La saison de MotoGP est terminée et, pour Fabio Quartararo, c’est comme un soulagement. Car la dernière partie de l’exercice a été une torture pour le Français qui a été infecté par un mal pernicieux. Non, il ne s’agit pas du coronavirus, mais plutôt de la gamberge. Déstabilisé, il a perdu le contact avec sa moto et il s’est égaré. Une descente aux enfers qu’il raconte dans les colonnes de l’Equipe

Fabio Quartararo était bien parti pour être un Champion du Monde lorsque la saison s’est élancée en juillet à Jerez. Pendant les deux courses sur ce tracé, il s’est montré comme l’homme fort, mais la suite a été moins joyeuse. Voire même très compliquée. Au bilan, il termine seulement huitième du championnat, regardant d’en bas son équipier Franco Morbidelli devenu vice-champion du monde. C’est le même italien qu’il avait éteint en 2019…

Mais il y a eu une cassure, un charme brisé avec une Yamaha toute nouvelle dont les charmes ne valaient décidément pas ceux de l’opus précédent. Cependant, le Français prend sa part dans ce qu’il faut bien appeler un échec : « ce qui est « chiant », c’est d’avoir été aussi perdu sur la moto. J’aurais préféré perdre le Championnat en pouvant me battre, plutôt que de me sentir comme lors des dernières courses où on était totalement perdus. Je connais mon potentiel, je sais ce que je vaux et je sais que je peux me battre devant sur toutes les courses » insiste le Français.

Il ajoute : mais je pense que tout ce qui s’est passé cette saison avec la moto m’a affecté. Franchement, lors des dernières semaines, je n’ai pas beaucoup dormi, je cherchais la solution, ce qu’on pouvait améliorer. Même si ce n’est pas à moi de trouver le problème, j’ai toujours eu des pensées sur ça. Je pense que j’ai été le pilote qui est resté le plus longtemps cette saison à travailler sur les datas ».

Une fixation qui a été contreproductive : « je l’ai ressenti vraiment ces derniers jours car j’ai super bien dormi une fois la saison terminée. Sur la piste, quand on roule, inconsciemment, on ne roule pas pareil que lorsque tout est parfait. Et c’est la première fois que cela m’arrivait. J’aurais pu faire de meilleures choses même si la moto n’était pas au top ».

On rappellera que Fabio Quartararo a décidé de prendre cet aspect psychologique de son métier en compte en annonçant vouloir s’entourer d’un spécialiste de la question. Une réflexion qu’il va faire maintenant sereinement car depuis qu’il s’est éloigné de tout ce tumulte, il reconnait avec satisfaction : « l’adrénaline de la saison est redescendue. J’étais stressé pratiquement depuis juillet. Donc ça va faire du bien de prendre quelques jours de relaxation ».

Fabio Quartararo et un titre acquis sans Marc Marquez

Dans son entretien avec le quotidien sportif, Fabio Quartararo se lance également dans l’exercice périlleux d’interpréter un titre mondial acquis en l’absence de Marc Marquez… « Je n’aurais pas aimé dire que j’ai gagné le championnat sans Márquez. Évidemment, si j’avais pu prendre le titre, je l’aurais pris. Mais ce qui serait magnifique, c’est de le lui prendre sur la piste. C’est tellement un exemple à suivre ».

Il développe : « pour moi, c’est très important qu’il revienne. Márquez m’a appris énormément de choses. Quand il est là, on sent que le championnat prend une autre dimension. Je veux le gagner quand il y aura Márquez, dans une saison normale ». Peut-être, mais en 2021, en plus de Marc Marquez, qui espérons-le, sera de retour, il faudra avant tout battre le tenant du titre Joan Mir, celui-là même qui l’avait éclipsé en 2017 en prenant la couronne mise en jeu en Moto3.

 

 



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