Pecco Bagnaia s’est révélé véritablement lors des trois derniers Grands Prix desquels il est parti successivement de la pole position. D’Aragon à Austin, il a commandé la grille de départ. En Aragon, il a tenu tête à Marc Marquez et ensuite il n’a rien cédé à Fabio Quartararo. Deux adversaires de référence qu’il a cependant vu de derrière à Austin avant de les côtoyer sur le podium, depuis la troisième marche. La dynamique est bonne, le statut de vice-champion du monde lui semble promis, mais avant d’en arriver là, il en a bavé et a dû revoir son logiciel de pilotage…

« Quand j’ai commencé avec Ducati, mon feeling n’était pas très bon »… C’est ainsi que Pecco Bagnaia se souvient de son premier contact avec une Desmosedici. Le Champion du Monde de Moto2 version 2018 venait d’être embauché par le clan de Borgo Panigale et mis au sein de l’équipe Pramac pour y faire ses gammes. Durant l’intersaison, il s’était fait remarquer par des coups d’éclat. Mais l’Italien révèle aujourd’hui : « j’ai été rapide lors de mon premier test MotoGP, mais uniquement parce que je faisais des attaques de temps ».

Les faits ont ensuite démontré que rien ne serait simple pour l’académicien de la VR46 : « j’ai attaqué, mais mon style de pilotage ne convenait pas très bien à la Ducati. Quand nous avons travaillé avec des pneus usés lors de la première course, j’ai eu des problèmes et je ne me sentais pas bien. Jusqu’à cette année, je n’avais pas de bonnes sensations. L’année dernière, j’ai fait deux ou trois bonnes courses ».

Un passé tout de même très récent qui en dit long sur le moral qu’il a fallu avoir pour garder le cap et ne pas céder au découragement. Car Pecco a un style bien à lui qu’il a réussi à marier avec la GP21 cette saison, mais qui reste unique par rapport à ses autres collègues de marque… « En Moto2, j’ai toujours roulé à une vitesse très élevée dans les virages. De plus, vous ne pouvez pas freiner aussi fort en Moto2 parce que le pneu arrière glisse ».

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Rossi sur Bagnaia : “cela fait longtemps que je n’ai pas vu quelqu’un piloter la Ducati comme ça

Ainsi, l’Italien se caractérise par le fait qu’il roule à une vitesse de virage relativement élevée avec la Desmosedici. Il est aussi un freineur tardif. Mais… « Cette année, j’ai changé ma mentalité sur la moto. Je comprends très bien cette moto. J’ai également modifié la phase de freinage et je peux maintenant très bien décélérer. C’est très bien ». Et il ajoute : « de plus, j’ai davantage adapté les réglages à mon style de pilotage, car notre moto n’a pas une vitesse aussi élevée dans les virages. Nous avons fait du bon travail cette année. La moto s’adapte mieux à cet égard », a déclaré Bagnaia, expliquant les raisons de ses récents succès.

Le résultat se voit aussi apparemment sur la piste, si l’on en croit cette remarque de Valentino Rossi qui l’a vu de près : « ‘Pecco’ est en pleine forme et amusant à regarder », a déclaré le Doctor sur Motorsport-total, faisant l’éloge de son pilote VR46. « Cela fait longtemps que je n’ai pas vu quelqu’un piloter la Ducati comme ça ». Le pilote de 24 ans a encore une infime chance de jouer le titre face à Fabio Quartararo à trois courses de la fin des hostilités. Pour cela, il devra faire un sans faute lors du prochain rendez-vous à Misano. Il y avait gagné lors de la première visite… Face justement à Fabio Quartararo.

Francesco Bagnaia




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