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Scott Redding ne lâche rien. Après s’en être pris frontalement à Alvaro Bautista sur la règle du poids en WSBK, puis à Alex Rins en insinuant que sa carrière tenait autant à son passeport qu’à ses résultats, l’Anglais pousse désormais son raisonnement encore plus loin. Cette fois, il vise un symbole intouchable : Marc Marquez lui-même. Et derrière Marquez, c’est tout le système MotoGP qu’il remet en cause.

Retour en arrière. 2013. Un rookie débarque et fait exploser toutes les certitudes. Marc Marquez arrive chez Honda, directement dans l’équipe usine, et décroche le titre dès sa première saison face à des monstres comme Valentino Rossi, Jorge Lorenzo ou Dani Pedrosa. Un exploit absolu.

Mais un détail dérange Redding : cette trajectoire n’aurait tout simplement pas été possible… un an plus tôt.

Avant 2013, un rookie ne pouvait pas accéder directement à une moto d’usine. Il devait passer par une équipe satellite. Cette règle disparaît précisément l’année où Marquez arrive.

Coïncidence ? Redding ne le croit pas.

Le Britannique ne prend plus de pincettes. Pour lui, le MotoGP favorise structurellement certaines nationalités. « Quand on regarde les motos d’usine… ils sont tous espagnols et italiens. »

Et surtout : « l’année où Marquez arrive, cette règle est abolie… on passe directement en Repsol HRC. Et c’est ça le problème. »

Le sous-entendu est lourd. Le système s’adapte… aux bons profils.

Redding

Tout est fait pour eux” : la charge de Redding

Ce n’est pas une attaque contre le talent de Marquez — que personne ne conteste — mais contre les conditions de son ascension.

Cette sortie sur Full Chat ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une ligne constante. En WSBK, il attaque Bautista sur un règlement jugé injuste. En MotoGP, il vise Rins sur sa légitimité. Aujourd’hui, il remet en cause un moment fondateur de l’ère moderne.

Toujours le même fil conducteur : le système fausse la compétition. Redding ne critique pas les pilotes. Il critique l’environnement qui, selon lui, les favorise.

Son argument va plus loin que le simple règlement. Il évoque aussi l’accès aux infrastructures, le coût de l’entraînement, la centralisation du talent en Espagne et en Italie.

« Il faut aller s’entraîner en Espagne ou en Italie… et ça coûte cher. » Autrement dit, le déséquilibre ne serait pas seulement sportif, mais aussi économique et culturel.

Et pourtant, il y a une limite. Car s’attaquer à Marc Marquez, c’est s’attaquer à un mythe. Un pilote qui, même avec un règlement différent, aurait probablement gagné.

C’est là que la critique de Redding devient délicate. Il soulève une vraie question. Mais il choisit le pire exemple pour la défendre.  Parce que même ses détracteurs reconnaissent une chose : Marquez n’a pas seulement profité du système. Il l’a dominé.

Redding ne cherche pas à faire l’unanimité. Il cherche à déranger. Et sur ce point, il réussit parfaitement. Car derrière ses provocations, une question reste en suspens : le MotoGP est-il vraiment une méritocratie pure ? Ou un système où le talent doit aussi naître… au bon endroit, au bon moment ?

Avec Marquez, la réponse reste floue. Mais le débat, lui, est relancé. Scott Redding est en guerre contre le système. En s’en prenant aux fondements de la carrière de Marquez et en dénonçant un « complot » hispano-italien, il s’assure une visibilité médiatique maximale, mais se ferme définitivement les portes des grands constructeurs qui, ironie du sort, sont presque tous dirigés par… des Italiens et des Espagnols.

Scott Redding

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