Le cas Marc Marquez alimente tous les débats. Celui du sport, celui du caractère, des valeurs humaines, mais il commence aussi à animer le monde médical. La bataille d’experts n’est plus très loin si l’on en juge par cette intervention, médiatique, du docteur Claudio Costa. L’homme a inventé la clinique mobile et les pilotes moto lui doivent donc beaucoup. Il donne son avis sur la façon dont le patient Marc Marquez a été traité. Et il ne cache qu’il aurait fait autrement…

Lorsque Marc Marquez s’est pointé à Jerez, quelques jours après son opération à l’humérus droit fracturé, pour participer au Grand Prix d’Andalousie, le docteur Claudio Costa était assez enthousiaste. Et il n’a pas jeté la pierre, loin de là, à ses confrères qui avaient alors donné leur quitus. On connait la suite. L’officiel Honda a roulé le samedi aussi loin que ses forces le lui ont permis avant de se rendre à l’évidence. Puis il est rentré chez lui et il a montré qu’il faisait tout pour revenir au Grand Prix de la République tchèque. Il en a fait sans doute trop puisqu’il a dû en repasser par la table d’opération. Cette fois, il est clair qu’il va devoir prendre son mal en patience.

Son championnat se présente mal et Honda peut regretter cette situation sur laquelle elle n’est guère intervenue. Côté médical, le docteur Costa se montre cette fois bien moins à l’unisson de ses confrères. Mais il faut dire, aussi, que, dès le départ, il avait préconisé la solution d’un clou plutôt qu’une plaque pour traiter la fracture. Ce qui aurait donné moins de mobilité au pilote et contrarié sans doute son désir brûlant de remonter sur sa moto…

Sur Moto.it, le fondateur de la clinique mobile déclare : « tout d’abord, je souhaite à Marc Márquez que tout se passe bien, qu’il puisse recommencer à courir, car quand il court, il fait rêver les fans, il donne de grandes émotions. Il est clair que la première intervention a été faite avec des plaques et des vis pour éviter de créer des dommages à l’épaule déjà blessée par de nombreux traumatismes antérieurs ».

« Deux opérations au même point peuvent retarder la réparation de cette fracture »

« Mais une fois que la plaque n’a pas fonctionné et qu’elle a été endommagée au premier stress, au premier « contrôle » sur le terrain, j’aurais recommandé de risquer de mettre un clou, pour faire un implant beaucoup plus fiable du point de vue de la traumatologie de la moto. Ils pensaient probablement qu’avec une plaque plus grande et plus de vis, l’implant pouvait tenir : je l’espère. La solution du clou est probablement conservée en urgence en cas de malchance ».

Sur sa volonté de revenir vite en s’entraînant fort, il précise : « dans la bibliothèque de traumatologie du sport, il n’y a aucune connaissance d’un humérus traité avec une plaque puis sollicité quelques jours après la chirurgie : si la plaque a été endommagée et déplacée, c’est clairement dû à une guérison précoce. Le clou ne lui permettrait pas de courir et de faire bonne impression, mais, au moins, il laisserait les choses telles qu’elles étaient. Au mieux, Marc n’aurait pas pu piloter, mais il n’aurait pas aggravé la situation. Si le pilote dit vouloir courir, ses proches doivent choisir tout ce qui est le mieux et utile pour le mettre en position de le faire ».

Maintenant, le résultat est là. Et Claudio Costa prévient qu’il va falloir payer l’audace avec les intérêts… « Il ne court pas à Brno, mais je pense qu’il aura également du mal avec les deux Grands Prix qui suivront. Voyons s’il parvient à faire un exploit miraculeux pour les deux courses en Autriche. Disons que les deux opérations au même point peuvent créer les conditions pour retarder la réparation de cette fracture ». A suivre…



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