C’est une sorte de consensus qui commence à se dégager au sein des six constructeurs engagés en MotoGP. Avec l’inflation du nombre des Grands Prix dans un espace-temps calendaire qui n’est pas ductile, les tests d’intersaison vont être réduits à la portion congrue. Or, c’est à cette période que les choix stratégiques en termes de moteur sont faits. Des décisions essentielles dans une réglementation qui fige ensuite toute intervention sur la mécanique. Il est donc logique que les marques pensent à un aménagement leur accordant un droit à l’erreur…

Suzuki s’en souvient encore avec sa difficile saison 2017. Ses choix techniques n’avaient pas été heureux et au vu de la réglementation, il avait été ensuite impossible à la firme d’Hamamatsu de revenir en arrière ou de corriger le tir. Un danger qui guette tous les constructeurs impliqués en MotoGP et qui grandira d’autant plus lorsque le calendrier des Grands Prix sera à 22 rendez-vous. Pour les honorer, les tests d’intersaison seront réduits. Du coup, la réflexion sur un moteur que l’on ne peut plus ensuite toucher durant toute la campagne pourrait prendre des airs de coup de poker.

Pour avoir une marge de manœuvre, l’idée d’autoriser une évolution de la mécanique en cours de saison fait son chemin. Le genre de permission qui existe, par exemple, pour les éléments aérodynamiques sur le carénage. Les constructeurs semblent favorables à l’opportunité. Dernièrement, le directeur technique chez Ducati, Davide Barana, a défendu la démarche, avançant même qu’elle permettrait de réduire les coûts.

Davide Barana explique ainsi : « nous sommes ouvert à une évolution moteur dans la saison. Cela apporterait des avantages. Si vous bloquez le développement dès la première course, vous risquez de dépenser beaucoup d’argent pour travailler sur différentes options. Ensuite, vous choisissez l’une d’entre elles et toutes les autres dont vous n’avez pas besoin sont perdues. »

« Si une mise à niveau du moteur était autorisée, vous pourriez mieux planifier le développement et économiser ainsi les coûts. Le développement fonctionne toujours dans un sens ou dans l’autre. »

Par ailleurs, le directeur technique se félicite de l’équilibre général actuel du règlement : « avec les moteurs, la puissance est importante mais pas tant que ça. Un nouveau constructeur peut atteindre le niveau dans un délai raisonnable. Les règles sont un bon compromis entre différents intérêts et points de vue ». On rappellera qu’avec une centrale électronique unique et un manufacturier qui l’est tout autant, le MotoGP s’est aménagé les garde-fous le préservant de toute course inconsidérée à l’armement.



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