès à présent, des coupes sombres dans les budgets. Une assiduité dans les propos qui commencent à interpeller : Ducati devrait-il se faire du souci ?

Jusqu’à ce fléau de Covid-19 qui a emprisonné les habitants de la planète et annihilé leurs meilleures intentions, Ducati était considéré en MotoGP comme la structure la plus aisée du paddock. Les soutiens d’un toujours puissant cigarettier américain et d’un groupe automobile allemand majeur étaient comme des piliers inébranlables. Récemment, les rouges avaient montré leur puissance en se payant à prix d’or Jorge Lorenzo. Mais maintenant que la crise sévit, Ducati se donne des airs de colosse aux pieds d’argile.

Car ses dirigeants inquiètent avec des propos aussi déprimants que récurrents. Paolo Ciabatti notamment ne manque pas une occasion pour douter d’une saison 2020 possible pendant que Dorna travaille d’arrache-pied pour éloigner son navire de ce récif mortel. De son côté, Gigi Dall’Igna propose une seule moto par pilote et ne pousse pas à la multiplication des courses jusqu’à la fin de cette terrible année.

Ce rappel de temps rigoureux à venir a été fait par l’incontournable Ciabatti qui s’est cette fois indirectement adressé à ses pilotes. Contrairement à ce qui s’est fait chez Yamaha avec Viñales et Quartararo comme avec Honda avec Marc Márquez, aucun des sept membres du clan de Borgo Panigale n’a pris un engagement. Cela concerne, dans la catégorie MotoGP, les deux pilotes officiels Andrea Dovizioso et Danilo Petrucci, ainsi que le duo Pramac Jack Miller et Pecco Bagnaia sans oublier Johann Zarco chez Reale Avintia Racing. Ducati a aussi Chaz Davies et Scott Redding sous contrat dans le Championnat du Monde Superbike. Pour les équipes de course MotoGP, le budget pilotes représente une part importante du bilan comptable annuel.

 

 

 

Comme rien n’a été signé, et que la conjoncture a fondamentalement changé, lesdits pilotes vont devoir revoir leur tarif à la baisse. Paolo Ciabatti annonce ainsi la couleur et prépare les esprits : « tout doit être renégocié dès que nous saurons combien de courses nous pourrons faire en 2020 », a déclaré le directeur sportif de Ducati à Günther Wiesinger de Speedweekcom. « Parce que même les sponsors ne seront pas prêts à payer les sommes convenues si, par exemple, nous ne pouvons faire que 50% des courses. Vous devez réévaluer complètement la situation dans tous les domaines. Mais il faut d’abord savoir quand le championnat peut commencer. Et je pense que toutes les personnes impliquées le comprendront. »

« Dorna devra également renégocier tous les contrats avec les chaînes de télévision, avec les organisateurs, avec les sponsors du GP, avec les sponsors de la série », insiste Ciabatti. « L’impact financier de la crise sera grave, pour toutes les personnes impliquées. Mais avant d’entamer des négociations avec les sponsors ou les pilotes, nous devons avoir une image claire de l’avenir immédiat. »

Le temps de l’opulence est donc passé. A titre indicatif, depuis le début de la crise, le groupe Volkswagen, dont fait partie Ducati, a confirmé perdre quasiment 2 milliards d’euros par semaine



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