En 2015, Danilo Petrucci avait terminé sa quatrième saison de MotoGP à une honorable dixième place avec 113 points et, surtout, une belle seconde place prise au Grand Prix de Grande Bretagne. Dans les petits papiers de Ducati, celui qui nous vient de l’enduro et du Superbike constituait une menace constante pour les officiels Dovizioso et Iannone en cas de problème. Mais le souci, c’est lui qui l’a eu en chutant lors de l’intersaison au cours d’un test en Australie. Au bilan, une main salement endommagée qui a bien failli être le coup d’arrêt de sa carrière.

Malgré les dégâts, il a tenté de faire l’entame de saison mais dès la Qatar, il a compris qu’il ne pourrait pas tenir son rang. Il lui a fallu du temps pour l’admettre et se remettre avant de revenir au Mans. C’est à ce moment que la saison de Petrucci a commencé et son team Pramac l’a, à ce point, compris qu’il a fait démarrer sa compétition interne avec Redding qu’à partir du Grand Prix de France. En jeu, une GP17 pour 2017, que l’Italien a fini par arracher au Britannique. Mais dans la douleur.

Car il a fallu aussi se mettre aux pneus Michelin. Lors d’une saison qui a recensé neuf vainqueurs différents, il n’est pas apparu sur un podium où il était pourtant espéré. Et qui aurait ancré sa légitimité à prétendre au guidon d’usine Ducati : « à Assen, j’ai mené sous la pluie puis ma moto a cassé au moment de l’interruption de la course. Une grosse déception. En Allemagne, j’ai roulé dans le même rythme que Rossi, j’ai été devant durant dix tours, puis je suis tombé car j’attaquais trop. En Malaisie, je n’avais pas assez confiance en mon pneu avant et en Australie, j’ai pu faire le troisième meilleur temps en course ». Voilà l’essentiel du bilan que Petrucci trace de sa saison sur GPOne.

Un parcours qui a eu une conséquence : « je crois que j’ai manqué l’occasion d’aller dans le team usine Ducati. Cette année, la saison des transferts a ouvert très tôt. J’en ai été exclu à cause de ma blessure. Je ne voulais pas prendre le risque d’endommager encore plus ma main. J’ai accepté la situation en refusant de précipiter les choses ». Puis il y a eu la technique : « à cause des pneus, j’ai perdu de ma confiance, et je suis tombé souvent. Je n’avais pas le niveau d’assurance nécessaire pour composer avec les Michelin. Et puis la compétition avec mon équipier pour la GP17 n’a pas été facile non plus et je devais éviter les erreurs ». Une joute interne qui a aussi connu ses moments de tension.

Et maintenant ? Petrux a sa GP17. Il va donc devoir montrer qu’il la mérite : « avec une meilleure moto que mon équipier, je devrai être plus rapide que lui. Mais mon objectif ne sera pas de finir devant Redding. Ce sera d’être aussi proche que possible de Dovizioso et de Lorenzo. Ducati a pris Jorge pour gagner le titre et sa carrière parle pour lui. Je ne sais ce qui se passera, mais je pense qu’ils seront effectivement capables de jouer le titre ». Et Petrucci de rejouer les trouble-fêtes.



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