Avant de se lancer dans le Grand Prix d’Aragon qui marquera la treizième étape d’une saison MotoGP qu’il domine, Fabio Quartararo s’est arrêté sur motogp.com pour faire un point de situation. Il explique les fondamentaux de sa belle dynamique actuelle qui passe surtout par un mental différent de celui de l’an passé. Concentré sur son sujet et imperméable à l’agitation qui l’entoure, y compris au sein de son box Yamaha, le Français de 22 ans déroule impitoyablement une partition qui frise la perfection.

Et ce n’est pas qu’une impression. Les résultats parlent d’eux-mêmes : a ce stade de la saison, Fabio Quartararo en est à huit podiums et cinq victoires après douze confrontations. Il jouit d’une avance de 65 points sur son plus proche rival au classement général qui n’est autre que celui à qui il veut prendre la couronne, soit Joan Mir. Pour comprendre sa situation favorable, il faut se souvenir que ce capital lui donne deux victoires et pratiquement une seconde place d’avance, alors qu’il reste six courses à disputer cette année.

Par ailleurs, sa démonstration à Silverstone a fait mal à une concurrence qui constate aussi que sur des tracés a priori défavorables comme le Red Bull Ring, il reste dans le coup. Alors, même s’il ne veut pas en parler ouvertement, le Français sait qu’il jalonne son chemin vers la récompense suprême : « l’objectif est clair : devenir champion du monde ou au moins se battre pour cela », déclare “El Diablo” dans une interview à motogp.com. Qu’est-ce qui est différent cette année ? « J’ai reconnu toutes les erreurs que j’ai commises en 2020. J’ai eu quelques problèmes avec la moto, mais aussi avec moi-même », a-t-il admis en regardant en arrière.

Puis il précise, sans faire allusion à quiconque, mais qui fait tout de même penser à un équipier depuis parti : « je me suis vraiment mis en colère sur la moto quand quelque chose n’a pas fonctionné. Et quand vous êtes en colère, vous n’êtes pas concentré sur ce qu’il faut faire. J’ai donc appris à rester calme dans des situations difficiles. C’est pourquoi je suis beaucoup plus fort maintenant que je ne l’étais l’année dernière. »

Une approche sereine qui change tout au guidon : « pour moi, c’est la meilleure saison que j’ai jamais faite. Je l’apprécie, et si vous l’appréciez, tout est beaucoup plus facile », assure le tricolore. « J’ai l’impression de rouler pour le plaisir. Je mène le championnat, avec une assez bonne marge aussi, mais je pilote juste comme si c’était un test, j’essaie juste d’être le plus rapide ».

Quartararo précise aussi que sa relation avec la M1 d’usine s’est également optimisée : « j’ai fait d’énormes progrès en termes d’expérience et de style de pilotage. Yamaha a apporté des améliorations majeures à la moto. Je pense que la limite est beaucoup plus facile que par le passé. Tu peux être plus agressif avec ça parce que tu sais où est ta limite dès le premier tour ».

Fabio Quartararo

Fabio Quartararo : “ce n’est pas important de savoir qui est du côté gauche du box”

Le pilote d’usine Yamaha ne se soucie pas de la nouvelle responsabilité dans le travail de développement, au contraire. « C’est quelque chose que j’aime », a-t-il révélé. « L’une de mes forces est de ressentir tout ce qui change sur la moto. Je pense que Yamaha me fait un peu plus confiance pas à pas. Nous faisons de bons pas en avant ».

Même si le sentiment d’accomplissement fait défaut chez ses collègues de la marque, il ne ressent aucune pression supplémentaire de la part de son employeur. « On se met dans une zone de confort, on reste calme, je connais mon potentiel, et c’est parti. Nous avons toujours été là depuis Qatar-2, même en Autriche, où c’était difficile », a souligné le leader du championnat. « Aragon et COTA seront bien sûr difficiles pour nous, mais la moto est rapide partout, donc je ne suis pas vraiment inquiet » prédit Fabio Quartararo qui aura bientôt un nouvel équipier qui sera tout sauf une découverte, puisqu’il s’agira de son ancien voisin du temps de Petronas, Franco Morbidelli.

Mais cela ne le préoccupe guère. Il reste au-dessus de cette mêlée Yamaha, constatée ces derniers temps : « je ne veux pas regarder mes adversaires, je veux juste me regarder et où j’en suis à la fin du week-end. Je le fais course après course, et je pense que cela aide beaucoup. Franco Morbidelli ? Il trouvera un bel environnement. Pour moi, ce n’est pas important de savoir qui est du côté gauche du box, je ne regarde jamais du côté gauche et j’essaie de rester concentré sur mes affaires et mon équipe ». Jusque-là, c’est une réussite.

Fabio Quartararo

 



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