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Ducati

Depuis l’annonce du futur duo Marc Marquez–Pedro Acosta chez Ducati, une question revient avec insistance : la marque de Borgo Panigale est-elle en train de perdre son identité italienne ? Après les réactions d’Enea Bastianini, qui s’interrogeait sur la disparition progressive des pilotes italiens au sein de Ducati, puis celles d’Andrea Iannone, partagé entre sa déception et sa compréhension de la logique sportive de Gigi Dall’Igna, Franco Morbidelli apporte un regard sensiblement différent.

Loin de la nostalgie, le pilote VR46 refuse de voir dans cette évolution une rupture culturelle. Pour lui, Ducati ne fait finalement que suivre la hiérarchie actuelle du MotoGP. Morbidelli ne cherche ni à alimenter la polémique ni à défendre une lecture patriotique de la situation. « Ce sont des choix que Ducati fait principalement en fonction des performances des pilotes sélectionnés. »

Une phrase simple, presque froide, qui résume parfaitement la philosophie instaurée par Luigi Dall’Igna depuis plus d’une décennie.

Le constructeur italien ne recrute pas des nationalités. Il recrute les pilotes qu’il considère comme les plus rapides. Et aujourd’hui, Morbidelli estime que les faits parlent d’eux-mêmes. « Étant le meilleur constructeur, Ducati peut se permettre ce genre de choix. En ce moment, les pilotes espagnols — surtout les deux que Ducati a choisis, mais aussi plus généralement — sont très forts dans le Championnat du monde. »

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Une domination espagnole qui dépasse Ducati

Le raisonnement du vice-champion du monde MotoGP 2020 va même plus loin. Selon lui, il serait artificiel de réduire cette évolution aux seules décisions de Ducati. « En MotoGP, en Moto2 et en Moto3, il y a beaucoup de pilotes espagnols devant. Par conséquent, ce n’est pas étrange que les deux pilotes d’une entreprise italienne soient espagnols. Ce n’est pas une surprise. »

Autrement dit, Ducati ne crée pas une domination espagnole. Elle accompagne une réalité déjà visible dans l’ensemble du paddock. L’école espagnole produit aujourd’hui une concentration exceptionnelle de talents, depuis Marc Marquez jusqu’à Pedro Acosta, en passant par Fermin Aldeguer, Daniel Holgado ou encore les frères Marquez. Dans cette logique, privilégier la performance plutôt que le passeport relève presque de l’évidence.

Cette analyse contraste avec les réactions entendues ces derniers jours. Enea Bastianini s’interrogeait ouvertement sur ce que signifie une Ducati sans pilote italien, estimant que « s’il ne reste même pas un pilote italien, cela pose question ». Andrea Iannone, lui, reconnaissait parfaitement la logique de Gigi Dall’Igna tout en regrettant la fin d’un cycle construit autour de pilotes comme Andrea Dovizioso, lui-même ou Francesco Bagnaia.

Morbidelli adopte une posture différente. Il ne juge pas le symbole. Il regarde uniquement le niveau sportif. Et de ce point de vue, la décision de Ducati lui paraît parfaitement cohérente.

Le propos sur motorcyclesports de Morbidelli rappelle finalement une réalité souvent oubliée dans les débats passionnés qui entourent Ducati. L’identité d’une marque peut susciter de l’émotion. Mais dans un championnat du monde, les émotions ne remplacent jamais les chronos.

En assumant un futur entièrement tourné vers Marc Marquez et Pedro Acosta, Ducati prend certes le risque de voir une partie de ses tifosi regretter la disparition de ses figures italiennes. En revanche, si ces choix permettent de continuer à gagner, ils illustreront exactement ce que Morbidelli résume en une phrase : chez Ducati, la nationalité ne constitue pas un critère de sélection. La seule langue véritablement parlée à Borgo Panigale reste celle de la performance.

Ducati a choisi de devenir une « machine à gagner » mondiale. En écartant les pilotes italiens, ils ont libéré une place immense sur le marché de l’italianité pour Aprilia et ont acté que, dans le MotoGP de 2027, le seul drapeau qui compte est celui à damier.

Pedro Acosta et Marc Marquez se disputent la victoire lors du MotoGP de Hongrie 2026.

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