Johann Zarco a réalisé au Mugello d’assez bons essais, surtout le premier jour, et l’amélioration se fera au fur et à mesure que le pilote et la moto évolueront positivement, ce qui ne devrait pas tarder.

Si les essais ont été corrects, malgré une chute, la course fut plus difficile, comme nous l’explique ici son mécanicien Florian Ferracci, ancien pilote de haut niveau lui-même.

Florian, après avoir terminé à 1.4 lors de la première séance d’essais, Johann a chuté en FP2 sans gravité, mais s’est quand même classé bon douzième à 0.6 du premier (Bagnaia). Il était alors bien dans le coup, devant Pirro, Nakagami, Rossi et Lorenzo. Ce vendredi a-t-il été positif ?

« Oui, mis à part la chute, ce vendredi a été très positif ; ce qui a été très bien, c’est qu’après que Johann ait chuté avec une moto, il est reparti avec la deuxième et a tout de suite été très vite dans le coup. Il a fait de très bons temps tout de suite, ce dont nous avons été super contents ».

« On a essentiellement été heureux de ce vendredi, car malgré la chute il n’était qu’à six dixièmes du meilleur temps de la première journée, ce qui était très bien. Mais en MotoGP les chronos sont très serrés et par la suite nos concurrents ont progressivement rattrapé leur retard ».

Johann disposait d’un moteur amélioré, mais pas encore du bras oscillant en carbone (contrairement à Pol Espargaró). Il se classait samedi après-midi 9e de la Q1, juste derrière Jorge Lorenzo et Valentino Rossi, deux pilotes aux palmarès exceptionnels. Il chutait malheureusement dans le troisième secteur et devait partir de la 19e place sur la grille. Comment se présentait la course ?

« On savait que Johann était toujours très motivé malgré les résultats, et on partait confiant dans l’idée de marquer des points. »

Johann créa la surprise en étant le seul pilote à choisir un tendre à l’arrière pour la course. Quelle en a été la raison ?

« De toute façon, c’était un pari parce qu’on n’avait pas fait beaucoup de tours avec le pneu tendre. Lui avait forcément plus de grip avec ce pneu tendre. Mais nous ignorions au bout de combien de tours l’adhérence du pneu allait diminuer. On espérait le plus tard possible ».

« L’idée était de gagner un maximum de places en début de course, puis de gérer par la suite. Le problème est que, quand le grip du pneu a diminué, c’était terminé, il n’a pas pu rester avec le groupe dans lequel il était. Et malheureusement il s’est fait doubler. Ce n’était pas le bon choix. Ça a été un pari qu’il a tenté, mais qui n’a pas fonctionné ».

Zarco a expliqué « J’essaie de m’adapter le plus possible à la moto pour utiliser différentes trajectoires et différents repère pour freiner et ouvrir les gaz – car c’est ce que je dois faire ». Puis, indépendamment, il a ajouté  « Nous savons que nous souffrons et je dois attendre d’avoir de nouvelles choses sur la moto. Je sais que j’ai besoin de changer de style, mais même en essayant de le faire, j’ai les mêmes limites qu’avant. Nous ne pouvons que nous améliorer à partir d’ici ». Donc Johann ne baisse manifestement pas les bras, et garde-t-il sa motivation, de même que toi et l’équipe ?

« L’équipe est de toute façon super motivée, de même que Johann. Nous ne sommes pas là pour terminer à ce genre de place, et on compte sur les nouveautés qui arriveront, comme le bras oscillant carbone qui sera forcément un atout. Ça va nous aider ».

« On reste confiant. On sait que notre moto a des qualités, on voit ce que Pol réussit à faire avec. Pol roule depuis trois ans avec, donc il la connait bien, il s’est vraiment adapté au caractère de notre moto. Il nous faut maintenant parvenir à faire la même chose avec Johann. En fait on fait vraiment tout pour l’aider, et lui fait beaucoup d’efforts pour changer son pilotage. Mais les résultats ne vont pas arriver comme ça du jour au lendemain ».

Pol Espargaró a roulé plus vite au total que lors de la course de 2018. C’est une progression prometteuse ?

« Oui car ça va dans le bon sens à tous les niveaux. Mais le problème est qu’il n’y a pas que nous qui progressons. Tous les teams travaillent beaucoup, le niveau est très relevé. On le voit lors des essais par exemple, avec Johann à 0.6 qui était douzième. Le niveau de compétition est très élevé et à tout moment il faut se battre ».

Comment se présente le GP de Catalogne dans deux semaines ?

« Pol Espargaró sera bien sur hyper motivé pour le Grand Prix de Catalogne. Johann de même, et en plus on aura des nouveautés sur la moto. Un gros avantage de la Catalogne va être la séance d’essais de deux jours que nous allons y faire par la suite après le Grand Prix. J’espère que ça nous permettra de progresser encore et de nous rapprocher des meilleurs ».

Un autre test positif de deux jours a lieu cette semaine à Brno avec Dani Pedrosa. Son état de forme s’améliore et l’équipe KTM peut commencer à compter sur lui. Sylvain Guintoli (Suzuki) y est également présent.

Ci-dessus à gauche : Florian Ferracci

Vidéo : Chute sans gravité de Johann en FP2 :

Vidéo : Départ de la course :

Vidéo : Actions en course :

Vidéo : Le dernier tour en caméras embarquées

Photos © Sebas Romero pour KTM et Michelin



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