Pendant que quatre usines font tourner leurs motos sur un tracé de Misano qui sera leur camp d’entrainement pendant trois jours, le marché des pilotes, lui, continue de s’activer. Ainsi, on sait que Petrucci est maintenant promis à KTM ce qui veut dire que Pol Espargaró ne devrait plus tarder à lever le voile sur sa liaison avec Honda. Il y retrouvera un Marc Marquez qui y a signé pour quatre ans, mais lorsque son frère Alex n’était alors pas contesté… Pendant ce temps-là, chez Ducati, on fait des révélations sur des négociations et on renseigne même sur le salaire de l’octuple champion du monde…

C’est une technique comme une autre : plutôt que de parler de soi, on détourne l’attention en causant sur les autres. Chez Ducati, on a beau dire que l’on ne comprend pas toute cette agitation autour d’un Andrea Dovizioso qui ne peut que renouveler son bail, on s’interroge tout de même sur ce qui s’y trame. Car DesmoDovi n’a effectivement encore rien paraphé tandis que l’ombre de Jorge Lorenzo planerait à nouveau au-dessus du box officiel de la firme de Borgo Panigale.

Le directeur sportif Paolo Ciabatti fait donc une mise à jour sur la situation dans ses rangs. Il écarte d’abord la sujet Lorenzo en jurant qu’il n’a entendu parler de rien. Puis il se concentre sur Andrea Dovizioso en rappelant ses options asymptotes de zéro : « il y a ceux qui peuvent avoir l’une des meilleures motos et les autres. Nous l’avons. Et il n’est pas vrai que Dovizioso pense à arrêter. »

Il ajoute : « si Marquez n’existait pas, Dovi aurait remporté trois titres mondiaux, mais évidemment ce n’est pas un discours … Il n’est pas vrai, cependant, que nous soyons conservateurs dans nos choix : nous pensons que Miller, qui a du talent à vendre, peut faire le saut en qualité. Et puis nous espérons que Bagnaia montrera ce qu’il vaut, et il y a toujours Zarco ».

Certes, mais on semble tout de même se diriger vers les prolongations dans les négociations avec un Dovizioso qui attendrait à présent de faire les premières courses de l’année avant de se prononcer. Ce qui semble étrange car c’est autant une bonne occasion de se faire une opinion que de prendre le risque de décevoir…

Pour sortir de l’impasse, Paolo Ciabatti revient sur la stratégie Ducati au sujet des pilotes pour mieux effacer le sentiment que la marque, ces derniers temps, ont vu les trainas passés…

Fabio Quartararo, Maverick Vinales, et Marc Marquez

Ducati a-t-il manqué d’ambition et de réactivité ces derniers temps sur le marché des pilotes ? Paolo Ciabatti jure que non. Sur Fabio Quartararo, il rappelle : « Quartararo était un objectif très difficile à atteindre car il voulait rester chez Yamaha. À 20 ans, c’était un choix logique. Son premier objectif était d’avoir une M1 officielle cette année, et il l’a obtenue. Jarvis, en retour, a demandé une signature sur une période de deux ans. Pour Fabio, après tout, rester sur la moto avec laquelle il a fait ses débuts incroyables et inattendus en MotoGP était une priorité. Il ne faut pas oublier que nous parlons d’un garçon de vingt ans, même s’il est mature. Dans trois ans, Quartararo, n’aura que 24 ans ! Il pourra alors demander ce qu’il veut et même changer de moto… En attendant, il pourra courir avec sérénité, ce qu’il n’aurait pas eu en changeant de plan ».

Et Viñales ? « Avec lui, les choses se sont passées différemment. Il avait la proposition directement du Japon qui lui a offert le rôle de premier pilote. Après tant d’années dans l’ombre de Rossi, cela a dû lui donner une forte motivation, sans aucun doute ».

Reste le cas Marc Marquez. Sur lequel Paolo Ciabatti s’attarde sur GPOne : « ce n’est pas vrai que nous ne l’avons pas contacté. La réalité est qu’il nous a immédiatement dit que sa priorité était de rester avec Honda. Et les Japonais l’ont blindé avec un chiffre qui s’il n’est pas de 20, est de 15 millions d’euros par an. Il n’y a pas grand-chose à faire économiquement contre eux ». Une conclusion qui montre que le temps des ponts d’or chez Ducati est terminé. En son temps, celui construit pour faire traverser Jorge Lorenzo était de 12 millions d’euros sur deux ans. Là, il est vrai que Honda a semble-t-il placé la barre très haut, avec 15 millions, mais sur quatre ans



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